Questions contemporaines, préface, p
dogme établi, qui lui faisait dire : « Nous craindrions de trop fortes unions, car elles nuiraient à la liberté... Pour nous, la division est la condition de la liberté l. » Et ailleurs : « L'unité de croyance, c'est-à-dire le fanatisme, ne renaîtrait dans le monde qu'avec l'ignorance et la crédulité des anciens jours. Mieux vaut un peuple immoral qu'un peuple fanatique; car les masses immorales ne sont pas gênantes, tandis que les masses fanatiques abêtissent le monde, et un monde condamné à la bêtise n'a plus de raison pour que je m'y intéresse : j'aime autant le voir mourir. Supposons les orangers atteints d'une maladie dont on ne puisse les guérir qu'en les empêcbant de produire des oranges. Cela ne vaudrait pas la peine, puisque l'oranger qui ne produit pas d'oranges n'est plus bon à rien 2. » — Ne faudrait-il pas renverser le raisonnement, et dire plutôt que le paradoxal médecin guérissait les orangers en les empêcbant de porter des oranges? Ne le reconnaît-il pas quelques pages plus loin? — « Il est possible que la ruine des croyances idéalistes soit destinée à suivre la ruine des croyances surnaturelles, et qu'un abaissement réel du moral de l'humanité date du jour où elle a vu la réalité des choses. A force de chimères,
i. Questions contempora'uies, l'Avenir religieux des sociétés modernes, p. 352.