‹ Hétérogénie: ou traité de la génération spontanéeChapitre 33 sur 56 · ŒUFS NORMAUX · texte numérisé non relu

ŒUFS NORMAUX

Je poursuis encore, car dans cette argumentation, je ne veux pas laisser un seul point en litige. Ainsi que nous l'avons déjà vu, certains savants prétendent que les œufs des Microzoaires n'attendent pour se développer dans l'eau qu'ils encombrent, que le moment où l'on y plonge le corps putrescible ou l'aliment de la progéniture. Est-il possible que des physiologistes aient émis de telles assertions? Quoi cet embryon, car c'en est un réduit à l'état atomique, inerte, solide, discernerait, avant sa réimbibition, s'il y a près de lui ou non les particules alimentaires qui doivent le nourrir après son éclosion ! Je demande si ceux qui nous offrent de telles énormilés comme la limite de la science, n'ont pas désespéré de la raison humaine ! Sortant malgré nous des sphères sérieuses de la discussion, en présence de tels faits, nous pourrions réellement demander à nos adversaires, si les œufs de nos frêles Microzoaires sont plus exigeants que ceux des plus voraces animaux ; car un œuf de brochet ne subordonne pas son développement à la présence d'un morceau de viande; l'eau la plus limpide lui suffit !

J'ai parfois vu des Kérones accouplés et c'est cet accouplement que l'on a pris pour une scission longitudinale. L'étroite manière dont ils se tiennent me fait supposer que leur accotement doit être assez long; et les embryons qu'on voit dans leur corps étant très-volumineux doivent mettre un certain temps à se développer. M. Balbiani dit que l'accouplement des Paramécies dure cinq à six jours; et ce

savant ajoute que ce n'est qu'après un laps de temps aussi considérable qu'apparaissent les ovules (1). La procréation est donc assez lenle, et celle observation, ainsi que tant d'autres, vient infirmer celle rapidité qu'on lui supposait bénévolement pour expliquer la mullilude d'Infusoires qui surgissent partout où existe quelque liquide en putréfaction.

Enfin, une preuve non moins évidente que les Microzoaires doivent leur primitive apparition à la génération spontanée et non à une faculté de reproduction qui tiendrait du prodige, c'est qu'on les voit tous de la même taille dans les nouvelles infusions et comme s'ils étaient apparus au même moment, et non à plusieurs jours d'intervalle, comme cela serait si les œufs provenaient de l'atmosphère. Souvent après, la macération reste sans que sa population augmente sensiblement. Ce n'est que dans les expériences anciennes, et même pas toujours, que l'on découvre des individus de divers âges. J'ai vu fréquemment des macérations présenter longtemps un même nombre d'individus, et si la génération était aussi active qu'on l'a supposé pour fournir aux besoins de certaines théories, en quelques heures les bocaux devraient en être encombrés. On remarque plutôt des successions de générations diverses qu'un immense accroissement dans la même espèce.

Un Kolpodc ou un Kérone n'ayant souvent qu'un seul œuf ou deux dans le corps, cette pénurie dans

(I) Bai.biam, Génération sexuelle chez les infusoires. — /ournal de la physiologie de l'homme et des animaux. Paris, 1858, p. 349.

ENKYSTEMENT MORBIDE. 40T

la reproduction ne serait pas suffisante pour remplir l'atmosphère de germes, et elle s'ajoute aux données précédentes pour démontrer que la génération spontanée peut seule expliquer cette multitude de Microzoaires qu'on voit apparaître dans tous les endroits du globe.

Section vu. — Eiskystement morbide, mort, diffluesce ou

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