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Général Pelet, t. lY

2. Nos anciennes annales militaires n'offrent que ce seul exemple d'un pareil malheur. Les Anglais en ont subi plusieurs ; pour les rendre modestes, nous leur rappellerons : la capitulation d'Almanza (25 avril 1707); celle de Stanhope avec 5,000 hommes à Brihuega, le 9 décembre 1710, la veille de Villa-Viciosa ; celle du duc de Cumberland (1757) ; celle du duc d'Yorck (1799). — Quant aux impériaux, si nous voulions faire des citations, nous n'aurions que l'embarras du choix. Une seule suffira : Ulm, 1805.

Nous avons déjà dit notre pensée sur les événements de 1870- 1871. Nous maintenons que Strasbourg, Metz et Paris n'ont pas été défendus. Les Prussiens ne nous ont rien pris; les vertus guerrières leur sont tellement inconnues qu'ils ont ménagé une ovation, en Allemagne, à l'homme qui leur a livré Metz.

Digiti;

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comme M. Michelet) en brûlant son drapeau. Tallard, pendant ce temps-là, courait de tous côtés pour donner des ordres, pleurait son armée prisonnière, recevait dans ses bras son fils tué par une balle, et se faisait prendre par un escadron hessois. — Le prince de Hesse fut assez peu généreux j[)our lui dire : «Monsieur le maréchal, c'est la revanche de Spire.» La gauche conservait encore l'avantage sur Eugène et soutenait vers Lutzingen un combat acharné. Mais rélecteur et Marsin, lorsqu'ils apprirent la capitulation et la prise de Tallard, se virent menacés d'être accablés et coupés de Dillingen. Ils furent contraints de se retirer, et ils en donnèrent l'ordre. Ce ne fut pas, hélas ! une retraite qui eut lieu alors, mais une affreuse déroute. Un grand nombre de nos malheureux soldats trouvèrent la mort dans le Danube. L'armée ne se rallia que sur la rive gauche du Rhin! Landau et Trarbach furent de nouveau perdus; les coalisés campèrent en Alsace. Il était facile, en réunissant les débris de l'armée, de forcer l'ennemi à descendre le Rhin jusqu'à Mayence, d'empêcher le siège de Landau en se plaçant derrière la Kreith , la Lauter et la Sarre , et ainsi de couvrir l'Alsace ; mais on ne fit rien de tout cela. Il faut du courage pour s'arrêter à ces douloureux souvenirs, il nous en faudra beaucoup encore pour raconter nos autres malheurs; mais, suivant la belle parole de Bossuet, faisons cet effort sur notre douleur î La France est assez riche de gloire pour ne point pâlir au récit de cette journée désastreuse. Acceptons les enseignements qu'elle nous offre.

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Gonsolons-nous en pensant que quelques officiers indignes signèrent seuls la capitulation, pendant que les trois quarts de l'armée se battaient encore avec fureur, et que les vieilles bandes enfermées dans Blenheim frémissaient d'indignation.

Louis XIV^ après avoir sévi contre les plus coupables, défendit de prononcer le nom d'Hochstsedt, et continua les fêtes que l'on donnait à l'occasion de la naissance du duc de Bretagne. Mais il commençait l'expiation de ses longues prospérités.

Une attaque de ' la flotte alliée sur Barcelone échoua ; mais les Anglais, par une surprise hardie, s'emparèrent pour leur propre compte de Gibraltar. Le comte de Toulouse figura honorablement dans la lutte maritime (Velez-Malaga, 24 août); mais la clef de la Méditerranée resta entre les mains de nos ennemis. Dieu sait quand on pourra la leur arracher *. "^

