‹ HérodoteChapitre 3 sur 35 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

N.-B. — Lcf, chiffres romains placés entre crochets renvoient aux paragraphes du commentaire.

A. — Livre IV, Chapitres CLXVIII-CXCIX

CLXVIII. — Voici quelle est la situation des pays habités par les Libyens. Les premiers Libyens, à partir de l'Egypte, sont les Adyrmaohides [xxxn], qui ont en général les mêmes mœurs que les Égyptiens [li], mais qui s'habillent comme les autres Libyens [lv]. Leurs femmes portent un anneau de cuivre à chaque jambe [lv]. Elles ont grand soin de leur chevelure ; lorsqu'elles y prennent des poux, elles leur donnent un eoup de dent et les jettent à terre [iiv]. C'est là un usage particulier à ces Libyens. Ils sont également les seuls qui présentent au roi [lxx] les jeunes filles sur le point de se marier. S'il en est une qui iplaiise au roi, il la déflore [lxvii]. Ces AdyrjGoachides s'étendent depuis l'Egypte jusqu'au port qui a nom Plynos.

GLXIX. — A leur suite viennent les Giligames [xxxni], qui habitent vers le, couchant jusqu'à l'île d'Aphrodisias [xiv]. Dans l'intervalle est située l'île de Platea, que les Gyrénéens colonisèrent [xiv] ; sur le continent se trouvent le port de Ménélas et Aziris, où les Gyrénéens s'établirent. G'est à partir de là que commence la région du silphium : cette plante eroît depuis l'île de Platea jusqu'à l'ouverture de la Syrte [xviiil. Ges Libyens ont à peu près les mêmes moeurs que les précédents.

CLXX. — riXtyafjiécov ôè éyovxcLi tô Trpôç kasiépriç 'AffêuCTTai* ouTOt ùirèp KuprjvTjç oUeoutn. 'Etù OàXacaav ôè OÙ KaTrjKOucTi 'AdêûaTar tô yàp Tcapà ^ak<XGaot.\ Kuprjvaïot véfxovTai. TeôpiinToêâTat âè oûx fjXKTTa àXXà (xàXt(TTa Atêùcov état, v5(j,ous «^è toùç uXeûvaç (xipL££cr8ai éiriTTjôeuoucjt toùç KupYjvaicov.

CLXXI. — 'Aaêuaxécov (5è e/ovxat tô Tcpôç èaTcépirjç Aû(T)(t(7at,' ouTOi ÙTuèp BàpxTjç otxéouai, xaTTjxovTeç ètti GàXacTCTav xaT' EOsaTrepîôaç. .\0(7)(i(7£(t)v âè xaTà (jLÉaov TT^ç )(a)p7)ç oixéoixTi BâxaXeç, àXiyov eOvoç, xaTTjxovTeç éirl BakoLaaoiv xaTà Taû)(£ipa ttôXiv ttjç ]3apxatrjÇ" vô|xotat ôè TOÏai aÛTOÏat )(p£covTat Toïat xai oi ùirèp KupyjvTjç.

CLXXII. — AùayiGicov (5è toùtwv tô irpôç èCTTréprjç êyovTai Nacra (xwvsç. è'Gvoç éôv ttoXXov, o'i tô Ôépoç xata- X£tTCOVT£ç èizl T'?i OaXâcaTi Ta upôêaTa àva^aîvoudi £ç AûyiXa yôipov Ô7rcopi£ÛVT£ç toùç cpoîvixaç* oi Ôè uoXXol xal à(X'ftXa'p££ç irc'fùxadt, iràvT£ç £Ôvt£ç xapiro(pôpoi.

Toùç (5e àTT£X£ê0UÇ £TC£àv 67]p£Ù(7W(7t,, aÙ7jVaVT£Ç ITpÔÇ TÔV

"î^Xiov xaTaXéouCTi xal euetTa éirl yàXa £7rniâ(T(T0VT£ç ttivou(7t. F^uvaîxaç dk vo{xtCo"^'r£ç TuoXXàç êxs^"^ ëxacjTOç ènlxoivov aÙT£(ov T7]v (xï^tv TTOtEÛvrat Tpôircij TrapairXTjdîqj Ttî) xal MaaoayÉTaf £ir£àv axtircova irpocrTTjacovTai. (JLtayov- Tai. lIpwTOv (5e yafxéovTOç NaaajjLwvoç àv(5pôç vyfjioç ecxTl

T7)V VÙfJL'fTjV VUXTt T'?) irpCOTTj ôtà irâvTWV ^lE^ekhzïV TWV

SaiTUfjLÔvojv (ji(7yo[X£vr|V twv ^è (bç ëxaaTÔç ol (Jt-t/^'f), 6idoi ddpov TÔ àv êy;/) 'f£pô(JL£voç éH oixou. '()pxbt(Ti (5e xal (jiavTix'T) ypÉcovTai toi'7|(5£- ô(xvùouc7i fxèv toùç irapà

CLXX. — Après les Giligames viennent, du côté du couchant, les Asbystes [xxxiv] ; ils habitent au-dessus de Cyrène, mais ils ne toucherit pas la mer, car les Cyrénéens occupent le littoral. Ils sont, de tous les Libyens, les plus habiles à conduire des chars à quatre chevaux [lviii]. Pour les mœurs, ils s'efforcent en général d'imiter les Cyrénéens [lu].

