‹ Hétérogénie: ou traité de la génération spontanéeChapitre 52 sur 56 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Lola de riftétérogénle*

Nous nous bornerons à résumer ici, sous la forme aphoristique, ce que contient cet ouvrage. Cette manière de procéder est suffisamment légitimée par les expériences et les détails si précis, qui se trouvent dans les chapitres précédents. Nous mentionnerons surtout les faits nouveaux auxquels nos expériences ou nos observations ont donné quelque évidence.

Notre théorie de la génération spontanée n'a aucune analogie avec celle des philosophes atomistes de l'antiquité.

Us prétendaient que Tes êtres qui naissaient spon-

(1) Lacaze-Duthiers , Lettre sur les recherches de M. H aime, concernant les générations spontanées. Comptes rendus de l'Acad. des sciences, t. XLVIII, p. H 6. Je sais que l'instrument a existé; mais cela ne prouve nullement qu'il ait jamais pu être adapté aui recherches auxquelles on le destinait. C'est là l'impossibilité.'

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tanément n'étaient que le résultat de la rencontre fortuite des atomes, et que, par l'effet de celle-ci, l'organisme se formait de toutes pièces.

Nous, nous pensons que la force plastique n'engendre jamais que des ovules, et que l'être qui dérive de l'hétérogénie suit ainsi toutes les phases du développement de celui qui provient de la génération normale.

Nous avons vu qu'à une grande majorité, les physiologistes les plus illustres de notre époque admettaient l'existence des générations spontanées (Burdach, Treviranus, Tiedemann, J. Millier, Bérard, Dugès, etc.).

L'hétérogénie ne se manifeste ordinairement que lorsqu'il se rencontre, dans le même milieu, un corps putrescible, de l'eau et de l'air.

La chaleur, la lumière et l'électricité concourent aussi à ce remarquable phénomène.

Le corps putrescible joue le plus important rôle dans la production des organismes spontanés ; cependant, mais rarement, il peut manquer.

L'air est indispensable à la production de l'hétérogénie. Si sa masse est insuffisante ou trop restreinte, lorsque l'on opère à vaisseaux clos, aucun organisme n'apparaît, ou ceux qui se montrent sont de l'ordre le plus infime.

Cependant, l'oxygène a pu parfois être substitué à l'air atmosphérique. Cela est attesté par nos 'expériences (p. 279), et par celles de quelques autres savants (Mantegazza) .

L'eau estleplusindispensableagent de l'hétérogénie. Si elle manque absolument, celle-ci cessedese produire.

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La lumière a une grande influence sur la genèse spontanée : elle l'active manifestement. Cependant, quoiqu'on ait dit le contraire, l'obscurité absolue n'entrave nullement la production des animalcules et des végétaux microscopiques ; nous l'avons prouvé (p. 200) .

La couleur des rayons du spectre solaire a une énorme influence sur l'hétérogéme. Nous avons reconnu que le rayon rouge est le plus favorable au développement des Proto-organismes animaux, et le vert aux végétaux (p. 197).

Nous avons démontré que l'électricité favorisait la genèse spontanée (p. 203).

Les mêmes substances, exposées à divers degrés de chaleur ou éclairées diversement, produisent des animaux et des plantes absolument différents.

Des substances absolument analogues produisent souvent des organismes absolument différents, quoi* que placées dans des conditions identiques» Ainsi, des crânes humains, appartenant à diverses époques historiques, ont produit des animalcules et des plantes

La résistance vitale des Microzoaires est plus considérable qu'on ne l'a pensé.

Contrairement à ce que certains savants ont annoncé, l'absence momentanée de l'air n'a aucune influence sur les Infusoires vivants. Ils résistent , sous la machine pneumatique pendant plusieurs jours, au vide le plus intense (p. i 77).

Lé mercure n'entrave pas la production de ces animaux ; et ses émanations ne semblent nullement agir sur ceux qui sont vivants (p. 209).

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On démontre expérimentalement l'existence des générations spontanées, en prouvant successivement <pf aucun des trois corps au milieu desquels elles se produisent, ne contient de germes organiques.

Le corps solide est si peu le véhicule des germes, qu'on peut le chauffer à une température élevée, et même le réduire en charbon , sans entraver la genèse spontanée (Spallanzani, p. 225).

L'eau n'est pas le véhicule des germes puisque nos expériences ont démontré qu'il se produisait des animaux et des plantes variés, dans de l'eau artificielle (p. 235) ; d'autres expérimentateurs l'ont également fait (Mantegazza). '

L'air atmosphérique ne peut pas être considéré davantage comme contenant ces germes introuvables, puisque, dans nos expériences, nous avons vu des organismes végétaux et animaux se produire dans d'autres gaz (p. 279).

