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Non... je ne tremblais pas durant ces nuits sereines Qu'effleuraient les zéphirs de leurs molles haleines. Mais ce soir j'ai frémi f cieux et mers s^entr'ouvraient ;
Haletant, épuisé, les vagues te coin raient ; Leur (-ruine a souillé tes cheveux, et la trace En est humide encor : donne que je l'efface 1 *
Bile r«Dl1)MIM.
LÉAN DRE.
Orages, éclatez maintenant! Levez-vous, Aquilons menaçants I Neptune, cieux jaloux, Déchaînez vos fureurs 1
H R AD, isiMttitt«iii «a nom d« Koptoaa, à ptH.
Neptune! Ah 1 vœu funeste I
LÉANDRE
Parlons de notre amour, oublions tout le reste!.
HÉRO
Garde-tx)i de braver le maître du trident!
Ta vie était aux mains de Neptune, imprudent I
N'avaiç-tu point prié le Dieu pendant l'orage?
SGËNK liL . Si
LRANDRB.
Je n'ai songé qu'à toi. Plein de ta chère image,
J'oubliais le péril, lïéro, l'œil attaché
Sur ce bord, doux abri de notre amour caQbé l .Et je n^entendais pas le bruit de la tempête.
Ni le ciel entr'ouvert qui grondait sur ma tète.
Oui, j adjurais ces flots qui combattaient l'amour;
Je leur (li>ais : « Ne me no\oz qu'ù mon rolour! »
Et je luKais contre eux, non du bras, mais do ràmo ;
La flamme contre Teau 1 Plus forte était la flamme I '
Notre flambeau chéri rayonnait dans les airs ; "Je voyais ton sourire au milieu des édairsi...
Mais qu'as-tu donc? Pourquoi repousser mes étreintes?
Ne suis-je pas vivant pour dissiper les craintes ?
Nous sommes seuls; pourquoi ce regard soucieux ?
HÉRO
Gomm^Uui dire? hélas!. ..
LEANDRE
Montre un front plus joyeux.
HBBO.
Ah f ne faudra-t-il pas, à la première aurore,
Sur les mémos cliemins t'iivenlurer oncore?
L'hiver brumeux s'approche et jusques au printemps
Soufflent sur le détroit les terribles autans!
LÉANDRB.
Qu'importe! Le boiihoui, ce fruit du ciel a\are. Croît au sein des périls, sur le IjnW du Tartare! Qui le cueillit ailleurs ne Ta jamais connu. .
HéRO.
De la bonté des'dtoux, oh I que n'ai-je obtenu,
%% UËRO ET LÉANDRË.
Pour moi du moins, Léandro, un bonheur plus tranquille ! Suis-je heureuse, en songeant que celle mer fragile Peut t'engloutir vivant, quand sur ses flots ouverts Ton amour jette un pont entre deux univers?
LÉANDRE
Va, si la mort me doit ravir a ta tendresse, Avant l'âge efieuillant la fleur de ma jeunesse, Sans le secours des flots, des orages, Jes dieux Sauront du coup morte] me frapper en tous lieux! Aussi, malgré les vents, ce soir, ma mère même N'a pu me retenir ; et tu sais si je l*aime ! Je suis de ses vieux ans )a juie et le soutien ; J'ai ri de son eflroi comme je ris du tien 1 Si les destins jaloux ordonnent que je meure. Rien ne peut avancer ni retarder mon heure.
GroisHnoi, de Ta venir écartons le souci :
Puisque la mer voulut m'épargnor jusqu'ici.* Clotho n'a pas encor filé toute ma tnime.
Majs tu semblés cacher quelque chose en ton àme ! Tu ne m*écoute8 pasi ohl réponds, réponds-moi, Ne dois-je plus, Héro, m*assurer sur ta foi?*.. L'heure de mon bonheur est-elle donc passée ?
IIKRO.
Ahl que ne peux-tu lire au fond de ma pensée I
Non, non, ne cherche pas de prétextes forcés! J'ai deviné mon sort, et je t'entends assez 1 Crédule amant, voilà l'éternelle tendresse Qu'hier à cet autel te jurait la prétresse.
Rêve d'un jour!..