‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 88 sur 108 · L AD1F.U · texte numérisé non relu

L AD1F.U

Aux souvenirs, aux songes radieux ,

A toi — -de tous le plus suave !

Dans tous les lieux que ta forme animait Je n’irai plus errant. Ta trace ,

Où si souvent la mienne s’imprimait ,

De mon triste sentier s’efface.

Prêt à voguer dans le monde au hasard , Pleurant, sans amère pensée,

J’exhalerai mes accents de départ,

D’un autre je te sais fiancée !

Va! ne crains rien, cet autre plus heureux N’a pas fait naître mon envie;

Tu n’es pour moi qu’un ange vaporeux Et qui n’a rien de cette vie !

Tous mes désirs, mes vœux et mon orgueil , C’est que tes jours soient de délices ,

Que ton époux fasse un ciel de ton seuil, Que tu l’aimes et le bénisses !

Oh ! sois pour lui comme un charme divin Qui partout dans ses rêves vole ,

Forme qui brille avec le frais matin ,

Flamme dans l’ombre, et qui console!

Mais quand son cœur se mire dans ton cœur, Quand rien n’y trouble son image,

Pense à moi comme à son frère, une sœur.

Et ne m'aime plus davantage!

Mon souvenir vole à toi si serein,

l’adieu.

Si chaste est ma pensée intime,

Que quand ton cœur est pressé sur le sien , Tu peux songer à moi sans crime.

Je n’irai plus, dans l’ombre m’isolant, Gémir ton nom avec mystère.

Ta vision ne doit plus , en frôlant ,

Troubler mon repos solitaire.

Mais alors que, le matin ou le soir,

A genoux, et dans la poussière,

Seul devant Dieu , j’invoque son pouvoir, Ton nom se mêle à ma prière.

fa Séparation.

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