XL ACADÉMIE DE ROUEN
empereur fit, avec les chrétiens, des flambeaux vivants pour ses fêtes.
Examinons rexécution.
En portant tour à tour ses regards sur le Martyre de saint Clément et sur le Couronnement de Henri IT, on voit aussitôt que les deux œuvres sont sœurs.
Pour les plus exigeants, disons tout de suite que les restrictions déjà faites pourraient être ici renouvelées; mais pour satisfaire- à leurtou» ceux qui, comme nous, sont disposés à la bienveillance plutôt qu'aux jugements rigoureux, n'hésitons pas aussi à reconnaître, dans le second tableau, les mêmes mérites : noble attitude des principaux personnages, les autres offrant des diversités de pose et de caractère qui concourent à Tefifet d'ensemble. — Dans le pape, un peu de raideur s'explique par le poids des insignes pontificaux et par les soucis du pasteur qui a charge d'âmes.
L'empereur porte l'auréole du nimbe, attribut des saints, avec l'humilité que commande la soumission des grandeurs terrestres au Vicaire de Jésus-Christ; mais cette humilité, un peu hautaine, n'est point incompatible avec le souvenir de ses victoires, la conscience des services rendus et le sentiment de sa dignité. La tête, régulière et énergique, est celle d'un jeune chef militaire, sans exclure la candeur du chrétien qui, sous le globe impérid, aspire aux austéiités du cloître.
Digiti;
CONCOURS DE 1875. XLl
Voilà Tunion du pape et de Tempereur à tout jamais affermie pour le triomphe de la foi et le repos du monde. Qui eût pu prévoir alors la querelle des Investitures et les terribles démêlés du Sacerdoce et de l'Empire ! Ne vous étonnez donc pas si la figure du souverain pontife est rajeunie par une satisfaction transmise à tous les assistants sous un ciel sans nuage.
Quelques détails sont d'une délicate finesse, comme par exemple cette femme vue à mi-corps, dont la: jolie tête oppose le contraste de son sourire mondain au recueillement de Timpératrice.
Les draperies sont traitées avec ampleur, sansque l'exactitude historique ait été méconnue.
Nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de reprocher à l'une ou à l'autre des deux compositions le ton calme de la couleur ; car l'artiste a sciemment estompé l'éclat de sa palette, afin d'obtenir l'effet particulier qui convient aux fresques et aux peintures murales. — « Avec la peinture murale, » dit judicieusement Théophile Gautier, « tous les petits mérites de clair-obscur, de transparence et de touche disparaissent; une belle ordonnance, un grand style, une couleur simple et mate, voilà ce qu'elle exige, o Telles sont les qualités dont l'Académie a reconnu, sinon l'épanouissement complet, au moins la recherche poursuivie avec un très-louable'effort, dans les deux tableaux dont nous venons de parler. Le talent