Tr., Y
O'Jx av T(u Y* Èp^aavT* ev a*jXaxi %ol\l }i,èv oipoTpov â^Eiav, To de iSpyov êT(d<Tiov aiOi Xfnotev.
Le mot (^pyov est pris dans un sens concret, de môme qu'au vers xig, où il désigne les moissons, et au vers SgS, où il signiQe provision; cf. une métonymie analogue dans remploi des mots pioc (v. 3i, 4a, a3a) au sens de ressources^ et ptoto; (v. 3oi, 307) au sens de bU.
7. Zt)Xo; 5u(ncéXa8o; (v. 196). Le mot non homérique poOoc (v. aao) passe de même du sens primitif de bruit de choc à celui de murmure indigné.
t5a HÉSIODE
animal ou d'un objet par un adjectif substantivé, qui en exprime une qualité essentielle ; quelques-uns de ces termes sont parfaitement clairs : on ne peut hésiter sur le sens de ùXTjxctTzi, habitants des forêts^, ou de r,;jL6poxc'Tcç, dormeur de jour^; mais il faut un certain effort de réflexion pour traduire mentalement ïétre scuis os (ivcîTscç) par le polype, le porte -maison (<pep£cty.cç) par l'escargot, ïinduslrieuse (rSptç) parla fourmi, ou les bienveillantes (ejtppovjtt) par les nuits 3. C'est évidemment cet efibrt qu'Hésiode cherche à obtenir de l'auditeur : lui laisser quelque chose à deviner, c'est un moyen sûr de tenir son esprit en éveil et d'empêcher son attention de faiblir. Ainsi peut s'expliquer le goût d'Hésiode pour l'expression indirecte, qui n'énonce pas explicitement une idée, mais oblige le lecteur à compléter luimême les données fournies par le poète : « Prépare-toi, » dit- il au bon laboureur, « à enlever les toiles d'araignée des jarres à grains, » c'est-à-dire à les remplir de blé. « H faut, » dit -il ailleurs, «que ton jeune esclave, armé d'un hoyau, donne du travail aux oiseaux ; » le vers est cette fois assez obscur pour que le poète ait cru devoir ajouter une explication : a en couvrant les semences ^ »
Si le ton devient ainsi mystérieux et parfois énigmatique, c'est sous une tout autre influence que celle d'Homère; nous avons vu que les Grecs demandaient volontiers aux oracles une solution toute prête à n'importe quel problème moral; or l'obscurité de leurs réponses n'était pas seulement une garantie d'infaillibilité dans les prédictions : elle affermissait leur autorité en rendant toute discussion impossible. Il était naturel qu'Hésiode prît modèle sur les vers où s'exprimaient les sentences divines, l'analogie de la matière entraînant celle
1. Tr,, V. 539. Cf. aiÎYjô; = homme fort (v. 440, irapOevixiQ = jeune fille (v. 699), CTcixOdviot "B éire$ humains (v. 8a a) ; ces deux dernières expressions sont épiques.
a. Tr., V. Co5; ce dernier mot est accompagné du substantif àvTip, mais sa composillon et son emploi sont analogues è ceux des adjectifs substantivés que nous citons.