XXX ACADÉMIE DE ROUEN
nos confrères qui a fait de sa maison un musée pour donner un aliment quotidien à un goût formé par de longues études, « la figure de saint Clément s'impose à notre examen attentif, par la frappante expression des deux sentiments qui élèvent Thonmie au-dessus de lui-même, l'exaltation de la foi et le mépris de la mort. Sa sérénité n'est pas altérée par la présence du patricien consulaire et des sacrificateurs des faux dieux envoyés par l'empereur Trajan pour le supplicier. » — L'âme du martyr, dégagée de ses liens terrestres, a déjà pris son essor vers le ciel.
Après avoir assisté à ce spectacle émouvant, vous ne serez point surpris si vous apprenez que le prêtre païen et les bourreaux, dévorés de remords, ont couru aux catacombes pour y être purifiés par l'eau du baptême. Le Chrétien n'a jamais proféré une imprécation adjurant ses os d'enfanter un vengeur. La vengeance des confesseurs crucifiés ou jetés aux lions, était le pardon envoyé aux persécuteurs qu'ils exhortaient au repentir, et dont ils ouvraient l'âme à la lumière. -^ Tous les glaives viendront s'émousser sur le bouclier de la Croix.
Les personnages secondaires sont d'un dessin correct, bien posés et défieraient la critique, si quelques raccourcis n'étaient pas un peu forcés, tout en ayant le mérite d'une grande difficulté vaincue. Les anges n'ont-ils pas des proportions qui nuisent à l'har-
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CONCOURS DE 1875. UXI
monie générale?... Passons rapidement sur ces critiques légères. Nous ne les avons faites peut-être^ que pour maintenir notre droit de juger?
Quant à la couleur, comme elle est la même dans, les deux compositions, nous réservons notre avis, pour la fin.
Affirmerons-nous que le Martyre de saint Clément est un tableau parfait? Non. — Mais c'est la créa^ tion d'un peintre qui a le sentiment du beau et da l'idéal.
Le beau, l'idéal ! quels mots je viens de prononcer t Les réalistes n'ont jamais ressenti l'enchantement da ces mois magiques. — Quelles perspectives noua
sont ouvertes! Je ne résiste pas à la tentatioi\
de m'aventurer dans le champ radieux de Festhé-» tique, avec l'espoir de vous y entraîner, en rappe-^ lant ces belles paroles de M. Guizot : « Les intérêts privés, les questions politiques, les problèmes philo -< sophiques divisent profondénient et mettent aux prises les hommes : en dehors et au-dessus de toute» ces divisions, le goût du beau dans les arts les rap-i proche et les unit. »
Sans avoir suivi la marche, les évolutions, lea progrès parfois ralentis du génie humain, personne n'ignore qu'il y a, dans le domaine du]monde intek
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