ESPERANCE
O vous qui repoussez notre simple croyance,
Pîtîë, pidé sur vous! la divine Espérance
Jamais du haut des cieux ne vous tendra la maîii.
Et seul, vous maudirez les ennuis du chemin
- Jii8 —
€ar pour l'homme déchu la vie est un voyage.
Imprudent est celui qui place son courage En lui seul, mais aux cieux s'il cherche un ferme appui) Dieu lui donnant la foi, met l'espérance en lui. D'abord, compatissante aux désirs de l'enfance , Souriant à ses jeux, flattant son innocence , La loi de Dieu la laisse en des sentiers de fleurs Orner son front joyeux de leurs fraîches couleurs. A cet âge qu'a-t-on besoin de l'Espérance?
Tout est plaisir encor et tout est jouissance.. •• Viendra l'heure bientôt, où l'homme grandissant Marche sur itii terrain plus rude et plus glissant ; Souvent son faible cœur faillit dans la carrière, Irrité de l'obstacle il retourne en arrière, L'avenir s'ouvre à lui plus douteux et plus noir , En lui germe déjà Je sombre désespoir !
Oh! lorsqu'il a quitté la route vertueuse, •C'est alors qu'-à ses pîed^ un abime se creuse;
Vainement son regard sonde robscurité.
L'obscurité l'obsède I. . . errant, épouvanté, Il tâtonne : sa main ne trouve à sa portée Que lacets et poisons et lame ensanglantée!
L'air même se condense autour de lui, partout. Et l'écrase, et l'étouffé,. . . .et l'homme tout à coup Yoit debout près de lui comme un spectre livide Qui l'embrasse et lui dit : « je suis le Suicide ! »» Et le monstre l'étreint dans ses ongles de fer Et l'entraîne sanglant aux gouffres de l'enfer.
Mais celui qui combat avec persévérance, Gomme un guide léger, la fidèle Espérance Voltige à ses côtés ou fuit devant ses yeux, Puis revient, l'encourage et lui montre les cieux. Est-il devoir plus doux que celui d'espérance ?. . . Celui qui ^imposait à notre obéissance Etait bien Dieu sans doute, et nos faibles destins
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Se révélaie»t d'âyance à ses pensen divins.
Espérer c'esijodit ! . . l'homme en «on impuissance Que serait-41, si Dieu n'eût donné l'Espérance ? L'Espérance à nos yeux découvrant l'avaiir * Montre un bonheur sans fin qui ne doit plus finir; Du ciel» où nous tendons, divine messagère Elle rend sainte en nous la doulem: passagère ; C'est l'an^ qui sourit en allégeant nos maux. C'est la fleur d'avenir qui croît sur les tombeaux.
Un homme va mourir, mais sa longue soufirance N'a jamais dans son cœur affaibli l'espérance, Il peut gémir, n'importe ! Oh! ne le plaignez pas, C'est un chrétien !... portez, portez plutôt vos pas Vers ce lit de douleur où l'athée en délire Se tord et crispe encor sa bouche pour maudire ; Il n'a pour compagnon de sa longue douleur Que le ver immortel qui lui ronge le eœur.
Voilà, voilà celui qu'il faut veiller et plaindre,
Mais lectrétien mourant, quels maux peuvent l'atteindre?
Ne s'approche-t-il pas de l'instant solennel
Où son navire enfin touche au port étemel ?
n peut craindre, il est vrai, mais surtout il espère'
Et la croix qui reçoit son étreinte dernière
Redressant tout-^-coup son faite glorieux.
Gomme un fardeau sacré l'élève jusqu'aux cieux !
ÎJuk î>u cimetière.