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LA MORALE o'hÉSIODE 67
jeu de hasard. Hésiode reconnaît toutefois que la navigation peut fournir à Thomme un moyen de gagner honnêtement sa vie; il admet que Ton tente cette fortune, comme fit autrefois son père, pour échapper à la pauvreté; il le rappelle à Perses, en ajoutant, avec une ironie assez cruelle, qu'il vaut mieux naviguer que de faire des dettes >.
En tout cas, Hésiode n'admet guère le commerce maritime que comme un complément aux travaux agricoles : il ne veut pas qu'on risque sur les flots la plus grande partie de sa fortune». C'est une concession qu'il semble faire à contrecœur. Sans doute, le goût de la navigation croissait chez ses contemporains en raison des progrès réalisés par la marine ^ ; les légendes des Argonautes et de la guerre de Troie se répandaient dans toute la Grèce par les chants des aèdes ; bien des jeunes gens devaient rêver d'imiter la fortune d'Agamemnon et de Jason^», ou simplement de s'enrichir comme les négociants phéniciens qui abordaient fréquemment sur leurs côtes et trafiquaient avec eux 5. Pour combattre ce penchant, qu'Hésiode jugeait pernicieux, le meilleur moyen n'était pas de traiter la question par prétention. C'est pour modérer l'amour de ces expéditions aventureuses quUl montre si vivement à quels dangers elles nous exposent ; et si, malgré tout, quelque imprudent se laisse séduire par l'attrait de cette mer trompeuse, c'est un devoir pour le poète de le prémunir contre le péril, en lui enseignant les moyens d'y échapper. C'est d'abord la circonspection, qu'il recommande presque à chaque vers; c'est surtout la science, principalement celle des astres, qui est indispensable au marin comme à l'agriculteur.
En l'état où se trouvait alors la civilisation, les phénomènes célestes pouvaient seuls servir à fixer une période ou un jour de l'année. C'est le lever des Pléiades qui annonce la moisson,