GLXXI. — Les voisins des Asbystes à l'occident sont les Auschises [xxxv], qui habitent au-dessus de Baroé et s'étendent jusqu'à la mer dans le voisinage d'Évespérides. Vers le milieu du pays des Auschises habitent les Bacales [xxxv], peuple peu nombreux ; ils touchent la mer près la ville de Taucheira, qui dépend de Barcé. Ils ont les mêmes mœurs que ceux qui vivent au-dessus de Cyrène.

CLXXII. — Les Nasamons [xxxvi] viennent après les Auschises à l'ocoident et forment un peuple nombreux. En été, ils laissent leurs troupeaux sur le bord de la mer ot montent vers le pays d'Augila pour y faire la récolte des dattes [xLvn] : les palmiers sont nombreux et touffus à Augila et tous portent des fruits [lix]. Les Nasamons donnent la chasse aux sauterelles ; ils les font sécher au soleil, les broient, versent dessus du lait et se nourrissent de ce mélange [lx]. Il est d'usage que chacun d'eux ait un grand nombre de femmes [lxviii] ; mais, en outre, dans les rapports sexuels, ils possèdent les femmes en commun, à peu près de la même manière que les Massagètes [lxvi]. Quand ils ont commerce avec une femme, ils dressent un bâton en avant de la place qu'ils ont choisie. La première fois qu'un Nasamon se marie, l'usage veut que la mariée se livre pendant la première nuit à tous les invités ; chacun de ceux qui ont ainsi commerce

acpiai àvôpaç ôixaioxàTouç xal ÔLplaiouç Xeyofxivouç y^v^a6at, toOtouç, twv tÛ(jl6cov àiTTÔ(jL£vot. MavreûovTai ôè éirl TÛv Trpoyôvcov (po itwvteç xà cjifjfjLaTa, xal xatEU- ^àfxsvoi éTriKaTaxot(JLâ)VTaf tô â'àv i(5yi évrTj ô^i évûirvtov, TOÛTCp xpâTai. nÎCTTtai âè TOir^alàc xpécovTai" ex ttjç X£ipoç èiàoï irieïv xal aÛTÔç éx tt^ç toO èTÉpou tc^vei* yjv ôè (xtj ê)(coat ùypèv (jLrjôév, oi i5è tt^ç )(a(jLÔtG£v (tttoôoO Xaêovreç Xei/ouai.

GLXXIII. — NacrapLcâat dk Tzpoaô[i.ovpoi eiai TuXXoi. OuTOi éHaTToXcôXacTi TpoiTw TOicpi^e. '0 v6toç acpt irvécov àv£(jLOÇ Ta êXuTpa twv ùôàTcav é^7)Û7)V£, t) ôè x^P'Q ^?^

QLTXOiGOL éVTÔÇ £OÛ(Ta TÎ^Ç SupTtOÇ T^V àvU(5pOÇ. Ot ÔÈ |3oU-

X£U(jà[jL£voi xotvcî) X6ycp é(7TpaT£ÛovTO £7ri TÔv vÔTOv (Xéyco i^è TaÛTa xà Xéyouct Aî6u£ç), xat £ir£ÎT£ éytvovxo év tt)

4»à[Jl{JLW, TTVSLKjaç Ô VOTOÇ xaT£)(GJ(7£ CfEaÇ. 'EEa7roXo[i,£V(i)V

ôè TOUTCov éyovGi ttj > x^P"']'^ °'' Na(Ta[xci)V£ç.

