‹ Heures de philosophieChapitre 36 sur 102 · CCCXXXII · texte numérisé non relu

CCCXXXII

Le moraliste doit parfois se condamner au silence. Poussera-t-il la naïveté jusqu’à hausser la voix pour se faire entendre de gens qui se croient plus experts que lui? Qu’il laisse les esprits vains discourir péremptoirement en sa présence ! Vouloir les reprendre serait les exalter en leurs opinions fausses. Ne sait-il point d’ailleurs que leurs paroles légères passeront comme un frisson dans l’herbe? Qu’il se taise donc, par prudence autant que par pitié! qu’il attende l’heure de solitude et de liberté, où son génie puisse s’exercer sans entraves et imprimer ses marques au cœur même de l’humanité... Qu’il se rappelle cette parole de Diderot: Les pensées détachées sont autant de clous d’airain qui s’enfoncent dans l’àme, et qu’on n’en arrache pas.

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