i. Nous avons tous entendu dire souvent que certaines places, telles que Gibraltar et Malte, par exemple, étaient imprenables. Cependant on les a prises, et leur possession n'a pas coûté à l'Angleterre de grands sacrifices, tandis qu'il a fallu, parfois, verser des flots de sang pour occuper les ruines d'une misérable bicoque. Le bonheur, l'audace et l'imprévu ont, de tout temps, joué un grand rôle à la guerre. N*a-t-on pas vu, en 1795^ la cavalerie de Pichegru s'élancer au galop sur des vaisseaux de guerre hollandais, et s'en emparer? En 1806^ les hussards de Lasalle prirent Stettin, que défendaient six mille hommes et cent soixante pièces de canon ! Ne dites donc jamais qu'une place est imprenable. — Après la prise de Stettin, Napoléon écrivit à Murât : « Puisque vos hussards prennent « des places fortes, je n'ai plus qu'à licencier mon corps du génie « et à faire fondre ma grosse artillerie. »

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BAMUUES — TURIH — STOLHOFPEN — ALMANZA (1706-1707)

Louis XIY, en donnant ses instructiohs au duc de Vîlleroi pour la campagne de 1706, lui dit qu'il fallait prendre Leau (Leewe), et risquer une bataille en Flandre; mais il lui prescrivit d'attendre le maréchal de Marsin, qui devait le rejoindre avec i8 ba-taillons et 60 escadrons. Le général en chef de Tannée des Pays-Bas, après avoir reçu les félicitations de toute la cour sur ses prochains succès *, partit avec le dessein bien arrêté de ne partager sa gloire avec personne, et aussi sûr de vaincre que le seigneur Itobad au tournoi de Babylone. — Remarquons que, pour cette année, le roi ordonna au duc de Villars de conserver en Alsace une attitude presque entièrement défensive; il était impossible de pousser plus loin l'aveuglement. M. de Ghamillart, en vérité, aurait bien fait de rester à l'économat de Saint-Gyr, et de ne pas ambitionner d'autre gloire que celle du billard.

Le duc de Marlborough, suivant son habitude, ne laissa pas pénétrer ses projets. Sur ces entrefaites, on apprit la victoire de Vendôme à Galcinato, et la prise du Mont-Juich ; heureux présage pour l'année

1. Le duc de Duras, seul, ne fît pas sa partie dans ce concert général d'adulations qui s'adressaient au choix du maître, et dit au futur triomphateur : « Mes compliments ne sont que différés, monsieur le maréchal, je les garde pour votre retour ». — Il en fut dispensé.

qui commençait. Le général anglais, Tonlant à la fois sauver Leau et agir lui-même contre Louvain, manœuvra dans ce but. Le i9 mai, Yilleroî, ayant été rejoint par le duc de Bavière, alla camper à Yîssenaecken-Saint-Pierre, entre la grande Gette et la Yelpe, attendant les autres corps qui devaient le rejoindre, mais leur faisant dire de ne pas se presser. Marlborough, arrivé à Tongres le 15, résolut d'agir avant la concentration de nos troupes. Le 21, toute Tannée des alliés se trouva réunie comme par enchantement.

Le maréchal, dans la journée du 23, marchait encore à l'aventure, lorsque, à deux heures de l'après-midi, en arrivant sur la hauteur de Ramillies, il aperçut les têtes de colonnes de Marlborough qui se dirigeaient vers Boneffe. Il se mit aussitôt en bataille, appuyant sa droite à la tombe d'Hottomont, et sa gauche à Autre-Eglise. Il occupa Ramillies et Offiez. Le front de l'armée n'avait pas moins de seize kilomètres. Point de réserve. — L'Anglais se déploya entre Foulz et Franquenée, avec une forte réserve à Jandrenouille derrière son centre; disposition excellente, car sa droite était garantie par Jauche et par le ruisseau de Frambois, sa gauche par la Méhaîgue et Boneffe. Les deux armées avaient à peu près le même nombre de combattants, environ 80 bataillons et 125 escadrons. Le premier choc eut lieu à quatre heures , vers Autre-Eglise. Marlborough exécuta une manœuvre semblable à celle de Blenheîm; à cinq heures, il était victorieux. Toute la Flandre fut perdue.

