PROLOGUE
Ce livre fut écrit dans la solitude des champs, loin de la rumeur des foules. L’auteur s’est placé en présence de la vérité infinie, qui se manifeste doublement à nous : — à nos regards, lorsqu’ils sont attentifs aux merveilleux phénomènes du monde externe; A notre âme, lorsqu’elle se recueille en sa sincérité. — Il est de ceux qui croient que nulle vie n’est inutile, et que nul homme ne peut parfaitement remplacer un autre homme. Quelque infime que soit une créature, non seulement elle a le droit de mêler sa voix au vaste concert qui ne cesse de s’élever de cette terre obscure, mais exprimer franchement sa vie est pour elle un devoir. Dans les sociétés, le silence est plus funeste que le bruit. Les mortels aiment de savoir où ils marchent, comme ces voyageurs qui, en une contrée inconnue, cherchent à apercevoir les signes révélateurs du danger ou du salut. Quel est celui qui ne demande des avertissements qui l’engagent A persévérer en sa voie ou A s’en détourner? Pénétré de ces vérités, l’auteur se décide A publier les pages