CLXXIV. — ToOtcov âè xaTUiTEpOe irpôç v6tov àv£(xov év TÎ^ 0Y]pta)<5£ï olx£OU(7t Fapâ (jLavT£ç <^ \ ot iràvTa àvGpcoTTOv rp£uyoL»(Ti xal iravTÔç Ô[jliXÎ7jv, xal oûte ÔttXov éxTÉatai

CLXXV. — OuTOt (JL£v (57] xaTÛ7r£pO£ oixÉouCTi Xaffa- (xcbvwv, TÔ f^à Trapà ttjv GàXaaaav iyovuoLi tô Tcpôç èdTTÉpTjç Màxat, ot Xô'fouç xeîpovTai, tô (xàv jjléctov twv Tpix^v

(1) Lire probablement r«uo/«TavTe?.

avec elle lui donne un présent qu'il apporte de chez lui [lxvii]. Ils font des serments et se servent de la divination de la manière suivante. Ils jurent par les hommes de chez eux qui passent pour avoir été les plus justes et les meilleurs, en touchant leurs tombeaux. Pour faire de la divination, ils vont aux monuments de leurs ancêtres et s'endorment par-dessus, après avoir prié ; ils se conforment à ce qu'ils voient en songe. Voici les serments dont ils usent : ils se donnent mutuellement à boire dans la main ; s'ils n'ont rien de liquide, ils prennent à terre de la poussière qu'ils lèchent [lxii].

GLXXIII. — Les Psylles [xxxvii] sont voisins des Nasamons. Ils ont tous péni de cette manière. Le vent du midi, soufflant chez eux, avait tari les réservoirs, et tout leur pays, qui se trouve à l'intérieur de la Syrte, était sans eau [xvn]. Après en avoir délibéré [lxx], ils décidèrent de partir en guerre contre ce vent (je rapporte ce que disent les Libyens [vn]). Ils arrivèrent ainsi dans les sables, où le vent qui soufflait les engloutit tous. Les; Psylles ayant péri, leur territoire est maintenant occupé par les Nasamons.

CLXXIV. — Au-dessus de ces derniers, du côté du vent du midi, les~^Gairamantes (i) [xxxviii] habitent dans la région des bêtes sauvages [xxii]. Ils fuient tous les hommes et leur compagnie ; ils ne possèdent aucune arme et ne

savent pas se défendre [lvi].

GLXXV. — Tandis qu'ils habitent au-dessus des Nasamons, le rivage, à l'Ouest, est occupé par les Maces [xxxix]. Ceux-ci se rasent les cheveux, mais en réser-

(1) Lire probablement Gamphasantes.

dviévTEç aûHsdôat, xà «^è êv6ev xat £V0£V xstpovreç év ypot* é^ ôè TÔv 7r6X£(jLov cripouÔwv xaTayatcov (5opàç (popéouai TrpoêXTjpLaxa. Atà ôè auxcov Kïvuc|> iroTajJLÔç ^éwv èk X(5(pou xaXeufJiévou XaptTcov èç ^àXaGCOLv èy.èi^oï. *() 5è Xécpoç oÔtoç ô XaptTcov i^acrùç lèr^ai èctti, £0Ù(T7jç tî^ç àXXTjç TTiç TrpoxaTaX£x9£ta7]ç Aiêûr]ç 4*^X7^'^' ^^° ^^~ Xà(7(77]ç Ô£ £ç aOxôv axàdioi ôiTjxoaioî £i(7i.

CLXXVÏ. — Max£cov (5e toutcov £yo(X£vot Fivôâvéç elai, Ttôv al Yuva?x£ç ireptcrrpupia â£p(jLàTcov TuoXXà èxàcTT) cpopÉEt xaTa T0i6vÔ£ Ti, wç X£Y£Taf xax' àv(5pa £xa(7Tov (xt/GévTa 7r£pta(pûpiov 7r£ptÔ££Tar t] âè àv ■K\eïai:oi iy^-r], auTT) àp^cTY)

CLXXVII. — 'AxTYjv èk -KpoiyoDaoiv èç tôv irévTOv TOUTCOV Twv riV(5âvcov v£(jL0VTai AcoTocfàyot, ol TÔV xapirôv

(JLOOVOV TOÛ XCOTOÛ TpWYOVT£Ç ^0)01X71. '0 Ôè TOO XcOTOO

xapTuoç éaTt pLÉyaÔoç oao'j t£ tt^ç ayb)0\j, yXuxÛTTjTa ôè toû

(pOtVlXOÇ TCj) XapTTCt) 7rp0(7£U£X0Ç. ll0l£ÛVTai Ôè £X TOÛ

xapiroû TOUTOU oi AwTO'fàyoi xat olvov,

CLXXVIII. — AcoTO'fàywv ôè tô irapà ôàXaaaav êyovTai

MàxXu£Ç, TÔ) XcOTCp (JL£V xal oÛTOt )(p£WpL£VOl, «Tàp -^CCT^V

y£ Twv Trp6T£pov X£)(0£VTcov. Kanfjxoudi ôè éul TTOTapiôv (xéyav tw oûvo(jLa TptTWv éair ivMoi (5è outoç éç XtptvTjv (jLEyàXyjv TptT(ovt(5a- év i^è aOrT) vt^ctoç £vt r?) oûvofia 0Xà. TaÛTTjV (5e TY]v vr^aov Aax£âat(i.ovîota( (paat Xoyiov £lvat XT^ffat.

