UNE ÉLECTION ROYALE A VARSOVIE
Même aujourd'hui, Messieurs, après un si long intervalle, il est curieux encore de se rappeler quelle était la constitution de l'ancien ]*oyaume de Pologne, ou de la République polonaise, ce mot république étant pris dans le sens rigoureux de son étymologie latine.
Sans doute, des compétitions ardentes s'élevaient entre lès intérêts rivaux lorsqu'il y avait un roi à élire; mais quel magnifique et imposant spectacle que ces cent mille gentilshommes à l'aspect martial, couverts d'armures dont les lames d'acier étincelaient au soleil, ou d'habits chamarrés, arrivant sous les murs de Varsovie avec les étendards blasonnés des palatinats, parcourant au galop de leurs coursiers la plaine de Wola, enivrés des souvenirs de la gloire nationale; se racontant, aux feux du bivouac, leurs exploits contre les Russiens, les chevaliers Teutoniques ou le Turc, et recevant ensuite, sous leurs tentes, les ambassadeurs des princes qui sollicitaient leurs suifrages. — Pour compléter ce brillant tableau par un contraste singulier, ceux des nobles auxquels leur pauvreté a interdit l'achat d'un cheval et d'un sabre se tiennent derrière les cavaliers, à pied et armés de faux, dans une attitude aussi fière qu'un Sapieha, un Jablonowski, ou un Radziwil, ayant les mêmes droits. — Pendant ces préliminaires de l'élection,
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