SCÈNE yih HÉRO, AMYLLA
Bhbien?
SCÈNK VIÎ.
AMYLLA.
Votre serment ne sera pas trahu
HÉRO
Quoi! Léandre sitôt se résigne iiroubli?
II part sans s'indigner d'une absence éternelle. Il n'a pas accusé la voix d'être infidèle?
AHTtLA.
rai dit ce qu'il fallait pour lui fermer Tespoir.
nÉRo.
Il s'est décidé vite à ne plus me revoir!
Eh! quoi, dans cet adieu ni plaintes, ni tristesse,
Ni reproches brûlants, ni touchante faiblesse?
AMYLLA.
Déjà blanchissait l'aube, et son premier rayon D'un pâle crépuscule éclairait l'horizon j Il est parti.
HÉRO
Parti, sans verser une larme!
Mais peut-être pour lui l'arrêt eut quelque charme
Il a pu sans effort se résoudre à partir,
£t j'étais de son cœur déjà près de sortir I *
AVTLLA.
Regrettez-vous sitôt d'avoir sauvé sa vie?
Eussiez-vous mieux aimé n'être point obéie, Et le voir près de vous, à la mort dévoué, .
Renouer un hymen par le Styx dénoué ?
* HÉRO
Qui me dit seulement qu'à son lointain rivage >
L'Océan le rendra dans ce dernier voyage?
Ne devant plus le voir, saurai-je seulement
3t HÉRO ET LÉANDHE.
Si, coiDine tu le dis, j'ai aauvé mon amântt
* Jeerains tout, Amylla : depuis que jo suis née,
' * C'est le malheur qui, seul, trara ma destinée.
* Ma naissance à ma mère, Iiélas^ coûla le jour; •
* Je me vis exilée en ce triste séjour.
* Après l'enfance morne et la jeunesse sombre,
* L'amonr vient un moment rayonner dans mon ombre : Le sort brise aussitôt ce bonheur clandestin,
• * Étoile souriante cfTacée au matin* !
Saurai-je si ces dieux qui menaçaient sa tête, Si ces dieux qu'il n'a point priés dans la tempête, Ne lui réservaient pas encor quelque danger?
— Pourtant le ciel est pur ; à pçine un vent léger Ride le flot calmé.
AMYtLA.
Ce calme est votre ouvrage; Pour lai vous n'avez plus à craindre aucun orage,
Vous avez de sa tête écarté les malheurs.
HÉRO
Tu croisT Oui, je dois seule épuiser les douleurs !
^la lanizuissante vie, en sa source blessée, Ira se consumant; mais, ô douce pensée 1 Plus de périls pour lui, plus de flots ténébreux; J*ai racheté ses jours 1 Léaadre, sois heureux I - Moi, je vais lentement mourir au sanctuaire.
Peuplé do ta présence, aujourd'hui solitaire ; Mais tout m'y parlera de notre cher amour, * De ce bonheur cruel qui n'a duré qu'un jouri
I . Les vers marqués d*tin astérisque ne se dtsmt pas à la représentation.