‹ Hésiode et son poème moralChapitre 130 sur 165 · Tr., V · texte numérisé non relu

Tr., V

...oOS' E7ci[jiY)6eù; ' EçpâaaO', o)( ol eetne npo(xv)6eù; (jh^itotc Sûpov fii^acrOai Tcoip Zr)vbc 'OXu{jl7c(ou, oiXX* aTTOic^tJiiceiv ilonhtù, |jiT) TTOv Ti xaxbv Ovv]Tot9i y^vY^Tai.

L EXPRESSION DES IDEES MORALES ! LE STYLE l6l

constructions ne sont pas exemptes d'une lourdeur qui trahit la gêne et Tinexpérience « ; mais il y a là un effort visible pour dégager la période de sa forme purement narrative; Hésiode voulait en faire un instrument de raisonnement; et si toutes ses tentatives ne sont pas également heureuses, un progrès sensible est cependant réalisé; dans cette phrase antithétique, parfaite de netteté et de simplicité, la symétrie des membres prouve une réelle organisation, dans la pensée comme dans la forme :

ei -"fip t{^ % àôiXtj xi oiV.ai* ivopejetv

vtYvcojxcov, Tw [JLSV t' 5X6ov 8i5oT e:jpùoT:x ZeJç*

oç 8é x£ [xapTupiYij'.v àxwv sTctspxsv oji.6jffaç

d/s'Jdexat...,

ToO li t' auLaupcTSprj yevsT) {xexoTîiTÔs XéXeiTCTai'.

Mais cette précision, cette clarté méthodique, auxquelles Hésiode tenait avant tout, étaient difficiles à obtenir avec les amples périodes dont Ja prose n'avait pas encore assoupli le mécanisme. Abandonnant les longues phrases épiques, faites d'éléments juxtaposés, et renonçant à une organisation trop compliquée, il a préféré, surtout dans les développements proprement didactiques, les phrases courtes, frappantes, dont la forme s'impose à notre mémoire en même temps que ridée à notre esprit. Nous l'avons déjà montré pour les proverbes; mais dans tous les passages directement exhortatifs on peut remarquer cette recherche constante de la brièveté :

s'écrie le poète à propos de l'hivernage; pouvait-on dire en moins de mots de « proportionner la ration du jour à la durée

I. Un exemple frappant de cette inexpérience est présenté par le vers 5a4, où une période facile et bien venue est soudée à la suivante par une liaison très artificielle et d*une lourdeur prodigfieuse :

"Htiaxi x^^P^sp^) 2"^' àvôffxeo; Ôv iz6Bol xévSeï, xtX. La maladresse est telle qu'elle fait croire à une corruption du texte (les vers Sig-SaS sont très contestés). Cf. encore v. 276-380, iCi sq., etc. t. Tr., v. a8o-28.'i.

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de la nuit»»? Tout terme inutile, ou facile à suppléer, est supprimé :

Orxot ^iX^zpoH etvat, èrsî gXaSripcv to Ojpijçtv.

Une construction rigoureusement logique exigerait un sujet et deux verbes personnels ; mais le sens n'est pas modifié par leur omission, et Texpression est d'autant plus vigoureuse qu'elle est plus condensées Les ellipses de ce genre donnent au vers une grande rapidité :

*H Bà vjvt; TéTsp' ifiuioi, Tv£[jlxt(|) 81 yix\LzX':z.

On sait par le contexte qu'il s'agit de Tâge; il est donc superflu de répéter le substantif Its», déjà employé d'ailleurs dans le même passage 3. Bien des formes verbales sont omises dans les mêmes conditions ^^ ; quant à l'ellipse du verbe être, elle est courante^. Hésiode pousse quelquefois le désir d'abréger ses phrases jusqu'à supprimer des compléments indispensables à la construction régulière, rarement à la clarté du sens<5. L'ellipse peut donner à la phrase une variété, une vivacitç, dont les effets sont souvent très heureux; mais ce n'est jamais qu'une licence, dont l'abus irait à l'encontre du but qu'on se propose, car la fermeté du style ne saurait être acquise aux dépens de la précision.

Un autre moyen d'arriver au même résultat, c'est de donner aux phrases un balancement qui accentue, en opposant deux termes de sens contraire, le contraste offert par deux idées. Même en dehors des sentences, la pensée d'Hésiode revêt

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