Partie Carrée
aise et nous rirons; un peu, rien qu'un peu de patience !
— Autant qu'il en faudra...
Selon sa promesse, il en dépensa beaucoup et trop, parbleu ! le pauvre sire, à telles enseignes qu'il n'en avait plus du tout le matin où son ami lui coula dans le
tuyau de l'oreille :
— Enfin, nous y voici; le grand moment est venu, quelle partie carrée! Oh! ça y est... et ça ira.
— Quand'?
— Demain, à moins que tu n'aies pas le courage de me suivre...
— Où donc?
— Assez loin d'ici, riposta le jovial, làhaut, tout là-haut, auprès du tonnerre, en paradis.
— Sapristi, me blaguerais-tu?
— Non pas; on t'invite à déjeuner avec ta Sophie et ma Zoé, jeudi, midi sonnant, au salon de Lustucru, près du pont de l'Aima, derrière le Trocadéro.
1"0 Hôros h Pantins
— J'y serai.
— Bon !
Nul des sus-nommés, environ quarantehuit heures après ce dialogue à bâtons rompus suffisamment énigmatique, n'eut garde de manquer au rendez-vous, où l'on se piqua si consciencieusement le nez qu'en s'éloignant ensemble, bras dessus bras dessous, du fameux cabaret, fous les convives et leur amphitryon ne se tenaient plus sur leurs jambes. Un fiacre passait devant eux, ils s'y casèrent et, fouette, cocher. En moins de dix minutes ils furent rendus au Champ-de-Mars, où Ton gonflait, en présence d'une foule houleuse, un bel aérostat. Ayant congédié le carrosse qui les avait charriés, ils pénétrèrent dans une baraque, ivres aux trois quarts, en roucoulant.
— Houp-là, mignons! ordonna le bouteen-train, on n'attend plus que nous au festival.
— Allons-Y...