— lovant une crête qu'ils laissent pousser au milieu ; à droite et à gauche de cette crête, ils se rasent jusqu'à la peau [liv]. A la guerre, ils se protègent le corps avec des peaux d'autruch'e [lvi]. Par leur territoire coule le fleuve Ginyps, qui vient d'une hauteur aippelée la colline des Grâces et débouche dans la mer. Cette colline est couverte de bois épais, tandis que le reste de la Libye dont j'ai parlé jusqu'à présent est dénudé. Elle est distante de la mer de deux cents stades [xvii, xxix].

CLXXVI. — De ces Maces sont voisins les Gindanes [xl], dont les femmes portent chacune aux chevilles bon nombjx* d'anneaux en cuir [lv] : chaque fois qu'elles ont commerce avec un homme, elles ajoutent un anneau ; celle qui en a le plus passe pour avoir le plus de mérite, comme ayant été aimée d'un plus grand nombre d'hommes [lxvi],

CLXXVII. — La partie de la côte qui fait saillie dans la mer, en avant de ces Giindanes [xn], est occupée par les Lotophages [xi.], qui vivent en se nourrissant uniquement des fruits du lotus. Ce fruit est de la grosseur d'une baie de lentisque ; il est d'une saveur douce qui irappelle celle de la datte. Les Lotophages en font aussi du vin [xix].

CLXXVin. — Du côté de la mer, ils ont pour voisins les Machlyes [xu]. Ceux-ci font aussi usage du lotus, mais moins que les Lotophages. Ils s'étendent jusqu'à un grand fleuve, appelé Triton. Ce fleuve débouche dans un grand lac, appelé Tritonis, dans lequel est une île dont le nom est Phla [xni]. On dit qu'un oracle a invité les Lacédémoniens à coloniser l'île.

CLXXIX. — "E(TTi dk KOLi oÔ£ Xoyoç XeyojjiEvoç. 'I7](70va, ÈTTske 01 è^EpyàdGï) ùttô t(î) IlrjXiq) tj 'Apyto, £aG£(jL£vov éç aOTYjv àXXrjv t£ èxaTÔpLêïjv xat Ôt] xat TptTcoâa yJtXy.zov 7r£pt7:Xa)£tv Il£Xo7:dvv7](70v, (3ouX6|ji,£vov éç AeXcpoùç àirt- /éaGat. Kat |j,iv, wç irXéovxa y£V£CT0ai xaxà MaXérjv, Ù7roXa6£Tv àv£(i.ov |3op£7]v xat àiro^épEiv Trpôç ttjv AiêÛTjv Trplv âè KaTK^édGat yî^v, év Toïat |3pà)(£at yevéa^ai XÎ[jlv7jç TT^ç TpiTcovtôoç. Kat ol àiropéovTt tyjv é^aycoy7]v Xôyoç éaTt (pavT^vai TptTcova xai x£X£Û£tv tôv 'lïjaova ècouTO) âoOvai TOV TptTToôa, (pà(JL£v6v (Tcpt xat tôv Trôpov (5£H£tv xat

àTTTjfJLOVaÇ àuOO'T£X££lV. n£l8o(X£VOU êè TOÛ 'Iy](70V0Ç, OÙTCO

St) tôv t£ ôiéjtirXoov twv |3pa)(£cov â£ixvùvat tôv Tpkcovà atpt xai TÔV TptTCOôa 6£Tvai év tcô èwuToO ipw, éTriOeCTTit- (TavTà T£ Tq) TptTTOÔi xal ToT(7i crùv 'l'/jaovi (77](jt,ifjvavTa tôv iràvTa Xôyov, wç, £7r£àv tôv Tpîiroâa xofxtCTTjTat twv éxyôvcov Ttç twv év r?) 'Apyot ctu(jituX£Ôvt(ov, tôt£ èxaTÔv TzôXiOLç oîxTJcrai Tr£pi ttjv TpiTCovt*5a XÎ[jlv7]v 'EXX-/)vî(5aç TTûcaav £lvai àvàyxY)v. TaÛTa àxouaavTaç toùç £Tci)(0)ptouç Tci)v AiêOwv y.p\)^ai tôv TptTuoôa.

