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A L'ACADÉMIE DE ROUEN. UI

me soutieDdsroiit pour prendre, dans la mesure de mes forces, ma part des travaux par lesquels Toua continuez vos prédécesseurs, dont vous agrandissez chaque jour le briUant et solide héritage.

D'autres ont célébré avant moi, avec une éloqueofie que je ne parviendrai jamais à égaler, les avantages que font rayonner autour d'elles les institutions académiques semblables à la vôtre. Montesquieu, il y a cent cinquante ans, disait à l'Académie de Bor-* deaux : n Non, il ne faut pas croire que la place que « nous occupons soit un lieu de tranquillité ; nous 4( n'acquérons par nos travaux que le droit de tra- « vailler davantage. Il n'y a que les dieux qui aient ju le privilège de se reposer sur le Parnasse. »

Vous avez. Messieurs, plus d'un point de ressem- Uanee avec l'Académie à laquelle l'auteur de V Esprit des lois se glorifiait d'appartenir, et je n'étonnerai personne en vous appliquant cet autre passage du discours qui m'a fourni une première citation : « Qu'on se défasse surtout de ce préjugé que la pro- « vince n'est point en état de perfectionner les o :Sciences, et que ce n'est que dans les capitales que

a les académies peuvent fleurir Ces grands

« hommes dont on veut nous empêcher de suivre « les traces ont^ils d'autres yeux que nous? Ont^ls « d'autres terres à considérer? Sont-ils dans des coa- « trées plus heureuses ? Ont-ils une lumière particu*^ « lière pour les éclairer? La mer aurait-elle pour eux c( moins d'abîmes? La nature est-elle leur mère et

Digiti;

Vf DISCOURS DE RÉCEPTION

a notre marâtre, pour se dérober plutôt à nos re- « cherches qu'aux leurs?»

Votre éloge, vous le voyez, a été fait depuis longtemps. D'autres le feront encore après moi, et y trouveront un enseignement qui joindrait à son utilité . la séduction si tous les orateurs étaient poètes. Vous en avez vu, l'année dernière, un exemple plus facile à louer qu'à imiter^ et qui nous a rappelé ce vers charmant :

Quidquid tentabam scribef^e, versus erat.

J'ai trouvé sans effort, dans mon cœur, les pre<« mières lignes de ce discours. Abordant, pour obéir à vos traditions, un autre ordre d'idées, j'ai maintenant à vous présenter un travail fait exprès pour vous, et non encore publié. Pour l'accomplissement de ce devoir, j'ai demandé une inspiration à ce conseil que nous donne Horace de mesurer nousmêmes, avant de rien entreprendre, la portée de nos forces.

Vos moments étant comptés, je me bornerai à l'esquisse d'un sujet que je me propose de traiter ultérieurement d'une façon plus complète pour le déposer dans vos archives, où vous pourrez le consulter si vous y trouvez de l'intérêt, et que vous laisserez dormir dans la poussière si ses développements vous paraissent sans attrait. Obligé de me restreindre, je me rappellerai cette maxime d'un sage : a Rien de trop. )) Ne quid nimis.

Digiti;

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