CCCXXIII
Si la pensée est une, les pensées sont de divers ordres et concernent le monde abstrait, l’esprit liumain ou le monde des phénomènes extérieurs. On comprend vulgairement sous le nom de pensées les divinations de l’âme aussi bien que les simples observations. Tantôt on est génie intuitif, tantôt on procède par comparaison. Dans le premier cas, on est doué d’une grâce particulière qui fait reconnaitre de prime abord les lois éternelles. Dans le second, on remonte des détails à l’ensemble, faisant sortir l’abstraction de la contemplation des phénomènes. Sentiments, remarques, comparaisons, entrent comme autant d’éléments dans une pensée pure : elle est comme une flamme unissant chaleur, clarté, mouvement.
Dans une maison sans cheminée, on ne fait point de feu, sous peine d’y être asphyxié ; de même dans une âme qui n’a point
HKUKES DE PHILOSOPHIE
d’aspiration infinie, une passion ne peut s’allumer sans que l’esprit n’en périsse étouffé.
Une sorte d’endosmose spirituelle est nécessaire à la santé morale. Elle se produit par l’aspiration et par la réffexion.
En voyant l’agitation fiévreuse de certains esprits qui se sont enfermés dans une doctrine sévère, on songe à ces mouches mises sous cloche, et qui ne cessent de se heurter la tête au.x parois.