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IXXII ACADÉMIE DE ROUEN

lectuel, depuis plus de vingt siècles, deux écoles qui diyisent les esprits, celle de Platon et celle d'Ëpicure. — D'un.côté rame, Tidée; de l'autre, la plastique et les témérités de l'empirisme. -7 C'est le champ de bataille où se livrent à leur lutte incessante les deux instincts contraires de notre nature, l'un qui nous porte à la poésie, à la région des mirages de llnTmi ; l'autre qui nous pousse vers les pentes où nous attendent, sous des fleurs aux parfums mortels, les pièges du plaisir. — L'homme est la proie de cette antinomie.

Pour l'honneur de la dignité humaine, le sensualisme, épuisé par des efforts fiévreux, n'aboutit qu'à l'impuissance, à la tristesse, souvent au désespoir. Les disciples de l'école platonicienne n'aspirent pas avec plus de certitude à la possession d'un bonheur paisible; car c'est le secret tourment des intelligences d'élite, de celles que la Muse a touchées, lors même qu'elles parviennent à entrevoir quelques rayons des lueurs célestes, de ressentir aussi, plus vivement que le commun des hommes, l'amertume des déceptions; mais cette nostalgie mystique de l'âme, plus noble que les tortures de Prométhée,

leur est chère Joie douloureuse, mais qui n'en

est pas moins une joie, pleine, il est vrai, d'agitations et d'inquiétudes qui nous rapetissent par le souvenir de notre faiblesse originelle, mais qui en même temps portent le sceau de la Rédemption , si on observe à quelles profondeurs la pensée de

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CONCOURS DE iSlo. XXXîII

Thomme peut pénétrer et sur quels sommets elle peut planer.

Si ces vérités ont illuminé les sages qui dissertaient sur l'immortalité ^de Tâme dans les jardins d'Académus, combien sont-elles plus saisissantes depuis que le christianisme est venu agrandir les ailed de l'idéal!

Yoilà pourquoi l'art chrétien, quand il a eu des révélateurs dignes de lui, nous offre des beautés que le monde païen n'a pas connues : cela est manifeste dans les maîtres du xvi* siècle, qui, ayant encore sous la main l'antiquité profane, ont trouvé, dans les scènes bibliques, des données plus abondante8, et surtout plus graves que dans les fables de l'Étrurie ou de l'hellénisme, de l'Inde, ou de la terre des Pharaons. Quant aux splendeurs que les arts peuvent emprunter à la pompe des cérémonies du catholicisme, c'est une assertion que les sceptiques les plus errants, que les matérialistes les plus endurcis n'oseront pas combattre. — Ah! ne nous laissons jamais séduire ou égarer par les disciples de Spinoza et de Bentham, qui, dans l'audace effrayante de leurs négations, pour arranger le monde au gré de leurs caprices, ont prononcé contre Dieu une sentence d'exil.

Ils sont rares les peintres complets. Ne demandez peut-être qu'à Nicolas Poussin, notre compatriote, de mettre tour à tour sous nos yeux le Ravissement de saint Paul, Eudamidas mourant, et la Métamor-

Digiti;

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