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Le maréchal, suivant le marquis de Feuquières, commît six fautes, dont une seule eût suffi pour faire perdre la bataille. La première fut de ranger une grande partie de sa cavalerie derrière un marais qui paralysait son action; la deuxième, l'isolement de Ramillies qu'il ne sut pas utiliser; la troisième, l'abandon des villages dont il était maître ; la quatrième, le placement des bagages au milieu de ses troupes; la cinquième, une trop grande distance entre les deux lignes; la sixième, de n'avoir pas, malgré l'avis de M. de Gassîon et de plusieurs officiers généraux, renforcé sa droite et son centre, au moment où l'attaque conmiença. — « Marlborough, i( dit Voltaire, trouva ses ennemis rangés en ba- « taille comme il les eût voulu poster lui-même pour « vaincre. » Le duc de Villeroi fut définitivement disgracié. Il l'avait bien gagné. — Dans son désespoir, il resta cinq jours sans avoir la force d'annoncer son malheur à Versailles. L'opinion publique fut si sévère à son égard qu'il devint impossible de le placer de nouveau à la tête d'une armée ; mais sa disgrâce fut douce, comme le prouvent ces paroles, qui sont plutôt une consolation qu'un reproche : « Monsieur le maréchal, on n'est plus heureux à notre âge. » Le roi apprit presque en même temps la défaite de Ramillies et la levée du siège de Barcelone; et au mois de septembre, la perte de la bataille de Turin, que Voltaire, dit le colonel Rocquancourt, a décrite en homme de guerre.

Turin rappelle la présomption du duc de La Feuillade (gendre du ministre Chamillart), la mort du . maréchal (Je Marsîn, et la plus belle page de la vie du duc d'Orléans.

Louis d'Aubusson, duc de Là FeuîUade, pair et maréchal de France ^, avec une naissance illustre, une bravoure chevaleresque, et sa bouillante ardeur, n'en a pas moins laissé, pour une seule faute de sa vie, un nom tristement légendaire. Soyons équitables, et ne nous bornons'pas à ne voir en lui qu'un inepte favori, portant au milieu des armées la mollesse et la morgue si communes parmi les gens de cour. On doit lui reprocher, sans doute, sa présomption, son dédain pour les services de Vauban, et la lettre dans laquelle, repoussant les conseils du plus célèbre ingénieur de l'Europ^ il écrivit cette phrase que tous les historiens ont reproduite : a Tes* père prendre Turin à la Cohorn. » Mais il fit, avant ce malheureux siège de Turin, plusieurs belles campagnes en Savoie et en Piémont. En 1704, il prit la ville et le château du Suse, ce qui mit entre ses mains, avec les deux routes du mont Cenis et du mont Genèvre, la clef de l'Italie de ce côté. Après avoir soumis tous les pays accidentés qui sillonnent les vallées de Saint-Martin, de la Pérouse, de Saint- Germain et d'Angrogne, il pénétra dans le val

1. Fils du premier maréchal de ce nom, qui fit élever^ «ir la place des Victoires^ la statue équestre de Louis XTV.

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d'Aoste, força la Tuile, se rendit maître de la côte d'Aoste, et se jeta audacieusement entre le Piémont et la Suisse. Le 7 février 47(}5, il force Villefranche, et y fait admirer son humanité, après sa bravoure. Les forts de Santo-Ospetio et de Mont-Alban ne lui résistent pas. Nice est enlevée. Les Piémontais et les Allemands sont culbutés à Setto, et le duc de Savoie, chassé de Chivas, ne trouve de sûreté que dans la citadelle de Turin. Des libellistes du temps ont répandu le bruit, et sont même parvenus à l'aocréditer, que le duc de La Feuillade ne voulut pas prendre Turin, et qu'il avait, avant de quitter Versailles, promis secrètement à la duchesse de Bourgogne de ne point entrer en vainqueur dans la capitale de son père. Cette calomnie absurde prouve à quel point la haine a parfois égaré les ennemis de Louis XIV, dont on ne parle, même encore aujourd'hui, qu'avec passion, ce qui est peut-être la preuve la plus certaine de la grandeur de ce prince, et de son temps; car les hommes médiocres et les petites choses ne suscitent pas les admirateurs et les détracteurs passionnés.

