‹ Hero et Leandre drame antique en un acte en versChapitre 5 sur 19 · II É R O · texte numérisé non relu

II É R O

Il pariait sans m'entendre, oh ! quel ravissement 1 ' n parlait, Amylla, l'air modeste, charmant!

B( tandis qu'en mon sang sa voix jetait la fièvre, * Il naissait drâ parfums et des fleurs sur sa lèvre!

a Sœur des Grâces, prêtresse ou fille de Cypris, a Va, ne crains pas ta mère : elle aimait Adonis. « Prends pitié de l'amour; écoute sa prière.

« Si tu chéris Vénus, connais-la tout entière I • , a C'est elle qui m'inspire. Hélas! n'entends^tu pas « Son enf; cAimortel qui te parle tout bas?

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« Suls-moi, si ta ne veux ma mort, vierge divioel » Il dit, et jû serrais en vain sur ma poitrine Mes voiles frémissants. L'amour, l'amour vainqueur, L'amour avait déjà traversé jusqu'au cœur!

Alors, j'oubliai tout. D'une voix attendrie J'osai lui demander son nom et sa patrie.

« Je m'appelle Léandre, et je suis d' Abydos , » Me dit-il. — ' Hélas! moi, je demeure à Sestos ! Tu n*y pourrais rester inconnu de mon père; De[)uis mes jeunes ans une tour solitaire Ferme sur moi ses murs; je n'entends nuit et jour Que les flots par le vent brisés contre la tour : Au pied de ma prison s'élève leur barrière I Mon cœur voudrait s'ouvrir à ta doùcô prière ; Mais que«erl de m'aimer et que tu me sois cher? La mer est entre nou&I — a Je franchirai la mer 1 » . Noble cri de Tamouc ta rapproichas deux âmes 1 Nos cœurs étaient ve^m; quand nous nous séparâmes.

•Va memeni de rilcnee* EDe reg&rda U mn cl tembto Inquiète*

Léandre ne vient pas!., et cependant la nuit S'étend sur le détroit, et notre flambeau luit. Obi que cette heure est longue à inon impatience!

AMYLLA.

L'heure semble tarder au cœur qui la devance.

Béno.

Non. Tti voudrais en vain me cacher le retard ; Cent fois j'ai calculé le trajet, le départ!

Crois-tu ma crainte vaine, Amylla? Tiens! regarde Cette étendue immense où seul il se hasarde 1 Pensive sur te bord, que de fois i*ai tremH^

Devant la mer fatale où s'engloutit Hellél

Ella ngarde rHellespont*

Mer trompeuse 1... Pourquoi des, voûtes étoilées Réfléchir les feux purs? — Tes profondeurs troublées Recèlent la tempête, et ton immensité

Jette une aniroisse au cœur vagutMiient agité. * Amvlla, tu crovais mon sort dii^ne d cnvio, Héias! el je ressemble aux flots menteurs'; ma vie Semble au dehors sereine, et mon front radieux Reflète quelquefois l*amour, présent des dieux; Mais vous chassez bientôt ses riantes images, Sombres pressenlimunts, coDQdents. des orages l

AVTLLA.

Vénus prenne en pitié d*imprudentes amours I

HEBO, au picil do la sUtuc.

Oui... c'est à toi, Vénus, que je remets ses jours!

Si, près de tes autels, j'ai vécu solitaire,

Si j*ai grandi pour toi, loin des bruits de la terre,

Loin des jeux de mon âge et des ris innocens, T'offrent une âme vierge avec un pur encens, Jusqu'au jour où j'ai cru, sur la foi de Léandre, Que ton plus digne encens c'est l'amour d'un cœur tendre, 'Protège ce vaillant I — Il dit, gloire du ciell Que ce qu*i] aime en moi c'est ton reflet mortel. Souris au vent, au flot qui l'amène et remporta. 0 Vénus! tu sortis de la mer qui le porteî... Mais, Âmylla, dis-moi, tu regardes les flots... Âperçoifr-tu de loin le nageur d'Âbydos?

Ahl qu'un obstacle heureux le retienne au rivage I

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