‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 91 sur 108 · IMITATION DE L’ANGLAIS · texte numérisé non relu

IMITATION DE L’ANGLAIS

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Et tu cessas de vivre, aussi fraîche, aussi blonde Que rien de ce qui doit son origine au monde,

A cette terre son berceau!

Et ce front, et ces yeux rayonnants de lumière, Ces charmes, ce beau corps, sont rendus à la terre, Et la mort y grava son sceau !

Sur tes restes la foule indifférente passe!

Mais moi , sans frissonner je ne puis voir la pince Où tu dors, couchée au tombeau.

Qu'importe cependant la place où tu reposes, ferre silencieuse, où l’épine et les roses

l.A MORT.

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Peuvent grandir en liberté!

Eh! que me servirait d’écrire sur ta tombe,

Que tout ce qui des bras peut échapper et tombe, N’est que néant et vanité!

C’est assez de savoir qu’ici-bas rien ne dure ,

Que ce qu’on chérit meurt , et comme une pâture

Aux vers du sépulcre est jeté.

Tant que la vie en toi fit luire une étincelle,

Mon amour pour toi seule, ainsi que toi fidèle,

Brûla comme au premier transport.

Et maintenant changer est hors de ta puissance,

Car l’amour ne peut plus rompre, malgré l’absence,

Des liens rivés par la mort.

Rival, âge, mensonge, il n’a plus rien à craindre.

Et si j’ai des erreurs dont tu pourrais te plaindre,

Tu n’es plus là pour voir un tort.

Des jours que l’homme vit les meilleurs furent nôtres. , Tu ne sentiras pas l’inclémence des autres,

Sous ton funèbre vêtement.

Je reste seul. — La nuit de ce sommeil sans rêve ,

Que n’émeut point l’aurore ou le vent qui s’élève, Vaut mieux que mon isolement.

J’aime mieux la beauté qui dans sa fraîcheur tombe. Que celle qui se ride et traîne vers la tombe Un long et triste épuisement.

Vers la plus belle fleur notre main se dirige.

Quand elle est oubliée, et reste sur sa tige.

Elle passe et tombe en langueur.

La regarder flétrie, et mourant feuille à feuille,

Est pire que la voir, sous la main qui la cueille,

Périr dans toute sa fraîcheur.

Car l’homme qui jouit de chaque belle forme, Répugne à contempler celle qui se transforme,

Et de beauté devient laideur.

J’aurais souffert de voir une splendeur qui baisse ,

Et l’ombre de la nuit m’eût semblé plus épaisse, Après ce matin lumineux.

Ton jour jusqu’à la fin est resté sans nuage ;

Tu parus — sillonnant ton rapide passage De tout le brillant de tes feux.

Telle qu’au firmament, une étoile égarée,

En tombant de plus haut, sous la voûte azurée.

Jette un éclat plus radieux.

Heureux celui qui peut s’épancher et qui pleure !

Oh ! je voudrais pleurer : car, à ta dernière heure ,

Je n’étais pas à ton côté !

Je n’ai pas contemplé cette forme divine,

Dans un dernier baiser, sur ma chaude poitrine , Étreint ta mourante beauté !

Soutenu dans mes bras ta tête qui s’affaisse,

Montré jusqu’à la fin cet amour plein d’ivresse Dont nos cœurs ont tant palpité !

Pourtant tout ce que l’homme ici-bas peut atteindre , Toute étincelle encor de bonheur vient s’éteindre

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