RER
s'accumulent dans l’anse intestinale herniée, de manière à y intercepter le passage et à y déterminer des accidents ». On l’a rencontré presque exclusivement dans les hernies du gros intestin, cœcum ou $ iliaque. (BER- GER).
7° Etranglement. — Il est beaucoup moins fréquent dans Îles hernies volumineuses que dans les hernies de petites dimensions ; c'est là un fait d'observation courante.Dans les grosses hernies, sous l'influence probable de la pénétration d’un plus grand nombre d’anses dans le sac ou l'accumulation de matières dans l'intestin, une légère striction se produit au niveau du collet. Les anses intestinales deviennent turgescentes et des accidents d'étranglement atténués se manifestent. On a ce que MALGAIGNE et BRoCA appellent des étranglements inflammatoires. Sous l'influence d’une débâcle partielle, de l'issue de quelques gaz, du déplacement de certaines anses, la constriction s’atténue et le cours des matières se rétablit. Mais, à la suite de ces accidents, il reste un peu d’'œdème chronique des tuniques intestinales du mésentère et de l’épiploon ; des adhérences se forment et rendent plus facile une nouvelle crise d’étranglement, jusqu'au jour où surviendra un étranglement définitif.
L’étranglement herniaire a pu déterminer, dans quelques cas, une hémiplégie complète des membres et de la face, comme le montrent les deux curieuses observations communiquées par NICAISE à la Société de Chirurgie (1). Dans l’une, l’hémiplégie survient quelques heures après l’étranglement sans ictus chez une femme
(4) Nicaise.— De l'hémiplégie dans la hernie étrunglée : Société de Chirurgie, 1876, p. 717.
OS
de 57 uns ; la kélotanie fut faite avec succès, mais l’hémiplégie persista. Dans l’autre, c'est treize jours après l'opération que se produisit l’hémiplégie : le malade mourut au bout de trois jours. Dans les deux cas, il s'agissait d’une hernie crurale droite, et dans les deux cas, l’'hémiplégie siégeait à gauche.
8° Occiusion intestinale. — C'est le gros intestin qui est mis en jeu ; on a un véritable étranglement interne indépendant de l’anneau herniaire et du collet du sac. Cet accident est dû à :
A) Une coudure du gros intestin hernié sur sa portion abdominale.
B) Des brides saïllantes dans le sac herniaire.
c) Des adhérences des anses intestinales entre elles.
D) Des adhérences de l'intestin à l’épiploon et aux parois du sac.
E) Un volvulus. VIANNAY, au cours d'une opération pour une hernie inguinale volumineuse s’accompagnant de tous les signes d’étranglement, a pu constater un volvulus herniaire ; les anses voisines du collet étaient absolument saines et aucune adhérence n'existait dans le sac.
Cette simple énumération des accidents, qui peuvent survenir chez les sujets porteurs de hernies volumineuses, nous montre que les « inconvénients du mal ne sont pas strictement proportionnels aux dangers de lintervention » et que celle-ci, tentée chez un sujet bien portant, sans tare, est préférable à l’expectation, qui est toujours une menace de complications.