V. Il
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De même que les fleurs, dans un riche parterre,
Le Créateur a mis les femmes sur la terre,
Pour consoler notre âme et réjouir nos yeux.
Mais on les voit, hélas! faire comme les roses,
Et livrer à tout vent , à peine encore écloses,
Leurs parfums les plus précieux.
L’éclat de leur fraîcheur dans les veilles s’envole,
Et chaque heure , la nuit , de leur beauté frivole Avec l’aurore vient enlever un débris.
Sous le poids du sommeil elles penchent leurs têtes,
a 64 A MADAME
Et n’apportent au jour, de la poudre des fêtes.
Que des cœurs usés et flétris.
Lorsque , dans un musée au pompeux étalage ,
Notre œil est fatigué de tout cet assemblage De coquettes beautés dont pullule l’essaim ,
Qu’on aime à rencontrer une chaste madone, Souriant à l’enfant qui de candeur rayonne,
Prêt à s’endormir sur son sein !
Et le regard s’arrête et longtemps se repose A contempler ces traits , et ces lèvres de rose , Échappés au pinceau du divin Raphaël.
Et, devant cette image où la douceur respire, Notre âme par degrés vers son auteur aspire ,
Et monte, avec le peintre, au ciel!
De même, en parcourant la galerie humaine,
Où l’œil incessamment fatigué se promène ,
Et passe sans plaisir de tableaux en tableaux, Quand on voit une femme, et si jeune et si belle , Qu’elle pourrait d’un mot faire incliner près d’elle De la multitude les flots;
Quand cette femme , au monde où la vanité brille , Préfère le bonheur du sain de la famille ,
Et cache ses trésors de grâce et de beauté ,
On s’arrête ravi... Ce tableau, cette femme,
Le dirai-je? c’est vous; c’est devant vous, madame, Qu’en extase on est arrêté.
LA DUCHESSE DE M l65
Soyez toujours ainsi, seule au sein de la foule;
Oh! regardez d’en haut , et que votre pied foule Les vanités du monde et la splendeur des cours! • Du ciel qui vous créa restez toujours le temple ,
Afin qu’à ses pensers celui qui vous contemple Laisse prendre un céleste cours!
31 la Jttèîâterrattrc
Chaque rocher de ton mage Me feit souvenir ou rêver
A >« UamiM.
Gronde et vient anr te* borda
( obdic on roorsier ardent qni frémit sous le mors,
De ta vague en écume, en brait , en étincelle
Briser le vaste effort
Chablis dk Mabicoubt.
Je vis assujettir ses flots aui mouvements des astres, et lier son destin à celui de la lune et du soleil
Cn ATSAU BBI a an. .
La plus pure des mers qui ceigne notre globe ,
Qui sur des sables d’or, de son humide robe Fasse traîner les bords frangés et gracieux ,
Qui des bois d’orangers aspirant l’ambroisie,
De l’Asie à l’Europe, et d’Europe à l’Asie,
Exhale par bouffée un air délicieux ,
Dont l’onde étincelante avec la nuit blanchisse,
Et, comme un grand miroir, dans le jour réfléchisse L’azur et la pourpre des cieux ;