VI! K K» POSTE
Un sombre diadème enveloppe sa tète.
Sur ce roi morne et soucieux, Une cime arrondie et blanche Lève ses contours gracieux, Comme une vierge qui se penche Pour l’empêcher de sourciller.
Quand le soleil vient à briller.
Et s’étend sur ce front candide, Il étale le feu splendide De mille diamants.
Pi •ès du sublime groupe,
Des montagnes, la troupe, S’arrondissant en croupe,
Jette ses fondements.
Ces montagnes, moins hautes, Nourrissent sur leurs côtes De mugissants troupeaux, Qu’annonce une clochette Que le soir répète D’échos en échos.
Souvent un monastère, Qu’au-dessus de la terre La religion met,
Dans le sein du silence , Plus près du ciel s’élance Au-dessus du sommet.
LA suisse
Du réceptacle immense Où tout fleuve commence En sortant de ses flancs ,
La caverne qui gronde Vomit en torrents l’onde Qui roule en flocons blancs.
Mais cette scène a fui : la rive où l’herbe abonde Serpente et s’élargit sous l’onde vagabonde.
Voyez-vous près du bord ces chalets de sapin?
C’est là que Dieu bénit une mère pieuse;
Que l’hospitalité, de soi-même oublieuse,
A toujours pour l’offrir, de la crème et du pain.
Sous la main du travail, la terre se décore;
De même qu’une femme, elle a bien des appas Pour séduire les yeux, mais ne repousse pas Les ornements dont l’art peut l’embellir encore.
Ici l’on ne voit point l’homme de toutes parts Courber sous le soleil un front noir et livide,
Et pour borner son champ contre un voisin avide, Se creuser des fossés, se bâtir des remparts,
Au flux de la rapine opposer une digue...
Non!... Le Lindre en riant travaille sans fatigue;
Il sait qu’en son pays la nature prodigue A fait assez pour lui... Mais au bord du chemin Regardez cette croix: plus loin cette madone;
Sa chapelle, humble abri contre les vents d’autoinne; Cette source où l’on boit dans le creux de sa main ;