LE COUVENT
Un jour doit venir, où, peut-être,
La jeune fille , hélas ! pleurera ses beaux jours, Où, voguant dans la vie, elle verra paraître L’inévitable écueil qui l’attriste toujours!...
Où la tempête déchaînée En passant soufflera sur cette faible fleur Qui, pâle sur sa tige, et la tête inclinée,
Se consumera de langueur !
Où du calice ouvert que fane l’infortune,
Ses feuilles tomberont mortes, une par une ;
Où l’ardeur du soleil tarira le ruisseau ;
Où la douleur mettra sur ce front sa nuit brune Comme un funèbre réseau...
Ecarte , ô mon Dieu ! cette image ,
De ma pensée écarte-la.
Le lis périrait dans l’orage ,
Sans le chêne à l’épais ombrage ,
Dont ta main le voila.
Et pesant les maux qu’elle donne,
Jamais ta divine bonté,
Faible et sans appui n’abandonne Le tendre arbuste au vent d’automne,
Au soleil brûlant de l’été.
Ah ! sur moi fais tomber épreuve sur épreuve :
A la bonne heure, moi, mon âme qui s’abreuve Au vase toujours plein des sanglantes douleurs, Peut résister encor sous le chagrin qui mine ;
Mon cœur sans la briser, bondit dans ma poitrine
LE COUVERT. Il f)
Mes yeux n’ont été faits que pour verser des pleurs , Et pour fuir dans la nuit l’éclat de la lumière...
* Et ce cercle plombé de leur orbite creux
A tous révèle assez qu’autour de ma paupière,
Le malheur appuya son cachet ténébreux.
Oui ! frappe-moi , mon Dieu ! mais grâce Pour l’innocence... Frappe encor,
Mais épargne , ô Dieu ! tant de grâce ; »
Fais que toujours des rêves d’or Daus ses nuits comblent son envie;
Oh ! fais que son âme ravie De ce monde et de notre vie Ne connaisse que le bonheur!
Maintenant sur sa couche en paix elle sommeille... Mais en bas, dans le temple, à la pâle lueur D’une lampe oscillante, il est quelqu’un qui veille... Quelqu’un qui veille et prie, ainsi que je le fais... Grave, et des ans portant pieusement le faix. L’abbesse du couvent, aussitôt que vient l’heure Où l’ange du repos, au dortoir qu’il effleure,
Fait tomber de son aile un rêve caressant,
A pas lents et sans bruit, dans le temple descend. Sur ses traits amaigris son voile noir s’abaisse.
Et déposant sa lampe auprès d’elle, labbesse,
Malgré le froid glacé de l’âge et des saisons , Commence chaque nuit de longues oraisons.
Et là, dans le silence, à genoux sur la pierre Des degrés de l’autel , usés par la prière ,
Elle demande à Dieu de bénir les* enfants
LR COUVENT.
Qui reposent là-haut, sous sa garde, et de faire Que des pièges du monde ils sortent triomphants! Et longtemps elle prie ; et , pour chanter matines Et saluer le jour de leurs voix argentines,
Quand les sœurs du couvent vont là se réunir. On entend de l’autel un murmure venir !...
Dors donc, oh! dors dans cette enceinte!
Dors sous la garde d’une sainte !
Jamais , quel que soit ton destin ,
Tu ne dormiras dans ce monde ,
Dans une paix aussi profonde Que tu ne fais à ton matin.
J’entends là-bas minuit qui sonne...
Oh! souviens-toi de ce saint lieu...
Dans l’air le dernier coup résonne...
Adieu , charmante enfant! adieu!
Je crains de fâcher mon concierge, C’est son heure... Adieu! jeune vierge; Pour la dernière fois, adieu!...
Sfouwnir fce
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F si soave coaa di poter parlait di roloro
che amianto !