Puisque, par voie d'exclusion, on est forcé de reconnaître que ces germes ne résident nullement, ni dans le corps putrescible, ni dans l'eau, ni dans l'air, il faat donc conséquemment que les organismes naissent spontanément sous l'influence simultanée de ces trois corps. C'est ce que prouvent aussi nos nombreuses expériences (chap. iv).

L'air a été le dernier refuge des panspermistes. Ne pouvant rationnellement confier le rôle de disséminateur général à l'eau ou au corps solide, l'atmosphère, qui se prêtait mieux aux caprices de l'imagination, a été Considérée par eux comme le réceptacle universel des germes.

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La raison et l'expérience renversent encore de fond en comble cette prétention.

Si l'air contenait tous les spores et les œufs indispensables pour expliquer les organismes que Ton voit incessamment surgir partout et dans tout, il en serait absolument et inutilement encombré. La raison se révolte contre une semblable prétention (Comp. p. 243).

Par l'expérience directe, nous avons prouvé que ces germes n'y existaient qu'accidentellement et en quantité insignifiante (p. 439).

Des vases mis en contact avec d'immenses masses d'air, à l'aide de machines puissantes, n'ont pas été plus féconds en animalcules ou en végétaux, que ceux qui n'étaient entourés que d'un litre d'air (p. 287).

De l'eau dans laquelle, à l'aide d'un aspirateur, on fit passer un volume d'air énorme, ne présenta aucun œuf d'animalcule, aucun spore de plante. Gomme on connaît les œufs de certains animalcules, et les spores des végétaux microscopiques, si l'air en était le véhicule, ils n'échapperaient pas au micrographe.

L'analyse microscopique de l'air nous a prouvé, elle-même, que celui-ci n'était nullement le réceptacle des œufs ou des spores des animaux et des plantes (p. 432).

Plusieurs micrographes, il est vrai, avaient considéré comme des œufs aériens, quelques corpuscules qui en ont en effet l'apparence.

Nous avons prouvé que ceux-ci n'étaient que des grains de silice infiniment petits, et paraissant oviformes; ou des grains de fécule, substance que nous

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avons reconnue exister dans l'air en quantité notable, tantôt avec ses caractères normaux et tantôt colorée en bleu (p. 437 et 439).

L'air est si peu le véhicule des germes, que, dans nos expériences à vases clos, nous lui avons substitué soit de l'air artificiel produit dans nos laboratoires, soit de l'oxygène, et que nous n'en avons pas moins vu nos matras se remplir d'animalcules et de végétaux microscopiques, dont quelques-uns étaient même absolument inconnus aux naturalistes (p. 276 et 279). D'autres savants ont fait des expériences analogues et ont obtenu de semblables résultats (Mantegazza).

L'air calciné, qui a traversé plusieurs fois un tube de porcelaine chauffé au rouge, produit aussi des organismes (Ingen-housz).

Dans nos expériences, l'air calciné et l'air qui a été lavé dans de l'acide sulfurique concentré, n'en ont pas moins produit d'abondants végétaux cryptogamiques (p. 256).

Enfin, dans des préparations disposées concentra quement ou abritées diversement , nous avons vu les organismes abonder dans certaines régions des appareils et manquer dans d'autres, ce qui n'aurait pu avoir lieu si l'air était ledisséminateur des germes (p. 610).

Les antagonistes de l'hétérogénie ne lui ont jamais opposé que deux expériences : celle de Schultze et celle de Schwann.

Nous avons démontré que ces expériences devaient être considérées comme tout à fait nulles, car dans nos mains elles ont donné des résultats absolument opposés.

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L'expérience de Schultze, qui consiste à laver dans de l'acide sulfurique, l'air qui rentre dans les vases, répétée par nous et avec des procédés bien plus sévères que ceux de son auteur, nous a donné des résultats positifs. Nous avons presque constamment vu des animaux et des plantes microscopiques, se produire dans les ballons, après un certain nombre de jours (p. 256 et 616).

L'expérience de Schwann, dans laquelle on calcine l'air dans des tubes portés à la température rouge, a également, dans nos mains, donné des résultats positifs. D'autres expérimentateurs, nous venons de le dire, ont aussi réussi dans ces circonstances (Ingen-housz).

Les phénomènes de genèse spontanée sont toujours précédés de phénomènes de catalyse (p. 337),

Après ces, phénomènes de désorganisation, apparaissent les phénomènes de réorganisation.

Le premier phénomène génésique est la formation d'une pellicule proligère, qui, dans la génération spontanée, représente exactement l'ovaire de la génération normale (p. 352).

