SCÈNE I
Quedil-elie?... Âs-tu vu quelque mauvais présage?... Tout est calme... dans l'air nul souffle... Tu te tais!
AMILLA.
Souvent co calme...
Héno.
Éh bien?
AMYLLA.
Est mcntour. J'écoutais, La mer semblait frémir; et du sein des ténèbres L*alcyon s'envolait avec des cris funèbres î
HÉ no.
Tu ne me trompais pas, fatal presseniiment!
Ne viens pas à Sestos, ne viens pas, cher amant!
On ielair déchira l*bori«Ni.
L^éclair brille I... La mer s'entr^ouvre furieuse.
AMYLLA.
Avais-je tort de craindre?
BÉBO.*
Ail! tais-toi, malhourcuse!
Qui no crains que Venus, et m'as lait oublier Neptune, dieu des mers, que j'aurais dû prier!
AMTLIA.
Léandre aura tardé... Le calme va renaître.
HÉRO
Léandre est sur les flots, il y périt peutrétre! Malgré les éléments conjurés à la fois, n a dit qu'il viendrait, il viendra. ^ Je le vois, C'est lui I
|6 HÉRO ET LÉANDHË
AUTI.LA, iniorrogeant les flots.
Léandre?... Non ! c'est une voile blanche :
Quelque pauvre vaisseau battu des vents, qui penche.
HÉRO
Je te dis que c est lui : c'est le vaisseau vivant!
|1 lutte, il se débat sur le gouffre mouvant.
Malheureux I que n*as-tn différé le voyage I
Ta mère n*a donc pas pleuré sur le rivage?...
Souverain absolu de rhumido élément,
Grand dieu, pardonne ! étends sur nous un bras clément.
De l'avide marchand la prière to touche ;
Écoute aussi Tamourl C'est lui qui par ma bouche
Te 8i\pplie aujourd'hui. Sois miséricordieux!...
Le bonheur quelquefois fait oublier les dieux!
Je t'ai prié trop tard.
AMYLLA.
Âh ! la vague l'entraîne i, Et ses bras fatigués le soutiennent à peine!
HÉBO.
Neptune, oh! souviens^toi qu'au sein de son bonheur n adorait toujours Neptune bienfaiteur!
Souviens-toi que de fois, en des nuils plus propices, 11 rendit grâce aux flots de son amour complicesl Hier encor, prosternés au bord retentissant, ' Nous t'avons salué d'un cœur reconnaissant! J'irai sur tes autels offrir une hécatombë... J'oiïre ma vie...
AMYLLA*
Ociel!
SCÈNli 1. 17
HÉRO
Mon Léandre?...
AMYLLA.
Il succombe !
HKRO.^
Le flot le couvre! — Dioux inflexibles et sourds I Hélas! étiez-vous donc jaloux de nos amours?... , Eh bieni pour le sauver j'offre plus que ma vie, Neptune I Cet amour que le destin jn^envie , Je rimmolel Qu'il vive, et, j'en fais le serment, Ce cœur est à jamais fermé pour mon amant!
J'en jure par Je Styx , par l'infernal abîme!
AMYLLA.
O prodige! la mer a rendu sa victime, Léandre reparaît I
HEMO.
Va, ne me trompe pas; II est trop tardi Neptune a juré son trépas.
AMYLLA.
Non! porté par sa main invisible, divine, Il nage... en vain la mer bat contre sa poitrine!
néRO.
Il vitl...
AMYLLA.
Oui , c'est le Dieu qui l'arrache à la mort.
HÉBO.
Mon Léandre I
AMYLLA.
Ses yeux sont fixés $ur ce bord ;
48 U£H0 ëT LÉANDRÊ.
Le bat qui se rapproche anime son courage...
Il est sauTéf... Vivant il aborde au rivage t
H ÉRO.
0 NepUme^ merci! Mon Léandre sauvé 1
C'est votre vœu... c'est vous qui l'avez préservé !
UÉRO.
Cours an-devant de lui, car je n'ai plus d'haleine.
Pour ses membres lassés j*ai préparé la laine» L'huileetles doux parfums. — Sauvé! — Bonne Âmylla,
Je t'aime!... Va donc vite... il serait déjà là!
AMYLLA.
Mais» vous, n'oubliez pas le serment^la prière I Entre vous désormais s'élève une barrière :
C'est un vœu solennel, recueilli par un dieuî Il ne faut le revoir que pour lui dire adieu.
H ÉRO.
Va, je m'en souviendrai 1 ne crains pas le blasphème! Mon parjure pourrait retomber sur loi-môme I Si mon cœur faiblissait, tu serais là. — Va, cours, Et reviens contre lui me prêter ton secours !
AmrlU sort*
S«ÈNE II.
H ÉRO, seule.
Pourquoi voudrais-je encor te disputer, Neptune, Cet amour traversé, bonheur plein d'infortune? Mes terreurs chaque jour en troublaient les transisorts i Sa courte ivresse à pelne égalait mes remords.