‹ Hésiode et son poème moralChapitre 150 sur 165 · Ahrens, op, cit., p · texte numérisé non relu

Ahrens, op, cit., p

4. L'emploi do iv avec l'accusatif (Théog., v. 687, 890, 89g) et l'apocope de l'i dans TTcpCaxe (v. 678), icepot'xetai (v. 733). Il va sans dire que nous no tenons aucun compte dos indications fournies par les autres poèmes hcsiodiques.

5. Remarquons cependant que le delphique aime, plus peut-être que tout autre dialecte, à abréger les finales. Il forme volontiers aussi la 3* personne du pluriel cn-v : ëfioOev, dans une inscription du iv* siècle, àicéarav, dans une du second, etc., rappellent l'hésiodique ëStSov (cf. Va laori, op. cit., p. 69). Il use également des locatifs en-et: TY)VEtf (iT}8a[j.eî, etc. (id., p. »a). Mais ces faits sont loin d'être spéciaux à ce dialecte.

6. Gôttling, Hesiodi Carmina, p. xxix sq. Il a le tort de confondre dans une même catégorie et d'expliquer de la même manière les formes doriennes et éoliennes.

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international, du moins panhellénique. On sait que de très bonne heure le dialecte épique, se mêlant à celui du pays — sans toutefois le supplanter, — donna naissance à une langue aussi composite que celle de tous les genres poétiques, et qui par là-même pouvait être universelle <. Cette invasion ne put se faire subitement : le lent travail dont elle fut le résultat avait dû logiquement commencer par un amalgame des diverses variétés de dorien que parlaient les peuples groupés autour de Delphes. A l'époque d'Hésiode, des oracles déjà très vieux pouvaient seuls avoir conservé toute la pureté du dialecte local, a supposer qu'ils eussent subsisté sous leur forme primitive. D'autre part, qu'était au juste ce langage des premiers temps? Était-ce exactement celui que l'on parlait au vni* siècle? Rien n'est moins certain. Était-ce celui des plus anciennes inscriptions de Delphes? C'est infiniment peu probable; car en plus de trois siècles s'étaient certainement produites d'importantes modifications linguistiques, aujourd'hui fort difficiles à constater, en l'absence de monuments qui témoignent de ces états successifs. En ce cas, si Hésiode s'est inspiré du delphique, la preuve directe en est impossible à faire, car nous ne pouvons savoir que très imparfaitement ce qu'était alors ce dialectes

Pour une raison analogue, les critiques qui ont attribué à ces particularités une origine locrienne ont étayé leur hypothèse sur des arguments d'ordre plutôt historique que philologique : le prétendu séjour d'Hésiode à Naupacte, l'existence de quelques chants religieux locriens plus ou moins directement inspirés d'Hésiode, l'importance de la légende locrienne de Deucalion dans le Catalogue attribué à Hésiode, enfin la

I. Bergk (op. cit,, I, p. 335 sq.) croit que vers le ix* sièclei sous Tinfluence des poèmes homériques, le dialecte épique fut complètement adopté pour les oracles, dont la langue n'aurait conservé que quelques formes doricnnes (Hérodote, IV, 69 : Yôcç* itoxày 9x11/); mais il est possible que la coloration ionienne ait été accentuée soit par Hérodote lui-même, soit par les recueils que, d'après Bergk, il a dû consulter. Ainsi, pour l'oracle rendu à Lycurgue et rapporté par Hérodote (I, 65), rien n'empêche de remplacer vv)dv et Zyjvt par les dorismes va6v, Zavf.

a. Le dialecte de Delphes est encore mal connu, même pour des époques plus récentes : l'étude de Hartmann (1874) est vieillie, et celle de Valaori (1901) n'est pas au courant des dernières découvertes faites à Delphes par les membres de l'Ëcole Française d'Athènes. Les travaux qui se préparent actuellement sur cette question pourront aider à résoudre avec plus de précision le problème du dialecte hésiodique.

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considération dont les femmes jouissaient en Locride, seul pays où aient pu être composées des généalogies comme les Éées et le Catalogue K En ce qui concerne les Travaux, les deux dernières remarques n*ont aucune valeur; quant au chant de Naupacte et aux autres poèmes locriens, il nous en reste des fragments trop minimes pour que leur rapport avec la poésie hésiodique puisse être bien établi. Il est certain que les relations étaient fréquentes entré la Locride et la Béotie; le locrien était même, de tous les dialectes du nord-ouest, le plus voisin du béotien >; mais affirmer pour cela que Tusage quotidien de cette langue a seul pu inspirer à Hésiode Temploi de formes doriennes, ce serait bien hasardeux. Pour donner au problème une solution définitive, il faudrait d'ailleurs être sûr de posséder très exactement le texte original d'Hésiode. Si les Travaux ont été composés en ionien, les Éoliens et les Doriens qui en conservaient la mémoire n'ont-ils pas modifié peu à peu un dialecte qui ne leur était pas familier? Inversement, les premiers rédacteurs, de race ionienne, n'ont-ils pas été influencés dans leur travail par leur propre langage? Cette dernière hypothèse, assez plausible a priori, a donné naissance à une théorie d'une hardiesse singulière, qu'il nous reste à examiner.

Dès 1876, Kleemann supposait que les formes éoliennes, primitivement beaucoup plus nombreuses dans la poésie homérique, avaient été transcrites plus tard en dialecte ionien^. Allant plus loin, Fick a prétendu que ces poèmes ne contenaient à l'origine aucun élément ionien; le texte que nous possédons serait une véritable traduction, faite aux environs de l'an b^o par les auteurs de la première édition d'Homère; les traducteurs auraient seulement laissé subsister les éolismes que la métrique ne permettait pas de remplacer par leurs équivalents ioniens. Pour reconstituer le texte primitif de VOdyssée

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