‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 58 sur 108 · JEANNETTE LA MOISSONNEUSE · texte numérisé non relu

JEANNETTE LA MOISSONNEUSE

On rechercha, de toute part,

Pauvre Jeannette si gentille :

Mais on ne vit que sa faucille.

Son grand chapel , et sa croix d'or Qui sur son sein battit encor Durant la moisson... Une trace.

Que la grêle ou la pluie efface, Ternissait aussi le gazon.

C’était rouge...

Quand la saison Qui mûrit et dore les plaines,

Voit remuer dans les mains pleines La gerbe blonde, aux lourds épis, On dit qu’à minuit une femme Apparaît là, comme une flamme, Poussant de plaintifs et longs cris!..

Craignez, gentilles moissonneuses.

Craignez les dangers du sommeil ; Sous la gerbe, à l’épi vermeil,

Ne faites point les paresseuses !

Ce Mont *3-<!D0tl)arl>,

ET

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By many a deatbbed Ihavr hrto , And many a sinon*'» parting aeeo , Bal oerer aught like Ibis

W. Scott

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Le jour tombe, et la luue au ciel brille : il est tard... A cette heure êtes-vous seul au mont Saint-Gothard ? Et, tristement penché sur l’abîme qu’il creuse, Regardez-vous courir le torrent de la Reuse,

Qui tantôt contre un bord amoncelant ses flots,

Y mord quelque débris, qu’il mine et qu’il attire. Tantôt se précipite et retombe en lambeaux.

Comme un vêtement qu’on déchire !

Ici l’eau s’aplanit comme un miroir d’argent,

Et dans ces profondeurs, la vue en y plongeant, Croit un instant le fleuve arrêté vers sa source.

LK MONT s'-GOTHABD.

Mais bientôt plus fougueux, il repart : dans sa course Il s’élance, il se rue: en humides flocons,

Ses flots retentissants, qui se heurtent, jaillissent Comme une onde qui bout , ou comme les toisons D’un troupeau d’agneaux qui bondissent.

Maintenant de l’abîme élevez-vous aux cieux :

Et regardez là-haut ces rochers sourcilleux , Qu’enveloppe le soir dans son voile de gaze.

Quand un nuage monte, en effaçant la base,

Alors sur la vapeur la cime surnageant,

Paraît, à des hauteurs fantastiques et vagues.

Comme une île des airs, qu’un océan d’argent Caresse en jouant de ses vagues.

Et devant vous voyez ces flancs cicatrisés,

Où les foudres du ciel souvent se sont brisés;

Ce roc qui vous oppresse, et cette double année Qui se tient en présence, en granit transformée! Intrépides géants, qui le front en avant,

Et montrant les sillons, dont l’orage décore, Semblent se regarder en face, en se bravant,

Prêts à s’entre-heurter encore!

Mais voici que le roc sanguinolent et noir.

Autour de vous se courbe, effrayant entonnoir, Épouvantable cuve, où gronde un bruit de foudre, Où le flot brisé monte en tourbillons de poudre ,

Et le long des rochers rampe et se perd dans l’air : Un pont magique pend sur l’abîine effroyable;

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