‹ Hero et Leandre drame antique en un acte en versChapitre 15 sur 19 · SCÈNE yih HÉRO, AMYLLA · texte numérisé non relu

SCÈNE yih HÉRO, AMYLLA

Bhbien?

SCÈNK VIÎ.

AMYLLA.

Votre serment ne sera pas trahu

HÉRO

Quoi! Léandre sitôt se résigne iiroubli?

II part sans s'indigner d'une absence éternelle. Il n'a pas accusé la voix d'être infidèle?

AHTtLA.

rai dit ce qu'il fallait pour lui fermer Tespoir.

nÉRo.

Il s'est décidé vite à ne plus me revoir!

Eh! quoi, dans cet adieu ni plaintes, ni tristesse,

Ni reproches brûlants, ni touchante faiblesse?

AMYLLA.

Déjà blanchissait l'aube, et son premier rayon D'un pâle crépuscule éclairait l'horizon j Il est parti.

HÉRO

Parti, sans verser une larme!

Mais peut-être pour lui l'arrêt eut quelque charme

Il a pu sans effort se résoudre à partir,

£t j'étais de son cœur déjà près de sortir I *

AVTLLA.

Regrettez-vous sitôt d'avoir sauvé sa vie?

Eussiez-vous mieux aimé n'être point obéie, Et le voir près de vous, à la mort dévoué, .

Renouer un hymen par le Styx dénoué ?

* HÉRO

Qui me dit seulement qu'à son lointain rivage >

L'Océan le rendra dans ce dernier voyage?

Ne devant plus le voir, saurai-je seulement

3t HÉRO ET LÉANDHE.

Si, coiDine tu le dis, j'ai aauvé mon amântt

* Jeerains tout, Amylla : depuis que jo suis née,

' * C'est le malheur qui, seul, trara ma destinée.

* Ma naissance à ma mère, Iiélas^ coûla le jour; •

* Je me vis exilée en ce triste séjour.

* Après l'enfance morne et la jeunesse sombre,

* L'amonr vient un moment rayonner dans mon ombre : Le sort brise aussitôt ce bonheur clandestin,

• * Étoile souriante cfTacée au matin* !

Saurai-je si ces dieux qui menaçaient sa tête, Si ces dieux qu'il n'a point priés dans la tempête, Ne lui réservaient pas encor quelque danger?

— Pourtant le ciel est pur ; à pçine un vent léger Ride le flot calmé.

AMYtLA.

Ce calme est votre ouvrage; Pour lai vous n'avez plus à craindre aucun orage,

Vous avez de sa tête écarté les malheurs.

HÉRO

Tu croisT Oui, je dois seule épuiser les douleurs !

^la lanizuissante vie, en sa source blessée, Ira se consumant; mais, ô douce pensée 1 Plus de périls pour lui, plus de flots ténébreux; J*ai racheté ses jours 1 Léaadre, sois heureux I - Moi, je vais lentement mourir au sanctuaire.

Peuplé do ta présence, aujourd'hui solitaire ; Mais tout m'y parlera de notre cher amour, * De ce bonheur cruel qui n'a duré qu'un jouri

I . Les vers marqués d*tin astérisque ne se dtsmt pas à la représentation.

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