SCÈNE VU
0 fleuiiB de inoti bonheur, 6 flears d^à fanées I Alais les jours passeront, Léandre, et les années ;
Je t'aimerai toujours autant que je t'aimais: L'amour est un désir qu'on n'assouvit jamais 1
S0 toornuii tm I» mer.
Neptune, emporte-le doucement vers la rive I
Sa mère l'y rappelle, inquiète, plaintive;
Rends-lui ce fils, Torgueil, l'appui de ses vieux ans,
Et qu'il baise au réveil son front, ses cheveux blancs !
Qu'il lui parle de moi 1 — Mais n'est-ce pas un rêve ?
Ce m(^ite ferdeau qae la vague soulève ,
C'est lui !... son œil sur nous semble encore arrêté ;
II nage lentement loin du bord regretté ;
Il me fait signe î... Hélas I c'est un adieu suprême !
Adieu , mon beau Léandre , adieu tout ce que j'aime,
La moitié de mon âme 1
AHYLLA.
Étrange vision Dont an tendre désir forge l'illusion !
Léandre est déjii loin; vers Âbydos il nage, Bt Ce qu'on voit là-bas flotte vers notre plage
* Se rapproche de nous au lieu do s'écarter.
* Quelque objet que la vague ici va rejeter ;
* Masse inerte , jouet de Tonde qui remjtqrte ;
* Un tronc d'arbre peut-être, ou quelque branche morte.
HÉRO
Cest donc que sur mes yeux Tamour a foit passer
Son apparition qui ne peut s'effacer.
Non... c'est lui que je vois... un dieu nous le ramène.
34 UÈRO ËT LËANDRË.
AIITLIA.
Je croift voir en eflhi comme une Idrme humaine.
HÉRO
C'est .bien lui , n'est-ce pas ?
AMYLLA, àpftrt.
0 del I inanimé !
Bkvt.
Léandre? non.
H 1:1 A O , rogardaat avoc Amylla.
Reviens, ô mon Léandre aimé !
Les dieux pardonneront I — Aipylla, ta main tremble I. Ce n*est pas lui 1 — Ce corps est îmmobUe, et semble. . . Semble mort I — Ce ne peut être lui , n*e6t-ce pas?