LA DESCENTE DU BRENNER
6 septembre.
De toutes les voies ferrées qui traversent les Alpes et descendent sur Tltalie, il n'en est pas de préférable à celle du Brenner. Stendhal qui, au cours de ses Promenades dans Roine, se demande quelle est la meilleure manière d'aller de Paris en Italie, hésite entre le Siniplon, le Gothard, le Genis et même la route de Nice à Pise par Gènes, Il ne parle pas du Brenner et se décide pour le Simplon qui mène plus vite, dit-il, au bord du lac Ma-
jeur, vis-à-vis des îles Borromées. Mais aujourd'hui, la question ne se pose plus ainsi. Quand nous venons par le Simplon, le Genis ou le Golhard, nous sommes toujours trop pressés pour prendre encore les vieux chemins des diligences et, dans notre hâte fiévreuse, les express les plus rapides nous paraissent même trop lents. Que de fois, hrûlant les slations, ayant à peine le lemps de courir d'une portière à l'autre pour contempler les bords sauvages de la Doire Ripaire, le pittoresque val d'Ossola ou les sites grandioses du Tessin, je me suis promis de revenir et de refaire lentement, une à une, chacune des étapes de ces routes illustres et désertées! Les plaisirs trop brusques sont incomplets et l'on savoure mal la joie de retrouver la douceur italienne lorsque, au sortir d'un long et pénible tunnel, les yeux, à peine réhabitués à la lumière, reconnaissent