‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 87 sur 108 · DE LA FOLLE-FIANCÉE · texte numérisé non relu

DE LA FOLLE-FIANCÉE

Du ruisseau lumineux accompagnant la vague,

Parut et descendit , nageant dans les clartés.

Elle franchit par bonds les sommets écartés,

Elle semble voler dans la vapeur limpide.

Elle vient, elle approche en sa course rapide,

Elle est sur le rocher... et d’en bas, l’étranger Sur sa tête aperçoit la fleur de l’oranger.

Du fond de sa retraite, où l’ombre le dérobe,

I) voit dans les frimas traîner sa longue robe.

Sur son front, à demi d’une gaze voilé.

Resplendit un saphir, à l’éclat étoilé...

De ses pieds nus le sang sur la neige ruisselle ,

Et dans son œil hagard quelque chose étincelle, Ardent comme le feu d’un dévorant flambeau !

Et ses traits amaigris , lamentable lambeau , Paraissent beaux encore. — Elle avance... s’incline Sur les fruits que contient la corbeille... « Éveline !

« C’est toi, mon Eveline! et voici ton amant! »

Comme elle a tressailli , la vierge ! En ce moment Elle parut briser les liens d’un long rêve,

Et fut heureuse... hélas! sa joie a passé brève. Comme la somnambule éveillée en sursaut ,

Se voyant sur l’abîme et planant de si haut,

La jeune fille eut peur et sentit le vertige!...

Elle chancela comme une fleur sur sa tige,

a5(> LE GLACIER DF. LA FOLLE-FIANCEE.

lit , perdant l’équilibre , elle tomba du moût , lit sa tête arriva brisée aux pieds d’Edmond!...

Depuis que cette scène au glacier s’est passée , On l’appelle glacier de la Folle-Fiancée.

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IMITATION DK L’ANGLA(*>

Oh ! ne l’espère pas : ne crains pas que je veuille Entre tee doigts fleuris tâcher la verte feuille Du bonton qoe lu tiens!

Verser mon snnffle froid sur tes destins rapides. Mon poison dans ton miel , et snr tes jours limpides I. 'amertume des miens 1

Dt S»iiu Bir«»

Dans bien des chants d’ivresse et de douleur Te chanta ma muse rêveuse.

Mais de mes ans s’épanouit la fleur,

Un abîme entre nous se creuse!

Oui ! sur mon front le temps pose sa main ,

Je me sens un homme, et plus sage Je dois bannir d’un cœur longtemps trop plein, Les rêves permis au jeune âge.

Or, maintenant, je fais de longs adieux Aux pensers dont je fus l’esclave,

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