GLXXX. — ToÛTCov dk iyovzcLi tcôv ]Ma)(XOcov Aûctéeç* oÙTOi ôè xat oi Mà)(Xu£ç Tréptç t7]v TpiTcovtêa Xt|xv7)v oix£ou(7t, TÔ (j.£(70v (5e a'ft oùpi^Ei à TpÎTCov. Kai ol (xèv Mà)(Xu£ç là àTziaùi xopicÔCTt tt^ç xErpaX-î^ç, ol ôà AOaé£ç Ta l(X7rpoa6£. 'OpTfi <5£ éviauatri AÔ7]vaty]ç al irapGévoi aÛTWv ôî)(a (^taaTÔcaai (jLâyovTat upôç àXXyjXaç XiGoiat t£ xat ^ùXoiat, Tq) aùGty£V£i G£q) Xéyouaai Ta TrâTpta à7roT£X££tv, T7)v 'AGyivatTjV xaXéofXEv. Tàç âè àTroGv7]axoûaaç twv irapGévcov éx twv TpcofxàTCov t];£U(5o7rapG£vouç xaXéouai.

OLXXIX. — Voici ce qu'on raconte. Lorsque le navire Argo eut été construit au pied du Pélion, Jason y embarqua une hécatombe, ainsi qu'un trépied d'airain, destiné à servir d'offrande, et il doubla le Péloponnèse, voulant aller à Delphes. Quand il fut arrivé à la hauteur du cap Malée, le vent du Nord le surprit et l'entraîna vers la Libye. Avant de découvrir la terre, il tomba dans les bas-fonds du iac Tritonis. Comme il était embarrassé pour trouver le moyen de se dégager, Triton [lxiv] lui apparut, dit-on, et l'invita à lui donner le trépied, affirmant {|ii'il montrerait le passage aux navigateurs et les renverrait sains et saufs. Jason y consentit et Triton lui indiqua la voie poui- sortir des bas-fonds. Il plaça le trépied dans son piopre sanctuaire et, s'asseyant dessus, il prédit aux compagnons de Jason ce qui devait arriver : à savoir que, si quelque descendant de ceux qui étaient embarqués sua" le navire Argo s'emparait du trépied, il serait de toute nécessité que cent villes grecques fussent fondées autour du lac Tritonis. On ajoute que les Libyens du pays, ayant entendu ces choses, cachèrent le trépied [xxviii].

CLXXX. — A la suite des Machlyes sont les Auses fxLi]. Les uns et les autres habitent autour du lac Tritonis, mais le Triton les sépare. Les Machlyes laissent pousser leurs cheveux sur le deiTière de la tête, les Auses sur 1;' devant [liv]. Dans une fête annuelle en l'honneur d'Athéna [i.xiv], leurs jeunes filles se partagent en deux troupes et se battent les unes contre les autres avec des pierres et des bâtons, disant qu'elles suivent une coutume instituée par leurs pères en l'honneur de la divinité, né ' flans li'iii' pays, que nous appelons Athéna. Elles préten-

Opiv èï àv£Ïvat aùxàç [xâ/scrOat, Tà(5£ Trotcûat. Koivî^

TtapOévOV T7]V XaXXl(TT£Û0U(7av èxâciTOTe X0(7(JL7jO'aVT£Ç XUV£7)

T£ KopivOî-f) xai TravoTrXîrj 'EXXvjvix'Tj xal éir' àppia àvaêiêàaavTcç TL£piàYOU(Tt ttjv Xîjjlvtjv xûxXoj. '(jTéoicrt ^ï tô TiàXai £xô(7(J.cOv Tàç TTapOé^ou^ Tïplv 7^ (j'f t "EXXvjvaç irapov/,lGh^f^v7.l, oùy. è'/co £t7r£Îv, ôoxéco (5' wv Atyi»KTÎoi(n ÔirXoiCTt xoa(JL£cCTOai aûxâ;;' àTTÔ yàp AîyùiTTOu xai ttjv àcTTriÔa xai to y.pcuvoç '^r^[L\ àizlyjioLi iç toùç "KXX7]vaç. Ttjv Ô£ 'A07]vaL7]v (pacl VioGcidécovoç £lvat 9uyaT£pa xal ttjç TpiTcovîi^oç XLfxvTjÇ, xaî (JLtv (X£[ji,'f8£Ï(7àv Ti TÔ) TiaTpt <5oûvai ècouTTjv TCt) Au, TÔv ÔÉ Aîa ècouTOÛ piiv 7rot,7j(7aaOai 9i»ya- T£pa. TaÛTa (xèv Xéyouat, (/.tçiv âè èttixoivov twv yuvatxcôv

TTOtéoVTai, OUT£ (7UV0tX£0VT£Ç XT7]V7]âiv Te pLt(7yÔ|i,£V0l.

'EiTfiàv (5e yuvatxt tô iratâtov à«5pôv yévrjTat. (TU(jLrpotTâ)(7i

éç TCÔUTO Oi àV'5p£Ç TpÎTOU [JLVjVÔÇ, Xai TCO àv OlX'f] TCÎ)V àv(5pCL)V TO TZOLl^iov, TOUTOU TiaTç VO(JLt^£Tai.

