‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 24 sur 108 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Et mon œil ne voyait que les spectres funèbres Qui se dressent dans le lointain.

Et seul je me taisais dans ce monde en délire;

Je me taisais... j’avais mis en pièce une lyre Dont les faibles accords resteront dans l’oubli...

Et morne, je rêvais, rêvais à ma souffrance...

Je rêvais à la mort, la dernière espérance Que le cœur garde en son repli !...

Je rêvais, sans pleurer, des chutes de la veille.... Quand un bruit doux et pur de ruisseau me réveille; Et j’écoule filtrer sous l’herbe et la fraîcheur,

Le limpide courant d’une onde qui soupire..;. Soudain de mes pensers le rêve lourd expire;

Et j’avais retrouvé mon cœur !

Ainsi, le rocher nu, debout sur son rivage,

Où ne grimpa jamais que la ronce sauvage ;

Si , de loin , par hasard , il s’élève une voix Qui jusqu’à lui résonne, et vienne correspondre ,

Il se sent animer, s’empresse d’y répondre Et la prolonge dans les bois.

O toi ! qui la peignis, cette Ida si timide,

Toi qui peignis encor Marie à l’œil humide ,

Sa chevelure blonde... et son humble douceur.

Dis, n’as-lu pas voulu , dans ta double, peinture, Peindre ta piété, ton cœur, d’après nature,

O Vierge! ou n’es-tu que leur sœur?...

Heureux, heureux celui qui saura te comprendre ,

Et plonger clans ton âme, y répondre et te rendre Des sentiments pareils, et candeur pour candeur ! Ne rencontre jamais un amour éphémère...

Le tien sera constant... dans le sein de ta mère La constance a pétri ton cœur...

Pour moi, qui te comprends , je ne veux rien attendi De toi, de tes pensers, de ton cœur jeune et tendre, Ni du bonheur qu’un autre aura de t’obtenir;

Car je ne puis t’offrir mon aride carrière...

Non, rien, je ne yeux rien, le soir dans ta prière, Vierge pure!... qu’un souvenir

Sauve rt?.

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