Nous avons démontré que cette pellicule était formée par les cadavres d'animalcules de l'ordre le plus infime. L'observation directe n'a pu rien encore nous révéler sur leur origine, tant est grande la ténuité de ces organismes.

Si la première apparition spontanée échappe à l'imperfection de nos sens et de nos instruments, il n'en est pas de même de la seconde, c'est-à-dire des animalcules qui se forment spontanément à leur tour à même les débris de ceux qui les ont précédés (p. 363).

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Les phénomènes génésiques secondaires consistent en la formation des premiers linéaments de l'ovule spontané, à même les molécules organiques de la membrane proligère.

L'observation attentive peut, à ce moment, suivre dans ses plus ardus détails, le groupement des granules vitellins (p. 263).

Bientôt après, on voit apparaître les enveloppes de l'œuf, et enfin l'embryon qu'on discerne à travers celles-çi par les premiers battements de l'organe circulatoire (p. 380).

On voit donc que, d'après nous, la genèse primaire suit les mêmes procédés que la génération normale, et que, comme nous le répétons, nos idées à ce sujet diffèrent fondamentalement de celles des physiciens atomistes de l'antiquité et de leurs modernes imita- . teurs; puisque, d'après ce qui précède, l'hélérogénie ne produit pas d'organismes de toutes pièces, mais seulemertt des ovules spontanés dans une membrane proligère, analogue à un ovaire, et sous l'empire des mêmes forces.

On a prétendu que la température de 100% dans quelques-unes de nos expériences, avait pu être insuffisante pour tuer les germes, parce que certains animaux résistaient à 120 degrés et plus.

J'ai réfuté cette allégation, soit à l'aide d'expériences dans lesquelles le corps solide fut chauffé à 200 et 300°, et dans lesquelles on n'en vit pas moins se produire des animalcules ; soit en prouvant, par des expériences directes et multipliées, qu'il est absolument faux que des animaux résistent à la température de

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100°. D'autres expérimentateurs sont arrivés aux mêmes conclusions que moi (p. 122).

La géologie fournit d'abondants documents en faveur des générations spontanées; elle démontre que les soulèvements ayant été successifs, les créations ont dû nécessairement suivre la même marche.

L'helminthologie apporte aussi d'évidentes preuves à l'hétérogénie :

Les savants qui ont étudié avec le plus de profondeur l'histoire des vers intestinaux sont presque unanimes sur ce point.

Selon eux, ainsi que selon divers physiologistes, la génération spontanée est seule capable d'expliquer l'apparition de certains Entozoaires (Retzius, Link, Cooper, Rudolphi, Bremser, Tiedemann, Burdach, Bérard, Dugès).

La théorie des migrations des helminthes, émise récemment par quelques zoologistes, est encore loin d'être démontrée positivement. Ses fauteurs sont eux-mêmes en désaccord absolu sur beaucoup de points; et à l'égard de plusieurs autres, leurs expériences sont absolument nulles.

Le règne végétal, lui-même, nous offre d'amples preuves en faveur de l'hétérogénie.

Les expériences à vaisseaux clos, conduites avec discernement et exécutées avec beaucoup plus de rigueur qu'on ne l'a fait jusqu'alors, donnent ^presque constamment une abondante végétation cryptogamique (p. 612).

En simplifiant l'expérience de Schultze, et en se contentant de laisser seulement entrer l'air dans les

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ballons, à travers notre double tube laveur perpendiculaire, sans le renouveler, l'expérience réussit parfaitement (p. 616).

Parmi ces expériences, celle dans laquelle on a vu l'algue de la levûre de bière se développer en abandance dans un liquide absolument soustrait au contact de Pair, et qui avait subi une ébullition de six heures, nous paraît surtout à l'abri de toute objection, et prouver sans réplique l'hétérogénie végétale (p. 629).

Les expériences à ciel ouvert, interprétées avec discernement, ne nous ont pas paru moins démonstratives que les autres. Elles ont sur elles un avantage, c'est que les agents n'étant point violentés par les opérations préparatoires, et mis dans des conditions où la vie est gênée ou impossible, la force plastique s'y manifeste sans entrave. * ,

Ainsi, nous avons vu la genèse spontanée suivre en quelque sorle les caprices de l'expérimentateur, et se produire sur les endroits où sa main, sur un sol préparé, traçait des caractères variés à l'aide d'une combinaison absolument insolite (p. 608).

Nous avons eu l'occasion de reconnaître que la dissémination végétale, quoique étant un fait bien positif, av^it cependant une moindre extension que celle qu'on lui accorde généralement, et qu'elle était absolument impuissante pour expliquer l'apparition d'une foule de végétaux .

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