‹ Hétérogénie: ou traité de la génération spontanéeChapitre 50 sur 56 · GALE · texte numérisé non relu

GALE

pas à considérer comme le produit de la spontanéité ; et ce médecin s'étonne qu'en présence de tels faits, on ait pu mettre celui-ci en doule ( I).

Plusieurs des assertions précédentes ont été l'objet d'une critique judicieuse de la part de M. Rayer. Cet illustre médeein ne nie cependant pas absolument la spontéparité ; il semble, à cet égard, adopter un doute philosophique (2). Nous, n'ayant aucune observation particulière, nous nous bornons au rôle d'historien.

Cependant, en reconnaissant que la genèse du pou est encore environnée des plus profondes ténèbres, et en voyant cet insecte remplir des tumeurs absolument inaccessibles aux corps extérieurs, ou constituer une véritable éruption vivante, il ne semble pas étrange que des savants aient vu là un acte de spontéparité.

M. Marchai de Calvi se demande, avec raison, si, dans ces cas , on dira aussr que les œufs des poux flottent dans l'air, toujours prêts à élire domicile sur l'homme; et il ajoute que ce ne sera pas une des moindres violences que la panspermie ait tentées contre le bon sens (Si).

Gale. — La gale, qui, ainsi que la phthiriase, est produite par un insecte , a été aussi considérée par

(4) Devergie, Traité pratique des maladies de la peau. Paris, 4856, p. 649.

(2) Rater, Traité théorique et pratique des maladies de la peau. Paris, 1835, t. III, p. 802.

(3) Marcbal de Calvi, Idée de la bio-pathologie. Union médicale, 4859.

quelques médecins comme pouvant parfois se manifester spontanément. Telle est l'opinion de M. Devergie; telle est aussi celle de M. Marchai de Calvi, dans son remarquable article inséré dans Y Union médicale (\) ; et, selon lui, Yacarus scabiei, au lieu d'être la cause de la maladie, n'en serait parfois que le produit, et naîtrait durant son cours, par la voie hétérogénique.

Burdach , qui parait avoir quelque tendance à admettre la génération spontanée des acarides, dit même que quelques savants ont observé de ceux-ci dans des tumeurs lépreuses; tels sont Rolando, Murray et Martinet (2).

Anatomie pathologique. — Ne voulant omettre aucun moyen d'investigation , en terminant cet écrit, je dois dire que pour m* assurer si l'anatomie pathologique s'accordait avec la nouvelle théorie des migrations des helminthes, j'ai consulté un des plus savants professeurs de notre Ecole de médecine , M. Leudet fils, et voici sa réponse, à laquelle je n'ajouterai aucun commentaire :

« Depuis la publication des recherches de MM. Siebold, Van Beneden et Kiichenmeister, me dit-il, j'ai voulu savoir si, comme ces deux derniers savants l'ont surtout avancé, la clinique médicale et F anatomie pathologique humaine venaient à l'appui de leur théo-

(1) Devergie, Traité pratique dts maladies de la peau. Paris, 1856, p. 418. — Marchal de Calvi, Idée de la blo- pathologie. Union médicale, 1859, n" 10, p. 263.

(2) Joerdens, Entomologie und Helminthologie des menschlichen Kœrpers, t. I, p. 23. — Burdach, t. I, p. 39.

Page 1