‹ Hétérogénie; ou, Traité de la génération spontanee, basé sur de nouvelles expériencesChapitre 31 sur 50 · OEUFS NORMAUX · texte numérisé non relu

OEUFS NORMAUX

gyratoires et les pulsations de la vésicule cardiaque. Avec de tels éléments de procréation peut-on admettre la panspermie aérienne, ce véritable roman de quelques naturalistes de notre époque?

Absolument non. D'abord, si de tels œufs, qui apparaissent si volumineux au microscope, même à de médiocres grossissements, provenaient de l'air, on les apercevrait immédiatement dans l'eau ou dans les macérations lorsqu'ils y tomberaient, et jamais on n'y en découvre. D'un autre côté, on voit que déjà l'évolution est commencée à l'intérieur de lamère, et que ces œufs sont de véri fables embryons en mouvement. Mais dans leurs impossibles supputations, les savants qui confient à Tair le rôle de disséminateur universel sont tous obligés de recourir à une préliminaire dessiccation de l'œuf et de le réduire presque à un volume atomique! Alors, que devient donc cet embryon déjà ébauché et qu'on y voyait vivre? On argumentera des graines qui conservent leurs qualités germinatives tant d'années! Ce n'est pas le cas; des graines qui ont commencé leur évolution ne s'arrêtent point ou meurent. L'œuf du Microzoaire est soumis aux mêmes lois que celui de l'oiseau ou du mollusque; l'évolution commencée, l'arrêter c'est la mort; et elle est déjà largement commencée dans le corps de la mère. Alors, comment expliquer l'inexplicable dessiccation, la réduction à l'état moléculaire invisible, qu'il faut admettre avec tant d'autres impossibilités pour soutenir le système de la panspermie ?

Quoi, ces embryons, que l'on aperçoit pleins de vie et de mouvement dans le corps de la mère ; ces

embryons, dont on voit battre le cœur et qui n'ont pas moins de 0,0150 de millimètre de diamètre; ces embryons qui à l'aide de forts grossissements apparaissent du volume d'un pois ; ces mêmes embryons, enfin, qui semblent destinés à ne vivre que dans l'eau, pourraient, selon nos adversaires, se dessécher radicalement, se solidifier, cesser absolument de vivre, puis se réduire à l'état atomique invisible, et désormais errer dans l'air en si prodigieuse quantité que la science des calculs n'offre plus de chiffres pour en exprimer le nombre!... Ceux qui nous présentent toutes ces impossibilités y ont-ils réellement pensé?

Mais en supposant un moment l'existence de ces œufs desséchés, imperceptibles, dont il faut que chaque centimètre cube de l'atmosphère contienne tant et tant de myriades ; en supposant même cette impossibilité, une autre difficulté non moins sérieuse, non moins insoluble se présentera. En concédant même à nos adversaires que ces œufs ou plutôt ces embryons, qui nous apparaissaient si volumineux , se sont réduits à l'état atomique , invisible; mais aussitôt qu'ils tomberaient dans l'eau leur hygroscopicité leur y ferait immédiatement retrouver leur volume et leur vie, et on les apercevrait par innombrables légions dans l'eau pure ; et cependant la palience à l'épreuve des micrographes, n'en retrouve jamais un seul dans celle-ci (1) !

(I) Comp. Dictionnaire universel d'histoire naturelle. Paris, 4845, t. VI, p. 65.

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