VUE EM POSTE
Ce banc au pied d’un hêtre, où le frais et l’ombrage Invitent à poser le bâton de voyage,
Où l’on grave en partant les lettres de son nom.
Voici là-bas à l’horizon ,
Sur la côte verte qui penche ,
• Un sentier qui serpente et tranche Comme une écharpe blanche Flottant sur le gazon.
Sur la pente, une jeune fille Dont la fraîcheur fait la beauté,
Descend en riant , et sautille En jupon écourté.
Sa chevelure à double tresse,
En arrière qui flotte aux vents,
Comme elle ondule et la caresse De ses anneaux mouvants.
Et cette autre, dans l’urne pleine Que sur sa tête tient sa main ,
Rapporte l’eau de la fontaine Qui coule en un tronc de sapin.
Du haut de son rocher, le pâtre Au bord du sentier s’avançant.
Suspend l’air d’un refrain folâtre,
Et lui rit en passant.