ri\, V. Sa/i, 571, 778, 50o
/i. Tr., V. 675 : 'Ex ô* àyYéwv eXaaeia; apây^^toLi V. ti'joi ...7CÔV0V opviôeffffi TiÔeÎYi,
Ticéppia xataxp'jicTuv...
Nous nvnns d(\)h signalé la valeur descriptive de quelques unes de ces locutions : T9) «' (flAipx) ifftbv axT^aaiTO -^yjrr^ (v. 779),— apwaç te x^P^^^^V-^^^^^ ^^^ fljjiroa; cyc^piiv (v. 673),— 7CTj8fl()iov 6' eùsprè; Oiràp xairvoO xpstiâaaadat (v. fb^), cV^l-h dire so mettre au travail, commencer la moisson, cesser de naviguer.
L*EXPRESS10n DES IDÉES MORALES : LE STYLE l53
de la forme. Plutarque nous apprend que la Pythie aimait à désigner les gens et les choses par u des termes rares, des détours et des obscurités » » ; elle appelait les Delphiens T:uptxiojç, les Spartiates cctoêopojç, les fleuves hpiiTzi-zoL;. Ces adjectifs rappellent de très près ceux que nous avons relevés chez Hésiode, et il est vraisemblable que dans les oracles ils ont déjà été mis à la place des noms qu'ils avaient d'abord qualifiés 3. En tout cas, Tinfluence du style chresmologique est manifeste : outre des analogies formelles entre quelques vers d'Hésiode et certains oracles cités par Hérodote^, il est facile de reconnaître dans l'expression xpizoSt gpcTw (= le vieillard) un souvenir de la fameuse énigme du Sphinx^; enfin deux de ces adjectifs substantivés, employés dans des prescriptions religieuses, paraissent appartenir au langage mystique de la poésie sacerdotale : les tombeaux sont les intangibles (ày,{vY)Ta) et les mystères les invisibles (it$Y;Aa); il y a dans ces simples dénominations quelque chose d'étrange et de solennel; les mots, d'eux-mêmes, commandent le respect^. Un procédé
I. rXcoaaa; xal TiepippadEi; xal âaaçeiav (Plutarque, De Pythix oraeaUs, XXIV, p. M f).
a. Plutarque ne le dit pas expressément, mais le verbe ovopiâCetv dont il se sert signifie plutôt dénommer que qualifier; Athénée dit de même (VI, p. 273 b): tt|v nuOiav oL'jxovç (= KopivOiouc) xExXy)xévai ypi^xo[UxpaLi. Dans les oracles cités par divers auteurs, on ne trouve guère, en fait d'adjectifs substantivés, que ceux de la langue courante; exemple: *A.W oxav y; Oi^Xeta tqv ^paeva viKi^trava, xtX. (Hérodote, VI, 77). D'autres épithètes, sans être ainsi employées à notre connaissance, semblent cependant assez caractéristiques pour avoir pu se détacher à l'occasion et remplacer le nom; quelques-unes sont des espèces de sobriquets: Au6è uo8a6pé (id., I, 55), ^affiXeùc KvTCpitov àv^pcov 8a auTipuxTtov (Platon le Comique, cité par Athénée, X, p. 456a); remarquer surtout xparaipivoto x^^**^^^^ (Hérodote, I, 67). qui rappelle les noms d'animaux relevés chez Hésiode: çepéoixo;, dcvdvTEo;, etc. Ces adjectifs composés, remplissant le tiers d'un hexamètre, étaient très souvent employés par les prêtres chargés de versifier les oracles : outre la solennité que ces mots donnent au style, c'est un procédé d'improvisation très commode; cf. Hérodote, I, 66 (Ttyériy/ ico<r(TixpoTov), — VII, i4o (ic6Xioc TpoxociSéo;) et aao (STcâpTTQ; eCpux^poio); — Pausanias, VIII, 9, A (MaivaXfri 8u9x^i{iEpo;)) etc.
3. Nous avons déjà signalé (p. ili) la reproduction exacte du vers a85 des Travaux dans un oracle cité par Hérodote (VI, 86); dans d'autres textes conservés par le même auteur, nous trouvons plusieurs expressions hésiodiques : \UyoL viQTite (I, 85, — cf. Tr., V. a86, etc.), piéTpa ôaXâffffY); (I, 47, — cf. Tr., v. 648), et un hémistiche presque identique à la fin du vers lao : çtT àOavaTOKri Oeotai (Vil, i48, — Hésiode dit : 9O.01 (&axâpe<Tai Oeoîvt).
4. Tr., V. 533 : tote 8t| rpiTcoÔi PpoTw Iffoi... (?oitw<tiv); il est vrai que cet hénûstiche est suspect (cf. Annales des Universités du Midi, Revue des Études anciennes, 1904, p. ao5 sq.).
5. Tr., V. 750, 756. Bergk (op. cit., I, p. 3i5) rattache à une poésie hiératique d'origine thessalienne l'introduction d'épithètes analogues, notamment de sC^pàvr (désignant la nuit), où il voit un euphémisme.
l54 HÉSIODE
fréquent dans les oracles est remploi du jeu de mots, où les Grecs ont toujours vu l'expression d'une pensée divine qui se dissimulait; on le trouve chez Hésiode sous sa forme la plus hellénique, Tallitération : en rapprochant les noms de la famine et de la peste, Xi;acv 6:i.sO xxl Xct(jLcv, le poète a l'air d'établir entre ces deux fléaux on ne sait quelle relation secrète, que l'esprit perçoit vaguement à la faveur d'une consonance*. C'est par un véritable calembour qu'il comparait le poète, às'.Ssv, au rossignol, âr^Scv', et se faisait assimiler à l'oiseau chanteur par une simple analogie de son, qu'il ne semblait pas avoir cherchée >.
Quelle que soit l'origine de toutes ces locutions mystérieuses, il est certain qu'Hésiode affectionne les expressions singulières, qui frappent l'imagination et parfois la déconcertent. C'est peut-être quand la pensée est le plus terre-à-terre que la forme revêt le plus volontiers ce caractère hiératique : veut-il recommander de ne pas se couper les ongles pendant une cérémonie du culte? « A l'abondant festin des dieux, ne va pas, » s'écrie-t-il, (( armé d'un fer brillant, séparer le vert du sec dans le membre aux cinq branches 3.)) Épithètes épiques, adjectif composé* remplaçant un nom très simple, images hardies dont le sens parait d'abord impénétrable, rien ne manque de ce qui peut donner au style une emphase et une obscurité plus dignes d'un sorcier que d'un savant. Sans doute Hésiode n'avait pas besoin de semblables artifices pour inspirer confiance; mais il devait compter avec l'esprit superstitieux des paysans, qui souvent aiment mieux accorder une créance aveugle à ce qui dépasse leur raison que de se laisser convaincre par l'évidence d'une démonstration.
Dans ce dernier exemple apparaît un trait caractéristique
I. Tr., V. a43. Thucydide (II, 54) rapporte uq jeu de mots fait sur les mêmes noms par les interprètes de Toracle rendu aux Athéniens :
L'historien pense que sous l'inQuenco des événemonts la tradition a mis Xot{xd; à la place de Xi{i6c.
a. Tr., Y. ao8; xal âoiSbv eovaav.