‹ Heures de poésie (volume 2)Chapitre 51 sur 55 · CHARITE · texte numérisé non relu

CHARITE

O toi que le cœur nomme amour, grâce, boute, Le siècle, bienfaisance, et la foi, Charité, Surma harpeaujourd1iui,vertu simple et touchante Divine Charité ,^c'est ton nom que je chante ;

Charité, nom béni ! lien consolateur, Indissoluble nœud de l'homme au créateur.

Pour porter les secours cpie la douleur réclame , Souvent la Charité prend les traits d'une femme Grande etriche,et puissante,et eachant sa grandeur, Et pour Dieu, se faisant humble et pauvre de cœur. Que de fois la misère et souffireteuse et nue Bénit-elle les dons d'une main inconnue !

Que de fois le mourant,seul,aux pieds de son Dieu, D'im secret bienfaiteur eut un dernier adieu ! Discrète avec amour, afiable avec prudence, La Charité toujours se voile du silence ; Conspirateur sublime, aux témoins indiscrets Elle aime à dérober sa marche et ses secrets, De peur que pénétrant une fausse apparence.

L'œil du monde n'attriste une fière indigence» — Les hommes cependant ont vu la Charité

Déployer quelquefois sa douce majesté ;

Jadis Vincent de Paul qu'elle arma d'un saint zèle,

Par un même lien réunit autour d'elle

Les âmes qu'embrasait im tendre et chaste amour.

Et ces âmes de choix composèrent sa cour.

Les unes ne sachant d'où leur vient ce courage»

Yont faire de nos maux le dur apprentissage,

Et leur main délicate, en sondant nos douleurs,

Guérit les maux plus grands qui corrompent nos coeurs.

D'autres ont prodigué leurs caresses de mères

Aux enfants délaissés de femmes étrangères,

Et pour l'amour de Dieu, nourri de leur amour

Des fils à qui leur sein n'a point donné le jour ;

Et ce long dévoûment que l'incrédule admire,

La seule Charité l'alimente et l'inspire.

Laissons^la se pencher sur un frêle berceau^ Je la retrouve encor à côté du bourreau t

Un homme est là, hideux. . . sa pose délirante

Rappelle ces maudits que erajonnait le Dante.

Cet homme est un infftme, et la soeiété

Se Tenge aTOc éclat de son impiété.

Mais dans son noir cachot, que voit-il apparaître ?

Pour qui ces gonds d'airain roulent-ils?. .Pour un prêtre,

Qui, du IKeu des pécheurs ministre glorieux ,

Au larron repentant ouvre, en son nom, les cieux.

La Charité l'embrase et bientôt, par sa bouche,

Aura purifié ce criminel farouche;

Et ce nom qu'on inscrit parmi les assassins,

Un ange l'inscrira dans le livre des saints.

—Tient le bourreau, des lois ministre impitoyable,

L'homme qui doit mourir a frappé son semblable.

L'exemple est salutaire, est cruel à donner.

Mais Dieu plus grand que l'homme est là pour pardonner i

Le cri du repentir suffit à sa justice !

Pourtant le criminel marche calme au supplice j

Le prêtre qui reçut ses pleurs etsc* nveux, Ouvre ses brtSy son âme à ses derniers adieux , Seul il dirige encore, à son heure dernière, Gomme un encens vers Dieu son ardente prière ; Et du sicaire obscur, la honte et les tourments Vont se changer en gloire au séjour des vivants.

De ces traits éclatants,hommes,qu'il vous soiivienne Glorifiez enfin la charité chrétienne !

Oh ! amour, qui pourra sonder ta profondeur ? Quel autre, dites-nous, que Jésus43irist sauveur Apprit à l'imivers cette amour infinie Qui brave, pour autrui, jusqu'à l'ignominie ? C'est que Jésus mourant avait dit le premier Qu'un chrétien à l'amour se doit sacrifier.

Le premier il a dit au nom de Dieu son père, Qu'il était notre juge ensemble et notre frère ^

Et qu'aux frères soufifrans en prêtant notre appui Ce bienfait quel qu'il fût remontait jusqu'à lui.

JTa vxève î>e i ouvrier.

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