A propos de Turin, parlons aussi de ce pauvre duc d'Orléans, si outrageusement'traîné sur la claie aux gémonies de l'histoire. Tacite se plaignait déjà, il y a près de deux mille ans, en conopnençant les Anna-les, de voir les écrivains altérer les faits, par peur pendant la vie des princes, et plus tard par des haines récentes. Il en est encore ainsi de nos jours. On a tant insulté le Régent, qu'il est bien permis de rappeler les faits qui l'honorent. — Ses ennemis eux-

mêmes n'ont jamais nié qu'il reçut du ciel les dons les plus précieux du cœur et de Tesprit, l'élégance du geste et de la parole, le courage, l'amour du savoir, l'ambition de se distinguer, la beauté commune à presque tous les princes de sa race, l'attitude noble, la bouche cordiale, le sourire bienveillant, et l'éclair du regard. On pouvait tout espérer de cette riche nature. Sa vie peut-être eût été tout autre, s'il eût conservé son premier précepteur, le vertueux abbé de Saint-Laurent (l'ami de Bossuet), dont Racine le fils a raconté la mort dans une lettre pathétique. Mais après ce malheur, son père, homme insouciant, adonné à des goûts frivolesj confia la di- ,rection de son enfance h, l'abbé Dubois, dont on n'a pas loué les mœurs. A dix-sept ans, il fît ses premières armes au siège de Mons (1691), et s'y distingua. La source de ses dérèglements et de ses malheurs fut peut>être aussi le mariage qu'on lui fit contracter, lorsqu'il entrait à peine dans sa dix-neuvième année, avec une femme incapable de le captiver, qu'il ne pouvait pas aimer, qu'il n'aima jamais, à cause du vice dont sa naissance était entachée ^

L'antipathie conjugale, l'âpreté germanique d'une mère qui lui reprochait sans cesse sa mésalliance, l'impressionnabilité des sens, les séductions qui l'assaillirent sans qu'il se donnât la peine de les chercher, les rechutes qu'entraîne toujours une première faute, le besoin de s'étourdir pour ne pas entendre la Toix de la calomnie ; enfin cette espèce de déû qu'on

1. Mademoiselle de Blois, fille naturelle du roi et de madame de MonteBpau.

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jette à la pudeur et à l'honnêteté publiques, quand une fois on les a transgressées, et qu'on a provoqué leur sévérité ; mille causes, comme on le voit, contribuèrent à jeter le jeune Philippe dans les écarts. Mais il rechercha, tant qu'il put, les émotions du champ de bataille. Le feu purifie. De tous les Bourbons, ce fut, sans contredit, celui qui sentit couler le plus chaudement dans ses veines le sang de Henri lY. Il se plaisait au bruit des balles, comme on le vit à Steinkerque, à Nerweinde, en Italie et en Espagne. Il commanda, en 1706, l'armée d'Italie avec une grande distinction.

