‹ Hésiode et son poème moralChapitre 148 sur 165 · TV., V · texte numérisé non relu

TV., V

6. 3Tr., "V. 635; cf. Théocrite (1, v. la, — V, v. 3a et 67), qui emploie aussi les Ipcatifa xouxeî et Tiiver*,des inscriptions doriennes contiennent les formes icet, Ô7ceî« ' «>Xet (Boisacq, p. 76, — G. Meyer, p. 455).

^ 7» « X^^fi' xai o\ XeÇo-jfpâçoi KpTjx&v eïvai xriv çuivr^v àvcypa^/av. » Cette assertion

'^«st plausible qu'avec la leçon Teî$s. Parmi les plus récents éditeurs, Sittl garde

^IS^Zf taocllft que Flach et Rzach adoptent xsîdc» que ce dernier ne signalait même pas

«*«ns soD étude sur le dialecte d'Hésiode. Bergk, l'auteur de cette correction, proposait

«"ssi Tutac, qui a été admis par Fick (Hesiods Gedichte, p. 67).

8. Cette opinion n'a guère été défendue que par Flach. Le principal argument en •« faveur serait qu'il est possi6/e qu'au vin' siècle il ait existé en béotien des dorismes

iSa BÉsiobE

conjugaison, Tindicatif SetV.v'j> et le participe Oixveiouffat^; quant à la forme v£t«vTx., donnée par certains manuscrits, elle semble due plutôt à l'erreur d'un copiste qu'au poète lui-même 3. Ces quelques faits ne suffiraient pas à nous dévoiler la source des éolismes propres à Hésiode : les a-t-il empruntés au véritable éolien, que parlait son père, le navigateur de Cymé, ou au dialecte béotien d'Ascra? Les deux plus caractéristiques et les moins contestables de ces formes éoliennes nous font pencher en faveur de la première hypothèse^: l'indicatif arvr,jjLi et l'infinitif àpciixsvot. Non seulement la conjugaison athématique des verbes ordinairement thématiques est particulière au lesbien et parait inconnue au béotien, mais ce dernier dialecte ne possède à Tinfinitif que la terminaison -asv, et n'use jamais^ non plus que le dorien, de la désinence épique et lesbienne -.uevxi^. Hésiode n'a pas fait ces emprunts au dialecte qu'il entendait parler autour de lui et dont il faisait sans doute un usage quotidien, mais au premier langage qu'il avait appris au foyer paternel : les souvenirs de son enfance l'ont emporté sur les habitudes de l'âge

dernière édition d'Hésiode) se rencontrent dans une inscription de Chios (/. G. A., 38 1): Te9a[ep]2x6vT(i)v, évsvy]x6vTa>v, 7revTT)xdvTci>v, déxcuv; les Alexandrins disent par imitation TpnQxdvrwv et Tpir)x^vTe<i(Tiv (cf. Dimitrijevic, p. aao).

I. Tr., V. 5a6 ; cf. Kûhner-Blass, I, a, p. 19g et ao3. G*est à tort, selon nous, que SittI, dans son édition dliésiode, considère cette forme comme un subjonctif homérique (cf. Od., XXIV, V. 88 sq. : ote xev... Çcovvuvxat); il est plus simple d*admettre que 6eixvv correspond à dsi'xvv; comme Îtcol à rorac- Quant à Thypothèse de Kûhner i

(5e{xvv=Seixv\jt=deixvu£t?), elle ne nous parait pas acceptable.

a. Tr., V. a ; cf. Rzach, p. 450.

3. Tr., V. a $7 *, les manuscrits hésitent entre ve^orovrai et vtaaovrai (liomérique). ' La présence de la diphtongue si constituerait bien un éolisme, mais il ne doit pas étro i hésiodique^ car on ne trouve de formes analogues que dans des inscriptions assez j récentes; cf. Meister, p. 7a. I

4. Cette hypothèse a pour elle Tautorité d'Ahrens (Verhandlungen der Gôttinger Pkilologenversammlang, iSSa, p. 73 sq.) et de Rzach (p. 4C4 sq.).