GLXXXI. — OuTOi fjLÈv ol 7:apa6aXâ(70-toi Ttôv vo{i.â(5wv Aiêûcov EÎpéaTai. ùîrip ^èTOÛTiové^ |jL£c»ôyaiav r^ 6'/]picb(57]ç £(7Ti \i6ùri , ÙTiàp -^è t?jÇ Or^pico'^eoç 09 pu'/] 6à(JL(JLOU y.7.Tr^y,el, 7rapaT£ivouaa âirô Hriêécov tojv AiyuîTTiicov stt' '1 IpaxXéaç arr^XoLZ. 'Ev (5e r?) ô'fpûri TaÛT/j piàXKTTa ^tà diy.oi. yj(jL£p£cov ô<5oû àXoç érjTt Tpû'f £a xaTà yôv^povç [xsyâXou^ év xoXwvo?<7t, xai £v xopu'frj(7i èxàaTOU toû xoXcovoû àvaxovrîset éx pLÉgou TOÛ àXôç ii'îcop ^u/pôv xai yXuxû. 7r£pi dk aùxà àvOpcorot oiy.iovai eayaTOi Tcpôç r/jç éprjpiou xai ùr^p ttjç 0'/]pioj^£oç, TTpôjTOi (JLCV àTTo (-)r]6écov ôtà ^£xa "i^piepécov ô(5oO 'A[X(jLcôvioi, êyovTEç TÔ Ipèv àîTÔ ToO H'/]6ai£oç Atôç*

dent que celles qui meurent de leurs blessuTes sont de fausses vierges. Avant de cesser le combat, voici ce qu'elles font : de chaque côté, elles ornent la jeune fille la plus belle d'un casque corinthien et d'une armure grecque complète ; elles la font monter sur un char et la promènent autour du lac [lxv]. Gomment équipait-on ces jeunes filles autrefois, avant que les Grecs ne vinssent s'établir dans le voisinage ? Je ne saurais le dire. Mais je <:rois qu'on les revêtait d'armes égyptiennes, car j'affirme que c'est de l'Egypte que le bouclier rond et le casque ont été introduits chez les Grecs. Ges Libyens disent qu'Athéna est la fille de Poséidon et de la litnriê Tritonis, et qu'ayant eu à se plaindre de son père, elle se donna à Zeus, qui l'adopta pour fille [lxiv]. Voilà ce qu'ils disent. Mais ils ont leurs femmes en commun ; ils ne se marient pas avec elles et ils se mêlent à elles comme des bêtes. Lorsque l'enfant d'une femme atteint l'âge de la puberté, les hommes, dans une assemblée qui a lieu trois mois après [lxx], le déclarent fils de celui auquel il ressemble [lxvi].

GLXXXL — Je viens d'indiquer les Libyens nomades qui habitent 1(; long de la mer [lvii]. Au-dessus d'eux, à l'intérieur des terres, se trouve la Libye des bêtes sauvages [xxii] ; au-dessus de cette région, existe une élévation sablonneuse qui s'étend depuis Thèbes d'Egypte jusqu'aux Golonnes d'Héraclès. Sur cette élévation, on rencontre, à des distances d'environ dix jouirnées de marche, des monceaux de sel en gros fragments, sur des tertres. Au sommet de chaque tertre, jaillit, au milieu du sel, une eau fraîche et douce, autour de laquelle habitent des hommes : ce sont les derniers qu'on rencontre du côté du désert et au-dessus de la région des bêtes sauvages [xxiii]. Les pre-

xal yàp TÔ év (-)if]6r,CTi, wç /.ai TrpéTepov dpr^xai \ioi, xpiOTrpôacoTTOv toû Atôç TwyaXfJLâ èori. Tuy/âvei »5è xat àXXo Gf^i uâcop xpr^vaïov èév, tô tôv (jlèv ôçjbpov yivtxoLi XXiapûv. àyopf^ç 6k irXYjÔuoûarjç cj^uxpOTepov, (xecajjLêptT] T£ £(7Tt xal TÔ xàpxa ytvsTai (j>u/p6v TTjVtxaÛTa Ôè àp^ouct Toùç xTjTTOuç* àTroxXivo(X£V7)ç ôè TT^ç r^[lépr^ç ùtî taxa c toû 4'UXP°^' ^'^ ^'^ âûsTai T£ ô TjXtoç xal tô uôcop ytVcTat yXiapôv' è-Ki ôè (xâXXov Jôv éç tô GeppLÔv éç [xsaaç vûxTaç TraXà^st, TYjvixaÛTa 6k. Çéei â(jLêoXâârjV irapép/ovTaî t£ |jL£(7ai vùxT£ç xat c};ux£Tat (xéypi éç r|to. 'ETrtxXr|(7iv ôè auTr] 7) xprjVTj xaX££Tai 'lIXtou.

