‹ Heures de poésie (volume 2)Chapitre 4 sur 55 · LA STATUE DE LA NUIT · texte numérisé non relu

LA STATUE DE LA NUIT

I /homme tient tout entier dans les flancs du poète; Et sous quel saint amour ta tête s'inclina, Au bord de cette couche où reposait muette,

Belle comme ta Nuit, la pâle Golona !

Pures illusions! foi profonde, espérance,

N'aS'tu pas parcouru tout le dédale humain?

Maître! et ce grand sculpteur qu'on nomme la souffrance

T'a donné des leçons de sa terrible main !

Toi qui, par ce temps rude et propice au génie, Enviais le bonheur du beau marbre qui dort !

Le vieux monde expirait sur sa croix d'agonie; Tu vins l'ensevelir dans un suaire d'or 1

Page 1