‹ Hétérogénie; ou, Traité de la génération spontanee, basé sur de nouvelles expériencesChapitre 30 sur 50 · ŒUFS NORMAUX · texte numérisé non relu

ŒUFS NORMAUX

complissait une rotation plus ou moins rapide, ce qui démontrait que ce produit n'avait nulle adhérence avec la mère. En donnant du carmin aux animalcules qui présentaient un semblable état, les estomacs se coloraient subitement en rouge et apparaissaient sous la forme de petits globules de 0,0084 de millimètre de diamètre, et jamais aucune coloration ne se manifestait sur l'œuf. Plus rarement, outre cet œuf, j'ai vu une ou deux autres masses moins volumineuses, et qui paraissaient évidemment des ovules plus jeunes. Jamais je n'en ai aperçu plus.

Sur quelques Kérones j'ai trouvé des œufs dont le développement, encore plus avancé, ne permettait plus le doute. Mes observations ont été faites sur des Kerona lepus, MulL, de 0,180 de millimètre de longueur. Dans ces animalcules, que j'ai parfois rencontrés accouplés, il n'existait jamais qu'un seul œuf situé vers la partie postérieure de la cavité viscérale. Celui-ci était sphérique, environné d'un chorion assez épais, translucide. Cet œuf offrait un diamètre de 0,0224 de millimètre et était parfaitement libre dans sa cavité. Le Kérone comprimé tournait autour de lui comme sur un axe fixe, et même parfois assez rapidement. Cet œuf contenait des granules trèsserrés, et son vitellus, dans plusieurs cas, était évidemment animé de mouvements de gyration ; dans d'autres où l'œuf était plus avancé, la vésicule cardiaque existait indubitablement et se contractait de temps à autre : ce n'était plus un œuf, c'était quelque chose de plus, c'était un embryon (pi. II, fig. 13).

L'œuf interne de la Kerona lepiis, bien vu par moi,

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je dois le dire, avait déjà été soupçonné par 0. F. Millier ; je ne fais donc ici que démontrer un fait déjà entrevu par le zoologiste danois (1).

M. Balbiani a fait des observations qui confirment absolument ce que je viens de dire. Il pense que la Paramécie verte, Paramecium bursaria de Focke, qu'il a principalement étudiée, se muUiple d'abord par scission, et qu'ensuite il y a un accouplement entre les individus, qui tous sont hermaphrodites. Bientôt après celui-ci, on voit apparaître un groupe de cinq à six gros œufs dans le corps de chaque individu, et qui s'y transforment en autant d'embryons dont on aperçoit déjà la vésicule cardiaque se mouvoir (2). L'analogie de ce fait avec ce que j'ai observé dans lesKolpodes et les Kérones, me porte à supposer qu'il est exact, quoique je n'aie jamais eu occasion de le vérifier. Seulement, je dois avouer que je ne crois pas à la scissiparité dont parle cet observateur, n'ayant jamais rien vu qui l'indiquât sur tant et tant de millions de Paramécies qui sont passées sous mes yeux.

Ainsi donc, voici bien évidemment des œufs de Kolpodes, de Kérones et de Paramécies, développés à l'intérieur delà mère; et dont l'embryon est même déjà formé, comme l'attestent ses mouvements

(1) 0. F. MuixER dit, en décrivant la Kerona lepus : In medio sœpe corpora duo .sphœrica,opaca an ovaria? Seulement je n'en ai jamais vu qu'un seul. Animalcula infusoria fluviatilia et wîarma. Hauniœ, 1786, p. 243.

(2) Balbiani, Génération sexuelle chez les infusoires. Journal de Physiologie, par Biown Sequard. Paris, 1858, 1. 1, p. 346.

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