CLXXXII. — M£Tà 8k 'ApL(j,(ovtouç ôtà ttjÇ ôrppûr^ç ttjç 4'â|Ji(Jt.ou 6C àXXétov ôéxa 7ipL£p£cov ôèoû xoXcovôç t£ àXô^ éaTt ojjioioç Tti) 'A(jL(Jicovî(t) xai ii'^cop, xal àvôpcorot 7T£pi aÙTÔv oîxéoucjr t^) 6k xcôpco toûtco oûvo(JLa AûyiXâ èaxi.

'Eç TOÛTOV TÔV yjibpOV 01 XaaafJLWVEÇ Ô7rC0pt£ÛVT£Ç toùç (pOÎVlxaÇ 'fOlTWO-L

CLXXXIII. — 'Auô ^£ AûytXcov 617. 6éy.7. vj(jL£péwv dXXécov à6où £T£poç àXôç xoXcovôç xal uàcûp xal 'fotvix£ç xapTTOcpôpoi TToXXoi, xaTa 7r£p xal £v ToTai ETÉpoiar y.OLÏ àvÔpcoTTOt olyÂouai év aÛTÔ), Toîdi ouvo(jia rapâfxavTéç éaTt, eÔvoç (xÉya tdyupwç, ot éTrl tôv àXa yr^v éirt'fopéovTEÇ oÛTO) antipovai. HuvTOfjLtoTaTOv 6' écTl éç toùç Acoto- (pàyouç, éx twv TptTixovTa r| [JL£p£a)v iç aOTOÙç ô(5ôç èctti* év Toïat xal oi ôiriaOovôfjLOt pÔ£ç ytvovTat. 'OTTKjOovôpiot «5c 6ià TÔÔ£ £{(7t' Ta x£p£a éyovGi x£xu'f ÔTa éç tô l|jL'îrpoaO£.

miers à partir de Thèbes, à une distance de dix journées de marche, sont les Ammoniens [xlvi]. Ils ont un temple dont le culte est emprunté à celui du Zeus thébain ; cao", à Thèbes, comme je l'ai dit précédemment, la statue de Zeus a une figure de bélier [lxiii]. 11 y a chez eux une autre source, dont l'eau est tiède au point du jour, plus fraîche à l'heure du marché, tout à fait froide à midi, et alors ils s'en servent pour arroser leurs jardins. A mesure que le jour décline, la fraîcheur diminue jusqu'au coucher du soleil ; à cette heure, elle devient tiède. Elle s'échauffe ensuite de plus en plus jusque vers le milieu de la nuit ; alors elle s'agite en bouillons. Après minuit, elle se refroidit jusqu'à l'aurore. Cette source est appelée la source du Soleil [xxiv].

CLXXXII. — Après les Ammoniens, sur l'élévation de sable, et à une distance de dix autres journées de marche, se trouvent un autre tertre de sel, semblable à celui des Ammoniens, de l'eau et des hommes qui vivent autour. Ce lieu s'appelle Augila [xlvii]. Les Nasamons y vont faire un séjour pour récolter les dattes [xxxvi, lix].

CLXXXIII. — A partir d' Augila, à une distance de dix nouvelles journées de marche, il y a un autre tertre de sel, de l'eau et un grand nombre de dattiers qui portent des fruits, comme dans les autres lieux. Des hommes y habitent : ils s'appellent Garamantes, peuple fort nombreux [xLviii]. Ils répandent de la terre sur le sel et l'ensemencent [lix]. Le chemin le plus court pour venir de leur pays conduit chez les Lotophages ; il est de trente journées. On trouve chez eux des bœufs qui paissent à reculons. Ils paissent ainsi parce qu'ils ont les cornes incli-

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CLXXXIV. — 'Allô 8k FapajJLâvTcov (5t' àXXécov dé^OL 7](jL£p£wv ôâoû àXXoç àXôç T£ xoXwvôç xal îiÔcop, xal àvOpcoTUO!, 7r£pl atJTÔv oUiovai toicti ouvopià ècttl 'ATà-

paVT£Ç^^', ot àvWVUfJLOt £j(7t (JLOÛVOl âvOptOTCCOV TCbV 7j(JL£ÏÇ

iô(X£V àXécTi (xèv yàp a'fî éciTi 'ATàpavT£ç oùvofia, èvl de

£xà(TT(p aOTWV OÛVOfJLa oOÔèv X££Tai. OuTOI TCO 7]XtCp ÙTr£p-

êàXXovTi xaTapcôvTat xal irpôç tovtokji TuâvTa Ta oiiaypà XoiÔopéovTat,, OTt (jrpéaç xaîcov éutTptê£t, aÙTOÙç t£ toùç âvGptbirouç xal T7)V)(a)py]v aÛTCov. M£Tà ôè <5l' àXXéwv âéxa :^(jL£p£cov ôâoû àXXoç xoXcovàç àXôç xal lii^wp, xal àvGpwTTOi ir£pl aOTÔv oixéouai. ''Ex£Tai ^è toO akoç toutou opoç t5)

OÛVOfJlâ £(TTl "ATXaÇ" d'cTTt ^£ (TT£tVÔV xal XUxXOT£p£Ç TcàvT'f) .

