MALADIE PÉDICULAIRE
autre tentative, non moins curieuse, M. Mantegazza a vu une décoction de laitue dans l'eau artificielle, enfermée avec de l'air et chauffée à 140% se remplir de ^acterium termo, après une cinquantaine d'heures (1).
Les expériences de M. Mantegazza sont absolument analogues à celles que nous avons faites nous-même, soit avec l'oxygène, soit avec l'eau ou l'air artihciels ; seulement, les êtres organisés que l'on a rencontrés dans les nôtres étaient plus élevés dans la série zoologique, ce qui tenait, sans nul doute, à ce que nous avons opéré sur une bien plus grande échelle.
Nous ne pouvons que rendre hommage à la grande précision qui règne dans tous les détails de Tœuvre du savant italien, que nous sommes heureux de citer (2). Cette précision contraste de la plus ostensible manière avec l'oubU total des moindres préceptes de l'expérimentation, qu'on rencontre dans d'autres travaux.
Maladie pédiculaire. — Tout le monde connaît
paré avec le chlorate de polasse et qui avait passé par un tube de verre rougi. Après 161 heures, j'ai rencontré dans la décoction de laitue des Monades vivantes.
(1) Expérience de M. Mantegazza. Dans un tube solide de verre de la longueur de 15 centimètres, fermé avec la lampe, j'ai mis de la décoction de laitue, en laissant le tube rempli d'air dans une longueur de 10 cenlimèU-es, J'ai laissé à la température ordinaire le tube ainsi préparé l'espace de 48 heures, après quoi je l'ai exposé pendant 30 minutes à 100 degrés centigrades, et pendant 40 minutes à + 140 degrés, dans un bain d'une solution saturée et bouillante de carbonate potassique ; 59 heures après j'ai coupé le tube et j'ai rencontré dans la décoction des Bccterium termo vivants. La température moyenne avait éié de + 25*^ cenlig.
(2) Mantegazza, Recherches sur la génération des infusoires. Journal de V Institut. Lombard., t. 111. 1852.
cette maladie , nommée aussi phthiriase , dans laquelle il s'engendre souvent à la surface du corps une prodigieuse quantité de poux.
Ces insectes, dont MM. Alt, Burmeister, Gervais et Van Beneden ont donné de bonnes descriptions ou des figures (1), paraissent constituer une espèce particulière, pediculus tabescentium j dont la genèse est encore un mystère. Ait prétend que ces parasites naissent dans les p]is de la peau , et se cachent sous l'épiderme, qu'ils soulèvent. A l'appui de cette assertion, je dirai que j'ai été frappé du nombre de petites plaies qu'on observe à la surface du corps des malades, et qui paraissent être d'une dimension beaucoup plus considérable que ne le seraient de simples piqûres. Avenzoar et Galien, pensaient aussi que ces insectes naissent au-dessous de la peau. Lieutaud avance même qu'on les voit parfois se produire sous les téguments du crâne (2).
C'est à l'envahissement pédiculaire que certains auteurs attribuent la mort d'Hérode, de Sf lia et de Philippe II d'Espagne (3). Dans cette maladie, les insectes pullulent parfois avec une telle abondance à la surface de la peau , qu'un médecin du seizième siècle ,
(1) Alt, Disf^ertatio de Phthirlasi. Bonn, 1824. — Burmeister, Gênera inseclorum. Berolini, 1838. — Handbuch der Entomologie. Berlin, 1832. — Gervais et Van Beneden, Zoologie médicale. Paris, 1859, t. I. — KùcHENMEisTEu, le confond avec le pediculus vestimenti. An. par.^ t. II, p. Trad. angl.
(2) Lieutaud, Historia anatomica morborum.
(3) Serrurier, Dict. des se. médicales, t. XLII. Art. Phthiriase. — Devergie, Traité pratique des maladies de la peau. Paris, 1856,