D TE
Poète, ainsi ce soir, parmi vos vers charmants,
Je me suis arrêtée et j'ai rêvé longtemps.
Or, ne m’en veuillez pas; c'est un geste de femme... Dans ce miroir si pur, j'ai contemplé mon âme, Mon âme aux grands désirs, et j'ai souri de voir Que mes rêves mettaient “l'ombre dans le miroir”...
S. Michel, Juillet 1925
Au Paysan
Je t'aime paysan à l’austère visage,
Toi dont les yeux sont pleins du calme paysage De ton généreux champ;
Toi dont la main remplit la blessure profonde
Que tu fais dans le sol, de semence féconde, En un travail puissant.
Dans les bois endormis ton bras dissipe l'ombre,
Ton geste de bücheur fait s'étendre sans nombre Des tapis de soleil,
Tu comprends les beautés et les voix de la terre
Et vous dormez tous deux quand s’éteint la lumière, Dans un même sommeil.
Dans les sillons ton blé fera germer l’hostie,
O puissant roi du monde tu sèmes la vie De tes rugueuses mains ;
Paysans, espoirs des nations inquiètes
Qui voient se découper les nobles silhouettes De vos profils lointains.
Vous chantez, Payse.…
Vous chantez, Payse, En vers délicats et harmonieux, Non, je ne sais rien de plus gracieux, Que vos chants, Payse.
Vos Muses, Payse, Savent dignement chanter le pays; Qui donc vous apprend des mots si jolis, Muses de Payse ?
... Et soyez bénie, Vous dont la main pare avec un art sur, D'un flot de dentelle et de fleurs d’azur, Notre poésie.
St-Michel, 1925
Page d’album
A ma soeur Jeanne.
Veux-tu vivre une vie agréable et féconde ?
Veux-tu voguer sans peur sur l’océan du monde ? Veux-tu le vrai bonheur, veux-tu goûter la paix ?.… Aux chercheurs d’idéal prodigue tes bienfaits,
Fais du bien aux humains, sois bonne et charitable, Aime... et tu trouveras le bonheur véritable...
Monastère des Ursulines, Québec, 1922.
De ES Si