‹ Hétérogénie: ou traité de la génération spontanéeChapitre 12 sur 56 · HISTORIQUE. — ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. — ANTIQUITÉ

Diodore de Sicile, en décrivant le sol de la fertile Egypte, prétend que, lorsque le soleil échauffe et dessèche le récent limon du Nil, on voit sortir de celui-ci une foule d'animaux dont l'origine ne peut ôlre douteuse, puisqu'il en est encore parmi eux qui, incomplètement formés* débattent à la surface du sol leur tronc tout à fait achevé, tandis que leur train Ae derrière encore informe et incomplet reste adhérent à la terre (t).

Ovide, dans de magnifiques vers, a raconté le même fait (2); et lorsqu'il décrit ledéluge de Deucalion, il va même plus loin» en prétendant que c'est à la terre seule que fut abandonnée la reproduction des animaux (3). Plutarque dit lui-même, que le sol de l'Egypte passait pour engendrer spontanément des rats (4), et Porphyre fait aussi mention de cette croyance (5). Enfin, tout le monde sait que Virgile

(1) Diooore de Sicile, Bibliothèque historique. Paris, 1846, 1. 1, p. 12.

(2) Ovide, Métamorphoses, liv. I, v. 422 :

Et eodem in corpore sœpè

Altéra pars vi vit ; rudis est pars altéra telius.

(3) Ovide, Métamorphoses. Paris, t. 1, p. 35 :

Cœtera^diversis tellus animalïa formis Sponle suà pe périt...

(4) Plutarqoe, Symposiacon, lib. Il, p. 131. Par ce mot il faut entendre de petits mammifères de Tordre des Rongeurs, car le Rat proprement dit était inconnu aux anciens.

(5) Comp. Camls, Notes sur l'Histoire des animaux d'Arlstote, p. 711. — Yillbnave, Notes sur tes Métam. d' Ovide, p. 129.

prétendait que les abeilles naissaient, ?u milieu des chairs en putréfaction d'un taureau (i).

S II. — Moyen âge.

À l'époque du moyen âge, les écoles étant sous l'empire absolu de la philosophie péripatéticienne, les idées des maîtres de la scolastique, lorsqu'ils ne furent pas entraînés par le sentiment chrétien , rappellent évidemment celles du chef de l'école antique. C'est ainsi qu'Avicenne, dans son ouvrage sur les Déluges, prétend qu'après les grandes inondalions du globe, de nouvelles races d'hommes se sont produites à même les amas de cadavres humains abandonnés par l'eau (2).

Les auteurs citent encore comme l'un des partisans de la génération spontanée , Crescenzi, le plus savant agriculteur du moyen âge (3). Et, d'aprèseux, celui-ci, à l'exemple des anciens, prétendait que des essaims d'abeilles pouvaient naître des entrailles d'un taureau.

§ III.— > Renaissance.

À l'époque de la Renaissance et durant les pre-

(1) Virgile, Géorg., épis. d'Aristée.

(2) Aviceîine, De congelatione et conglutinatione lapidum, dans Ars aurifera. Baie, 1610, t. I. — Villekave, Mètam. d'Ovide, Paris, 1806. Notes, t. I, p. 129.

(3} Cité par Rf.di, Générât, des ins., collée t. académ., t. VI, p. 424. — Je pense qu'il est question ici du célèbre agronome du moyen âge, n'ayant pu vérifier cette citation.

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