HISTORIQUE. RENAISSANCE. Î
mières années qui la suivirent, les écoles, malgré l'effort déb deux Bacon (1), ne s'étant point encore soustraites au joug delà philosophie du Stagyrite, il en résulta nécessairement que les idées du chef inattaquable y furent généralement professées, et que presque tous les savants d'alors, à l'exemple d'Aristote, admirent, sans le moindre doute, l'existence des générations sponlanées. Parmi eux, on peut citer principalement Matthiole, qui n'hésite pas à considérer les grenouilles comme naissant du limon des marécages (2) ; Cardan, qui prétend que l'eau engendre les poissons et que beaucoup d'animaux naissent de la putréfaction (3).
On peut ajouter à ceux-ci, Aldrovande (4), Séb. Munster (5), Rondelet (6), Licetus, (7), Moufet (8), Jonston (9), Th. Barlholin (10), Gassendi (H), Scali-
(1) RocerBacon, Opus majus. Londres, 1733. — François Bacon, Novum organum. Paris, 1843.
(2) Matthiole, Commentarii in sex libros Pedar. Dioscorid. Venise, Irad. de J. Desmoulins, p. 216.
(3) Cardan, De subtilitate, trad. franç. Rouen, 1542, p. 256.
(4) Aldrovande, Opéra omnia. Bononiœ, 1642.
(5) Séb. Munster, Cosmographie universelle. Paris, 1575.
(6) Rondelet, Universœ aquatilium historiée pars altéra, etc. Lyon, 1554.
(7) Licetus, De monstris. Amsterdam, 1665.
(8) Moufet, Insectorum sive minimorum animalium theatrum. Londres, 1634.
(9) Jonston, Theatrum universale omnium animalium. Amsterdam, 1718.
(10) Th.Bartholin, De vermibus in aceto et temine. Copenhague,
(11) Gassendi, De vita, moribus et placitis Eplcuri. Lyon,
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ger (I), qui pour la plupart admirent sur ce sujet les errements des aneiens (2).
Vers l'époque de la Renaissance, la cause de Thétérogénie fut aussi embrassée sans scrupule par plusieurs religieux, et entre autres par quelques jésuites, qui ont joui d'une grande réputation scientifique, tels que le P. Kircher, connu par sa vaste érudition (3);-lePt-Fabri, savant mathématicien français, qu'on prétend avoir connu la circulation avant Harvey, et qui mourut à Rome grand pénitencier du pape (4); puis le P. Bonanni , naturaliste et antiquaire italien (5), et enfin le P. Cabée (6).
Dans son Mundus subterranetis , le P. Kircher a écrit de longs et curieux chapitres sur la question qui nous occupe et il s'en déclare l'un des plus ardents partisans. Pour lui, les exemples abondent, et il en trouve même des plus extraordinaires. La ferveur du savant jésuite était telle pour cette thèse, qu'il allait jusqu'à prétendre que des fragments de tiges de certains végétaux, en tombant dans leau s'y transformaient en animaux divers; et, pour convaincre ses lecteurs, il a même fait reproduire quelques figures de
(1) Scaliger, Traduction latine de l'Histoire des animaux d'Artstote. Toulouse, 4 (H 9.
(2) Corop. Redi, Génération des insectes, coll. acad., t. VI, p. 424.
(3) P. Kircher, Mundus subterraneus.
(4) P. Fabri, Tractatus duo : quorum prior est De planlis, et de generatione animalium; posierior De homine. Paris, 1666.
(5) Bonanni, Obseriativnes circa vivenlia, quœ viventibus repe- Uuntur, cum micrographiâ curiosâ. Rome, 1691.
(6) Caeée.
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