5. AtvrjfjLi (v. G83), forme lesbienne (Meister, p. 173, — Boisacq, op, cit., pi 180); cf. chez Sapho xdtXïifJLi (fr. i, v. 16), 5pT||ii (fr. a, v. n), çd^jn (fr. 78), chez Alcée àffuvi-njfii (fr. 6, V. i), chez les grammairiens aivY)(iLi, |i£$ri;jLi, vîxy](ii, v6v)(it, oIxt)pl'., etc. On trouve l'équivalent en delphique (Hartmann, p. 46 : 90^Et|i,t); pour le béotien — du moins à l'époque des inscriptions — cela est beaucoup moins certain (Lambert, p. i84). 'Apfd(i.evai (v. a a) est le seul inflnitif connu en -(opievat, mais Homère en forme huit en -i^jievai (//., X, v. ia5 : xaXr,(&evat, — XIV, v. Soa : YOiQ(&evat, — XV, v. 3io : çopTjjjLevat, — XXII, v. a65 : çiXinixevac, — Od., XII, v. 110: noOi^(ievat, — XVIII, V. 174 et XIX, V. lao : irevOr,jievai, — XX, v. 137 : icetvi^[j.evat, — XXII, v. 3aa : àpi^pLevai)* Un manuscrit donne àp6[j.(i.evat, forme adoptée par Fick. M. Lambert (p. igS) ne croit pas que cet archaïsme soit spécial à Téolien ; cependant les exemples de conjugaison athématique y son t. sensiblement plus nombreux que dans les autres dialectes, en particulier pour le type doxifiuipLi. Sur les désinences dialectales de l'inûnitif, cf. Lambert, p. aa7 et a33, — Meister, p. a79, — G. Meyer, p. 663; voir également, sur ces deux formes, Rzach, p. 446 q.

L^EXPRESStON DES IDEES MORALES: LA LANGUE ET LA VERSIFICATION l83

mûri. De toute façon, ces éolismes ne sauraient avoir, comme ceux qui sont empruntés aux poèmes homériques, une origine liltéraire; dans un cas comme dans l'autre, ils ne peuvent être dus qu'à l'influence d'une langue parlée couramment. Le réalisme d'Hésiode était, par moments, plus fort que les traditions artistiques; chez ce peintre de la vie familière, la nature finissait par triompher de l'art; les faits que nous avons relevés en sont une preuve matérielle.

4" Les Travaux contiennent trois dorismes incontestables : un nom de nombre, T£Tsp(a) > ; des accusatifs abrégés de la première déclinaison, xpozaç et Setvaç dl^Taç^; une forme verbale, fôtSov^. Le génitif [jLeXtav peut appartenir aussi bien à un dialecte éolien que dorienS. Pour un autre terme, l'incertitude du texte ne permet pas de se prononcer : c'est l'adverbe TeTc(e), qui serait un locatif dorien^; mais les manuscrits donnent la forme commune T^3(e); l'autre leçon est seulement une conjecture, qui s'appuie sur une scolie^.

Comment et sous quelle action ces formes doriennes peuvent-elles s'être introduites dans le poème d'Hésiode? A coup sûr, elles ne sont pas d'origine béotienne^; car si le dialecte de

I. 11 ne serait pas impossible que certains datifs homériques en -v)ç (v. i34f 331, 5io, etc.) fussent en réalité des formes béotiennes modifiées par des copistes; aq vers 131, plusieurs manuscrits donnent la leçon «ntoXiY);... 8£xv)C (voir, sur ces datifs en -v)c, Meister, p. a3g, et Kûhner-BIass, 1, 1, p. i3i). Mais cette hypothèse n*est guère probable, car ce serait la seule désinence empruntée à la morphologie spéciale de la Béolie.

3. Tr„ V. 698; cette forme est pandoriennc ; cf. Boisacq, p. 63, — Rzach, p. 4a3.

3. Tr., V. 564, 663, — 675. Cf. Théocrite, I, v. 83 (Ttàaa;) et i34 (cixvac), — III, v. a (avcaç)et3(Ta;)f — IV,v. a (aOta;), 3 (irôorac)» et 39 (Nû|4çS;), —V, v.4ï, 64, 78, io3, 109, 191, i46, —VI, V. 33, —VU, V. 87, —X, V. 35 et 38, —XX, v, 65. Boisacq (p. t33) et Bzach (p. 4oi) en citent encore des exemples chez Alcman, Épicharme, Stésichore, Tyrtée et Empédocle.

4. Tr., V. 139. Cf. les formes doriennes efiov {Théog,, v. 3o), àvéOev, ànévrav, dilyvov; — £{8ov et 'éSidov se retrouvent dans Thymne homérique à Dèmèter (v. 3a8 et 437). Cf. Boisacq, p. i83, — Rzach, p. 439.

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