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Heures d'insomnie par le C.te L. de Maricourt

Écrites sous le poids d’une douleur personnelle, quelques-unes de ces poésies n’étaient point destinées à voir le jour. Le cri d’un coeur qui se plaint, ne peut trouver d’échos que dans l’âme d’un petit nombre d’amis capables d’apprécier l’étendue de ses regrets. Xes livrer au public, c’est les profaner.

Plus tard, ces lambeaux épars, échappés, avec des larmes, de bien des nuits sans sommeil , sont tombés entre les mains de personnes qui ont bien voulu y prendre un in-

PRÉFACE

térêt que sans doute ils sont loin de mériter. Dans les sentiments qu’ils expriment, elles ont reconnu une marche progressive vers les idées de cette religion sainte , seule puissante pour consoler les chagrins personnels , et pour apporter le remède à ce vide immense de l’âme, malaise inhérent aux époques de transition , et qui pousse à l’affreux suicide. Elles y ont vu un hommage rendu à cette vérité solennelle, et malheureusement trop méconnue.

Elles m’ont conseillé de rendre cet hommage public. J’ai cédé à leurs instances.

Je sais qu’aux jours où nous vivons, quand de graves intérêts politiques absorbent tous les esprits, quand la presse fait pleuvoir, au milieu d’un déluge de productions quotidiennes, de fort beaux vers, qu’on ne lit plus, lancer ceux-ci , qui ne les valent pas, dans ce tourbillon de préoccupations antipoétiques, dans cette fournaise qui dévore tant de pensées, à l'instant même qu’elles sont écloses, peut paraître une inexplicable présomption.

PREFACE

Mais ce sentiment de répugnance qu'on éprouve à la vue d’un recueil de poésies, et qui fait tomber le livre des mains de l’acheteur, et lui fait dire : « Bah! ce ne sont que des vers ! » ne viendrait-il pas d’un abus auquel sont enclins les poètes de nos jours? Le public ne sêrait-il pas las de ces éternels retours sur soi-même, de ces confidences fatigantes, qui, en définitive, ne sont que l’expression de l’égoïsme, coloré du prestige de quelques mots sonores?

J’ai tâché d’éviter cet abus. Malgré la pente naturelle à l’homme qui trouve du plaisir à parler de soi , j’ai mieux aimé parler des autres, et, à l’exception de quelques pages où j’ai laissé exister les traces d’une douleur dont le besoin d’épanchement avait éveillé en moi celui d’écrire, partout j’ai tâché de m’effacer.

Dans mes voyages à l’étranger, je me suis beaucoup mêlé au peuple, dont les traditions ont toujours eu pour moi un grand charme.

J’ai reproduit dans ce livre quelques-unes de

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