‹ Heures de poésie (volume 2)Chapitre 39 sur 55 · FIDELITE · texte numérisé non relu

FIDELITE

21 MX. u r tt»

L'honneur est fail avec de la fidëlittf Et la honte avec le parjure.

ru WaUh.

Fidélité ! ... Ce mot, àmi, fut ta devise, Devise des aïeux, que tu Tas bien comprise !

Esclave du serment et ferme dans ta foi, Le vieil honneur français trouve refuge en toi*

—Que t'importe, après tout, qu'un jureur imbécile Trouve, pour son grand cœur, ta constance trop vile? Quête font leurs clameurs? Athlète généreux.

De toute ta hauteur n'es-tu pas plus grand qu'eux ? Nains félons au pied plat dont la bouche impudente Met, au plus juste prix, ses parjures en vente ; Arlequins déboutés qui portent sur leur front De vingt serments trahis le trop public affront ; Acteurs toujours siffles du drame populaire Proscrivant aujourd'hui ceux qu'ils servaient naguère , Et qui voudraient prêter serment à Lucifer, S'il allait, par progrès, donner charte à l'enfer.

Mais toi n'entends-tu pas la voix consolatrice D'un cœur que tu n'as point offert en sacrifice ? Ne te livres-tu pas au noble et doux espoir De n'avoir point en vain su remplir ton devoir? Poiu" moi qui suis si jeune et sans expérience.

J'ai murmuré tout bas mon serment à la France, Quel est-il ?— Nul n'a droit de me le demander, Et je viens près de toi, m'instruire à le garder.

Heureux, heureux celui dont la docile enfance^

Cultiva la vertu même avant la science,

Et dès ses jeunes ans ne reçut en son cœur

Que les sages leçons qui font germer l'honneur ;

Heureux encor celui qui peut, dans sa carrière.

S'attacher sans rougir aux pas de son vieux père,

Et contracte en naissant le devoir glorieux ,

De ne point déroger au sang de ses aïeux.

Les miens sont peu connus, mais leur noblesse obscure

Ignore aumoins l'éclat d'une illustre souillure ;

Ils n'ont point dépouillé la veuve et l'orphelin,

Et le pauvre jamais ne les priait en vain ;

De leurs complots fameux sans fatiguer l'histoire

A servir leur pays ils placèrent leur gloire,

Et, comme toi, fidèle à nos antiques lois.

Leur bouche, noble ami, n'a juré qu'une fois.

Aussi leur nom m'est cher, comme au fils du bocage

Est cher depuis vingt ans son modeste lignage :

Je me dis en voyant ce qu'ont fait nos aïeux

Qu'il est bon, qu'il est beau de faire aussi comme eux.

Et même en ses erreurs fût sa gloire âétrie ,

J'ai fait de tout moi-même hommage à ma patrie.

Oui, je me donne à toi tout entier {fors Vhonneur) France , car si jamais, ambitieux flatteur ^ ^

Réclamant, saq$ rougir , ma part d'ignominie J'allais, reptile impur, m'engraisser d'infamie ; Ou si , courbant un jour d'hypocrites genoux , J'allais; Deutz ou Judas, m'associer à vous.

Que Dieu brisant plutôt la trame de ma vie, • Remplace par l'oubli la gloire que j'envie, Du moins , intact et pur, pair ce bienfait nouveau

J'emporterais l'honneur au fond de mon tombeau,

En terminant sans bruit ma rapide existence ,

Je mourrais plein d'amour et surtout. . .d'espérance.

xn.

Ca moxX ^u ^ateat.

Page 1