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Aux souvenirs, aux songes radieux ,
A toi — -de tous le plus suave !
Dans tous les lieux que ta forme animait Je n’irai plus errant. Ta trace ,
Où si souvent la mienne s’imprimait ,
De mon triste sentier s’efface.
Prêt à voguer dans le monde au hasard , Pleurant, sans amère pensée,
J’exhalerai mes accents de départ,
D’un autre je te sais fiancée !
Va! ne crains rien, cet autre plus heureux N’a pas fait naître mon envie;
Tu n’es pour moi qu’un ange vaporeux Et qui n’a rien de cette vie !
Tous mes désirs, mes vœux et mon orgueil , C’est que tes jours soient de délices ,
Que ton époux fasse un ciel de ton seuil, Que tu l’aimes et le bénisses !
Oh ! sois pour lui comme un charme divin Qui partout dans ses rêves vole ,
Forme qui brille avec le frais matin ,
Flamme dans l’ombre, et qui console!
Mais quand son cœur se mire dans ton cœur, Quand rien n’y trouble son image,
Pense à moi comme à son frère, une sœur.
Et ne m'aime plus davantage!
Mon souvenir vole à toi si serein,
l’adieu.
Si chaste est ma pensée intime,
Que quand ton cœur est pressé sur le sien , Tu peux songer à moi sans crime.
Je n’irai plus, dans l’ombre m’isolant, Gémir ton nom avec mystère.
Ta vision ne doit plus , en frôlant ,
Troubler mon repos solitaire.
Mais alors que, le matin ou le soir,
A genoux, et dans la poussière,
Seul devant Dieu , j’invoque son pouvoir, Ton nom se mêle à ma prière.
fa Séparation.