ù4'iqXôv ^£ ouTW i^Tj Tt X£y£Tat (bç Tàç xopu'f àç aÛTOÛ oOx oïà T£ £lvai tf^àaGat. OÛ(5£xot£ yàp aÛTàç â7roX£t7T£tv v£rp£a

OÛT£ G£p£OÇ OÛT£ )(£t(XCbV0Ç. ToÛTO TOV nlo^OL TOO OÛpaVOÛ

(1) Les manuscrits portent Xr'koi-jrsç ; de riiôme deux lignes plus loin.

nées en avant, ce qui les force à aller à reculons quand ils paissent ; ils ne peuvent marcher en avant, car leurs cornes s'enfonceraient dans la terre. Pout le reste, ils ne diffèrent en rien des autres bœufs, sinon par l'épaisseur de leur peau et l'impression qu'elle produit au toucher [lvih]. Ces Garamantes font la chasse aux Éthiopiens troglodytes [xLvni] sur des chars à quatre chevaux [lviii]. Les Éthiopiens troglodytes sont les plus rapides à la course de tous les hommes dont nous ayons entendu parler. Ils se nourrissent de serpents, de lézards et d'autres reptiles [i-x]. Ils ont un langage qui ne ressemble à aucim autre, mais qui rappelle les cris aigus des chauves-souris.

CLXXXIV. — A dix journées de marche des Garamantes, il y a un autre tertre de sel et de l'eau ; autour, habitent des hommes nommés Atarantes [xlix]. Ce sont, à notre connaissance, les seuls hommes qui n'aient pas de noms propres. Tous ensemble portent le nom d' Atarantes, mais chacun d'eux n'a pas de nom particulier [lxv]. Ils maudissent le soleil, dont la chaleur est excessive, et lui adressent toute sorie d'outrages, lui reprochant de les aocabler, eux et leur pays [lxhi]. Puis, à dix autres journées de marche, existent un autre tertre de sel, de l'eau et des hommes qui habitent autour. Auprès de cet amas de sel, s€ trouve la montagne qu'on appelle l'Atlas [xxv]. Elle est étroite et ronde de,tous les côtés, et si haute, diton, qu'il est impossible d'en voir les sommets, car les nuages ne s'en écartent jamais, ni pendant l'été, ni pendant l'hiver. Les gens du pays disent qu'elle est la colonne du ciel. C'est à cette montagne que ces hommes doivent

Xéyoucrt ol èmycùpioi ehai. 'EttI toutou toO ôpeoç oi àvôpcoTTOt ouTOt ÈTTCÔvu (xo i éyévovTO* xaXéovTat yàp (Îtj "ATXavTEç. AéyovTat «^è oût£ é[L'^vyov où^h aiiieahoLi oÛTe évÛTTVta ôpâv.

CLXXXV. — Méypi (xèv ôt) twv 'ATXàvTCOv toûtcov êyto Ta oOvdpiaTa twv èv tTj à'^pù•^^ xaTOixrjfxévcov xaTaXé^ai.

TÔ ô' âTTÔ TOÛT^OV OÛXÉTI. A'/r|Xet <5' a)V T] ô'ppû'/] (A£/pt

HpaxXétoy (tttjXéwv xal tô é'^co toutécuV. "Ectti rîè àXôç T£ (xÉxaXXov £v aûrTj ôià i^Éxa r,(jL£p£cov ôàoù xai àv9pojT:ot oîx£Ovt£ç. Ta ôè otxta TOÙTOiat Trâat éx twv àXtvtov yôv^pLoy olxof^o (xéaTai. Taûxa yàp T^âr] tt^ç Ai6ur)ç àvcpiêpà écif oO yàp àv Yj^KvéaTO (JLév£iv ol Toïyoi èôvxEç àXivoi. £Î u£. 'O âè àXç aOTÔGi xat Xeuxôç xai 7rop9Ùp£oç tô eI^oç àpÙGasTOLi. 'TTrèp ôè ttjç ô'ppùrjÇ TaÛTTjç tô irpoç vôtol» xal £ç pL£(7Ôyaiav ttjç Ai6vr^ç. £p7](jL0ç xal dvuÔpoç xal à07jpoç xal àvofxêpoç xal à^uXoç écTTt v] xcoprj. xal ixfxâ'^o? £(jtI év aÙTY) oûâév.

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