‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 90 sur 108 · LA SÉPARATION · texte numérisé non relu

LA SÉPARATION

Ta fille apprendra-t-elle à prononcer : Mon père! Quand même elle devrait ignorer mes chagrins.

Quand sa petite main viendra presser la tienne , Quand tu baises l’enfant qui de nous deux est né, Pense à celui qui veut, jusqu’à ce qu’il l’obtienne, Demander le bonheur pour toi qui l’as donné.

Quand tu contempleras les traits de son visage,

S’ils te rappellent ceux que tu chéris un jour,

Ton cœur s’attendrissant à cette douce image,

Pour moi sentira naître un battement d’amour.

Si mes fautes pour toi ne sont point un mystère. L’excès de ma folie , on ne le connaît pas.

Dans quelque lieu que soit ta trace sur la terre, Mon espoir à toi vole et s’attache à tes pas.

Sur mon cœur écrasé tu planes et rayonnes.

L’orgueil qu’un monde entier ne pouvait incliner, S’incline devant toi. Lorsque tu m’abandonnes,

Je sens mon âme aussi prête à m’abandonner.

Maintenant c’est trop tard. Les paroles sont vaines, Ma voix leur donne encor plus de stérilité.

Mais souvent la pensée, en repoussant nos chaînes, Eclate et se fait jour, malgré la volonté.

Adieu donc ! désormais voici ma destinée :

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