Devant Turin, il montra les qualités d'un véritable honmie de guerre. Il ne négligea rien pour prouver au duc de La Feuillade qu'il était contraire aux règles de l'art de ne pas compléter l'investissement, et d'aller se heurter de front contre les redans d'une des plus fortes citadelles de l'Europe. Le présomptueux général en chef n'écouta pas la voix de ce jeune conseiller qui alliait à la bravoure tant de sagesse ; et il Consuma son armée en attaques impétueuses, mais inutiles, contre un ennemi qui recevait sans cesse des munitions et des hommes pour réparer ses pertes. La désunion survint entre les chefs, la maladie parmi les soldats; le découragement, la nostalgie et les murmures dans tous les rangs ; tandis que les ennemis relevaient chaque jour les brèches faites la veille à leurs remparts, s'excitaient entre eux à la défense de la patrie, et comptaient sur l'arrivée prochaine du prince Eugène de Savoie pour les dégager. Le siège traînant en longueur, un conseil de guerre fut

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réuni dans le camp français, et on y agita la question de savoir s'il fallait attendre, dans les lignes de circonvallation, Eugène qui s'avançait au secours des assiégés, ou aller l'attaquer lorsqu'il n'était encore qu'à Veillane. Notez.que, par suite du désaccord en- ' tre nos généraux et de l'absence d'un plan d'ensemble bien combiné, le prince de Savoie avait passé le Pô à la vue de Vendôme, le Tanaro, sans que le duc d'Orléans pût s'y opposer, pris Garpi, Correggio et Reggio, dérobé une marche aux Français, et rejoint, auprès d'Asti', le duc Victor-Amédée qu'on avait laissé sortir de Turin. Plusieurs fois on écrivit au roi pour le prier de trancher les dissentiments ; mais on était à deux cents lieues de Versailles ! Au conseil de guerre assistaient le maréchal de Marsin, le duc de La Feuillade et plusieurs lieutenants-généraux, parmi lesquels les marquis d'Albergoti et de Saint- Frémont. Le prince, avec une lucidité parfaite, une connaissance exacte du terrain et une appréciation juste du caractère des soldats français, exposa la situation : « La défense, suivant lui, était impossible dans une circonvallation de cinq lieues d'étendue, dont un point que l'on pouvait voir n'était garni que par le régiment de la marine, réduit à deux hommes de hauteur, et qui, du reste, n'était pas le plus faible, car plusieurs autres points de la ligne étaient complètement ouverts, faute d'hommes pour les occuper. La Doire, qui traversait le camp, empêchait les divers corps de se secourir mutuellement. C'était le

1. Cette jonction, si fatale pour nous, eut lieu le 29 août, entre Carmagnola et Moncaglieri (Henri Martin).

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cas ou jamais de se rappeler cette maxime da maréchal de Villars : Il est très -dangereux pour les Français d'être attaqués. » Tous les lieutenants-générauX| électrisés par ce conseil à la fois sage et conforme à rhonneur, se rangent du côté du prince, dont la voix vibrante et convaincue trouve écho dans leur cœur. « Alors, le maréchal de Marsin tire de sa poche un ordre du roi, par lequel on devait déférer à son avis en cas d'action, et son avis est de rester dans les lignes^ D. Bientôt, les ennemis passent la Doire, et nos soldats, dont on a paralysé l'élan, voient déboucher les masses austro-piémontaises, qui n'ont pas moins de vingt-cinq hommes de profondeur. Pendant qu'Eugène et Victor-Amédée avancent résolument, les ordres, dans notre camp, se croisent, causent un tumulte difficile à apaiser, et dont les effets sont désastreux, malgré les prodiges d'héroïsme du duc d'Orléans qui se multiplie, anime les troupes par son exemple, pousse son cheval au plus fort de la mêlée, y reste malgré une première blessure, et ne quitte le champ de bataille qu'après avoir été de nouveau et très-grièvement atteint. Les ennemis firent un butin immense. Le maréchal de Marsin expia par une mort glorieuse le conseil pusillanime qu'il avait fait prévaloir. — Telle fut cette nouvelle catastrophe, qui ne devait pas, hélas ! être la dernière. Nous retrouverons plus tard le duc d'Orléans en Espagne, avec une vertu obscurcie par quelques nuages et une ambition imprudente, mais toujours vaillant comme un preux.

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