L'Avenir de la science, préface, p
perverses, et le formulaire des explosifs. On paraîtrait spéculer sur d'atroces coïncidences, si l'on disait que l'avenir de la science sera la fabrication de la dynamite à la portée de tous. Ne lisais-je pas hier, sous la plume de l'interprète le plus avisé des opinions bourgeoises : « Le péril social a commencé du jour où tout le monde a su lire. » Je n'en crois rien. Mais le péril social, qui exista de tout temps, a visiblement augmenté du jour où le peuple a désappris la lecture de certain petit livre, banni de l'école.
La science inductive est-elle le seul instrument de connaissance, la seule créatrice de vérité? Il nous vient des doutes graves à cet égard; nous serions tentés de faire une large place à l'intuition; nous la lui ferions tout au moins dans le domaine moral, où l'intuition s'appelle la conscience. Surtout, nous sommes revenus de l'engouement qui fît voir dans la philologie, et plus généralement dans les recherches d'érudition, d'infaillibles moyens pour déchiffrer tous les rébus de l'histoire. Ici encore, nous donnerions volontiers raison à M. Renan contre M. Renan, aux heures découragées où il s'écrie : « Sciences historiques, petites sciences conjecturales, qui se défont sans cesse après s'être faites, et qu'on négligera dans cent ans M » Nous ne nous sen-